HPV, le vaccin protège aussi les enfants : risque de cancer réduit de 46% chez ceux qui ont été vaccinés

HPV, le vaccin protège aussi les enfants : risque de cancer réduit de 46% chez ceux qui ont été vaccinés

Une étude publiée dans JAMA Oncology montre que le vaccin nonavalent contre le VPH est associé à un risque plus faible de cancers liés au virus du papillome humain chez les hommes âgés de 9 à 26 ans.

Depuis des années, le vaccin contre le VPH est avant tout décrit comme un bouclier contre le cancer du col de l’utérus. Mais le virus du papillome humain ne touche pas uniquement les femmes et les tumeurs liées au VPH ne sont pas uniquement un problème féminin. Il existe également des cancers de l’anus, du pénis et surtout certains cancers de la tête et du cou, qui peuvent toucher les hommes et qui, ces dernières années, sont de plus en plus entrés dans le radar de la santé publique. Maintenant, une étude publiée sur JAMA Oncologie ajoute un élément important : un risque plus faible de tumeurs liées au virus est observé chez les adolescents et les jeunes adultes de sexe masculin vaccinés avec le vaccin nonavalent anti-VPH par rapport aux individus non vaccinés.

Le fait qui compte : un risque réduit chez les personnes vaccinées

L’étude a analysé les données d’une vaste base de données électronique sur la santé et a comparé des hommes âgés de 9 à 26 ans vaccinés avec au moins une dose de vaccin nonavalent contre le VPH avec des pairs non vaccinés. Après un équilibrage statistique raffiné entre les groupes, les chercheurs ont comparé plus de 510 000 vaccinés avec 510 000 non vaccinés. «Le résultat central – commente-t-il Nicolas La Verdedirecteur d’oncologie de l’hôpital Sacco de Milan, Asst Fatebenefratelli Sacco, et trésorier national de l’Aiom – est clair : le groupe vacciné a montré un risque significativement plus faible de développer les tumeurs prises en compte dans l’analyse, avec une réduction du risque relatif d’environ 46 pour cent ».

Quelles tumeurs ont été considérées

Les chercheurs ont inclus les cancers de la tête et du cou, du pénis, de la partie supérieure de l’œsophage et de la région anale dans un seul résultat composite. En pratique, cependant, le nombre d’événements observés était très faible et le signal apparu concernait principalement les tumeurs de la tête et du cou, ce qui coïncide effectivement avec le principal résultat analysé. Après appariement statistique, les cas observés étaient de 40 parmi les vaccinés contre 64 parmi les non vaccinés.

Parce que cette recherche pèse plus que les précédentes

Jusqu’à présent, la plupart des preuves sur l’efficacité du vaccin HPV contre le cancer concernaient les femmes, tandis que chez les hommes, les études se concentraient plus souvent sur les infections, les lésions précancéreuses ou les comparaisons indirectes. Dans ce cas, cependant, l’analyse examine une population énorme et compare directement les cohortes vaccinées et non vaccinées. C’est précisément cette taille, plus de 600 000 personnes vaccinées initialement identifiées aux États-Unis, qui rend l’étude particulièrement pertinente dans le débat sur la vaccination « non sexiste », c’est-à-dire systématiquement recommandée aussi bien aux filles qu’aux garçons.

Un message clair : vacciner tôt est utile, mais aussi plus tard

Autre élément intéressant, le bénéfice observé ne concerne pas uniquement ceux qui vaccinent très tôt. « Dans les analyses de sous-groupes – souligne La Verde – l’association favorable reste significative aussi bien chez les enfants entre 9 et 14 ans que chez les jeunes entre 15 et 26 ans. C’est un point important, car il suggère que la protection peut avoir un impact même au-delà du début de l’adolescence, même si la vaccination précoce reste la stratégie préférable pour intercepter le virus avant l’exposition ».

L’enjeu culturel : le papillome n’est pas « un enjeu féminin »

Le cœur politique et sanitaire du travail est ici. Les auteurs soulignent que de nombreux pays continuent de mettre en place des programmes de vaccination axés particulièrement sur les filles, malgré le fardeau des maladies liées au VPH qui touchent les deux sexes. Leur message est simple : limiter la vaccination aux femmes revient à manquer une opportunité de prévention. Pas seulement individuel, mais collectif. Étendre la couverture aux hommes peut réduire la charge mondiale de morbidité et renforcer l’effet sur la santé publique. Mais il y a plus. En Italie, il existe une population particulièrement importante à mieux atteindre en matière d’information et de prévention : celle des hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes. « Souvent, ces personnes ne prennent conscience de l’existence du vaccin qu’à l’âge adulte, parfois même vers 40 ans », explique l’oncologue qui ajoute : « Pour cette raison, il est essentiel de faire savoir que la possibilité de se faire vacciner existe également à un âge plus avancé, en particulier pour ceux qui appartiennent à des groupes plus à risque. Le problème, souligne-t-il, est que sur ce front, il y a encore peu de culture sanitaire et peu de sensibilisation ».

Le temps est long pour le cancer, le temps pour la prévention est encore plus long

Se pose alors une question décisive : les tumeurs liées au VPH apparaissent souvent plusieurs années après l’infection. Pour cette raison, expliquent les auteurs, des suivis beaucoup plus longs seront nécessaires, pouvant durer des décennies, pour mesurer pleinement l’impact de la vaccination sur le cancer chez les hommes adultes. Bref, l’étude ne clôt pas le débat : elle l’ouvre de manière plus solide. La vraie nouvelle n’est pas seulement que le vaccin fonctionne également chez les hommes. C’est juste qu’une vieille idée s’effondre enfin, selon laquelle le VPH est un problème presque exclusivement féminin. « Ce travail – conclut La Verde – suggère que la prévention des tumeurs liées au papillome doit être pensée comme une stratégie commune, qui concerne tout le monde. Et que vacciner les enfants n’est pas un geste accessoire, mais un choix de santé publique avec des bases scientifiques de plus en plus cohérentes.

La situation en Italie

Le virus du papillome est un agent pathogène qui ne fait pas de différence entre les sexes et qui se transmet lors de tous les rapports sexuels non protégés. Il ne faut pas le considérer uniquement comme un problème féminin car il provoque, chez l’homme comme chez la femme, 88 % des tumeurs de l’anus et 30 % de celles de l’oropharynx, de la cavité buccale et du larynx. En ce qui concerne les tumeurs féminines, elle est cependant à l’origine de 90 % de celles du col utérin et de 43 % et 70 % des carcinomes de la vulve et du vagin. Ce sont des tumeurs qui, si elles sont découvertes à temps, peuvent être guéries. En Italie, le papillomavirus provoque chaque année plus de 2 400 tumeurs chez les hommes et environ 3 000 décès.

« En Italie, le vaccin contre le VPH est disponible gratuitement depuis des années pour les hommes et les femmes âgés de 12 ans et plus, mais malheureusement la couverture reste faible », explique La Verde. Selon les dernières données, en effet, un peu plus de 70 % des filles des cohortes 2009-2003 sont vaccinées et encore moins de 20 % des garçons des cohortes 2004-2003 sont vaccinés. Quelle est la raison de cette mauvaise adhésion ? « Les parents sont peu conscients des risques oncologiques que peut entraîner l’infection par le VPH : davantage d’informations et de campagnes de sensibilisation sont nécessaires », répond l’oncologue. Ceci est également démontré par les données d’une enquête de l’Istituto Superiore di Sanità qui montre que dans notre pays sept parents sur dix estiment que cette forme de prévention n’est pas utile et que pour huit sur dix le VPH n’est pas une maladie grave.