Comment reconnaître les canulars alimentaires : un décalogue de l'ISS

Comment reconnaître les canulars alimentaires : un décalogue de l’ISS

Une enquête en ligne auprès de 4 000 personnes et les résultats : ce que les Italiens savent du gluten, des produits légers et des glucides

Un décalogue pour reconnaître les fausses nouvelles sur l’alimentation. Et les résultats d’une enquête en ligne, menée sur les réseaux sociaux de l’Istituto Superiore di Sanità, qui teste les connaissances des Italiens en matière d’alimentation. Les promouvoir, dans certains cas avec la note maximale mais aussi avec quelques réserves. Quoi qu’il en soit, il y a beaucoup d’intérêt pour les questions de nutrition et le désir de découvrir ou de savoir si ce que l’on croit est vrai et étayé par la science. Par exemple, ceux qui ont répondu à l’enquête savent que l’élimination des glucides de l’alimentation n’est pas un moyen efficace et sain de perdre du poids et n’associent pas automatiquement les produits légers ou sans sucre à la perte de poids.

Cependant, les connaissances sur le gluten sont plus complexes : seuls 67 % reconnaissent qu’il est nocif exclusivement pour les personnes souffrant de la maladie coeliaque, tandis qu’environ un tiers des personnes interrogées font preuve d’incertitude ou de mauvaises connaissances sur le sujet. Tels sont quelques-uns des résultats de l’enquête « Des canulars dans votre assiette : reconnaître les fausses nouvelles sur la nutrition », dont les résultats ont été présentés lors d’une conférence au siège de l’ISS à l’occasion de la Journée mondiale de la sécurité alimentaire.

«Nous vivons dans un contexte dans lequel l’information circule à une vitesse sans précédent – ​​souligne le président de l’ISS, Rocco Bellantone –. Dans le domaine de la nutrition, ce phénomène est particulièrement évident : les fausses nouvelles, les mythes nutritionnels et les promesses de régimes miracles peuvent générer de la confusion, influencer les choix alimentaires et compromettre le respect des recommandations fondées sur des preuves scientifiques.

L’enquête en détail

Les résultats montrent une bonne capacité à reconnaître certaines des fausses nouvelles les plus répandues dans le domaine de la nutrition, mais mettent également en évidence les domaines dans lesquels des doutes et des idées fausses persistent.

En détail : 93 % des participants ont correctement reconnu comme fausse l’affirmation selon laquelle éliminer les glucides de l’alimentation est un moyen efficace et sain de perdre du poids. 90% ont identifié comme fausse l’idée selon laquelle les produits légers ou sans sucre font automatiquement perdre du poids. 77% ont répondu correctement à la question relative à la consommation de fruits après les repas, reconnaissant qu’il n’existe aucune preuve scientifique déconseillant leur consommation. 74 % ont indiqué à juste titre que la cassonade est essentiellement équivalente au sucre blanc sur le plan nutritionnel.

La question du gluten était plus complexe : 67 % des participants ont reconnu que le gluten est nocif exclusivement pour les personnes souffrant de la maladie cœliaque, tandis qu’environ un tiers des personnes interrogées se sont montrées incertaines ou ont donné une réponse incorrecte. L’enquête a également collecté 1 281 réponses ouvertes, qui seront utiles pour enquêter sur les perceptions, les doutes et les besoins d’information des citoyens.

Pour aider les citoyens à s’orienter dans le paysage de l’information en ligne, le Département de sécurité alimentaire, nutrition et santé publique vétérinaire de l’ISS a créé un décalogue anti-canular. Voici les dix suggestions

Méfiez-vous des solutions simples à des problèmes complexes : si quelque chose promet des résultats rapides et universels (par exemple, « détox », « cure miracle », « perdre 5 kg en une semaine sans régime ni activité physique »), il est fort probable que cela ne soit pas étayé par des preuves solides.

Posez-vous la question : d’où viennent les informations ? La source, l’auteur et l’expertise comptent : dans les médias et sur les réseaux sociaux en particulier, n’importe qui peut diffuser un contenu sans qualification, de qualité très variable (par exemple quelqu’un faisant la promotion d’un régime ou d’un complément sans déclarer d’intérêt commercial).

Attention au langage émotionnel : let les fausses nouvelles fonctionnent parce qu’elles exploitent la peur, l’espoir ou l’indignation : les contenus émotionnels (par exemple « Cet aliment vous empoisonne tous les jours ! », « Découverte choquante que les nutritionnistes ne veulent pas que vous sachiez ») se propagent plus rapidement et sont davantage crus.

Ne confondez pas expérience personnelle et preuves scientifiques :les témoignages (« ça a marché pour moi », « j’ai éliminé le gluten et je me sens mieux ») ne valent pas preuve : la science repose sur des études contrôlées et reproductibles.

Attention aux informations partielles : beaucoup d’informations ne sont pas complètement fausses, mais incomplètes ou décontextualisées, ne présentant que les bénéfices (par exemple, « Ce complément renforce le système immunitaire » sans indiquer pour qui, dans quelles conditions ni avec quelles preuves). C’est aussi une mauvaise information.

Méfiez-vous du « consensus social » (likes, partages, followers) : popularité n’est pas synonyme de vérité : les mécanismes d’approbation ou de popularité sur les réseaux sociaux font que même les faux contenus semblent fiables (par exemple « une publication avec des milliers de likes qui fait la promotion d’un régime « miracle » sans fondement scientifique ; « une vidéo virale qui diffuse des informations incorrectes mais qui est partagée parce que « tout le monde en parle »).

Ne restez pas dans votre « bulle » à chercher la confirmation de ce que vous croyez : reconnaître vos biais cognitifs, c’est à dire la confirmation de ce que vous croyez. Nous avons tendance à croire ce qui confirme nos idées (biais de confirmation) : les fausses nouvelles exploitent justement ce mécanisme. Par exemple, si vous pensez que « le sucre est la cause principale de toutes les maladies », vous croirez plus facilement les messages qui le diabolisent, même sans fondement scientifique solide.

Vérifiez s’il existe un consensus scientifique : une seule étude ne suffit pas : des recommandations fiables découlent de l’évaluation globale des données probantes et non de résultats isolés. « Une étude montre que le café est mauvais pour la santé », une seule étude est citée, ignorant toutes les autres preuves (cherry picking)

Arrêtez-vous avant de partager : un simple « pause et vérification » réduit considérablement la propagation des fausses nouvelles : le partage impulsif est l’un des principaux moteurs de la désinformation. Par exemple, lorsque vous partagez un article au titre sensationnaliste sur les réseaux sociaux sans en lire l’intégralité ou que vous partagez un post simplement parce qu’il vous frappe ou confirme ce que vous pensez.

Former la pensée critique (prebunking) : iApprendre à reconnaître les techniques, souvent manipulatrices, utilisées dans la désinformation (par exemple les généralisations, le triage) aide à devenir plus résistant aux fausses nouvelles (et par exemple, « Découverte révolutionnaire dont les médecins ne veulent pas que vous sachiez » est un exemple d’utilisation d’un langage sensationnaliste pour attirer l’attention et susciter la méfiance.

« L’objectif – conclut-il Laura Rossidirecteur du Département Alimentation, Nutrition et Santé de l’ISS – est que ce décalogue peut devenir un outil utile pour les citoyens, les professionnels de la santé et les opérateurs de communication ».