Comment remplir votre panier pour « sauver » votre prostate

Comment remplir votre panier pour « sauver » votre prostate

Il n’existe pas de régime miracle capable de prévenir définitivement le cancer de la prostate. Mais les choix quotidiens à table peuvent influencer le risque de développer la maladie et, chez ceux qui ont déjà reçu un diagnostic, son évolution.

Il est de plus en plus évident que la prévention du cancer passe également par les choix que l’on fait au supermarché. Cela est vrai en général, et plus encore pour certaines tumeurs qui dépendent de la structure hormonale, elle-même influencée par le profil métabolique et lipidique. En termes plus simples, en poids et en tissu adipeux. Le cancer de la prostate en fait partie. Et même dans ce cas, les preuves les plus convaincantes convergent vers un modèle alimentaire précis, celui du régime méditerranéen, qui privilégie les aliments d’origine végétale et réduit la consommation de graisses animales et de produits transformés.

Première règle : éviter les excès de calories

« Le concept général le plus important à garder à l’esprit est le contrôle du poids – explique-t-il. Joseph ProcopePrésident de la Ficog (Fédération des Groupes Coopératifs Italiens d’Oncologie) et Directeur du Programme Prostate et Oncologie Médicale Génito-urinaire à l’Institut National du Cancer de Milan -. Le cancer de la prostate est celui dont l’incidence est la plus élevée dans la population masculine, et parmi les facteurs de risque reconnus, certains peuvent être modifiés par le mode de vie. Suivre un régime qui permet de maintenir un poids normal, en évitant un apport excessif de calories, est l’un des plus importants ».

Que limiter

La prévention passe donc d’abord par ce que l’on décide de laisser dans les rayons : limiter la consommation de viandes rouges et transformées, de graisses saturées, de sucres raffinés et de produits industriels. L’alcool fait également partie des facteurs à contrôler. Cependant, en garantissant en même temps un apport équitable en glucides complexes et en protéines, rappelle Procopio. « En principe – poursuit l’expert – l’accumulation de graisse pourrait d’une manière ou d’une autre avoir un impact sur le profil endocrinologique. Et comme le cancer de la prostate dépend de la testostérone, une répercussion biochimique sur la pathogenèse de la maladie est une hypothèse concrète ».

Surtout les légumes

Mais que devez-vous privilégier dans votre panier ? Certainement les légumes. Il existe des études observationnelles qui ont corrélé une consommation élevée de légumes avec un risque plus faible de récidive et d’aggravation du cancer de la prostate. Et des études récentes indiquent qu’une alimentation majoritairement végétale peut également contribuer à améliorer la qualité de vie des patients déjà diagnostiqués, avec de possibles effets bénéfiques sur la fonction urinaire et sexuelle. Il convient cependant de rappeler qu’il s’agit d’associations statistiques : démontrer une relation directe de cause à effet entre des aliments individuels et des tumeurs reste complexe, et qu’il n’existe pas de « superaliments anticancéreux », comme le souligne également la Fondation Airc pour la recherche sur le cancer. Cela dit, il est certainement bon d’intégrer dans son alimentation des légumes crucifères, comme le chou-fleur, qui ont été étudiés pour leurs effets « protecteurs » en général sur le risque de tumeurs. Certaines recherches indiquent également que les tomates sont consommées cuites, car la chaleur augmente la biodisponibilité du lycopène, un antioxydant associé à la réduction du risque de cancer de la prostate.

Parmi les boissons, le thé vert, dont on parle tant, a fait l’objet d’études sur la présence de catéchines, mais les preuves restent limitées et pour l’instant rien de certain ne peut être dit sur son éventuel effet protecteur.

Le modèle du régime méditerranéen

« Comme nous l’avons mentionné, le régime méditerranéen nous vient toujours en aide – conclut Procopio – un modèle qui aujourd’hui est de plus en plus étudié également de manière personnalisée, mais qui continue à représenter un solide point de référence ». Le message qui s’en dégage est clair mais loin d’être simpliste. Il n’existe pas d’aliment unique capable de protéger contre les maladies, ni de régime alimentaire capable de remplacer un traitement médical. Cependant, la qualité globale de l’alimentation représente un facteur modifiable sur lequel il est possible d’intervenir concrètement.