Chagrin, femme à risque : qu'est-ce que le syndrome de Takotsubo et comment se manifeste-t-il

Chagrin, femme à risque : qu’est-ce que le syndrome de Takotsubo et comment se manifeste-t-il

L’image est typique du genre féminin. La thérapie cognitivo-comportementale en ligne peut aider à améliorer la gestion des émotions et le contrôle des symptômes. Même à distance

Augmente la fréquence cardiaque. Des catécholamines, comme l’adrénaline, sont libérées. La pression monte. Il modifie le profil des marqueurs inflammatoires qui renforcent leurs effets. Les réactions immunitaires changent. Derrière le syndrome du chagrin, typique d’un deuil intense, se cachent toutes ces réponses à un stress aigu. Ainsi, bien qu’avec un poids et un impact différents d’une personne à l’autre, chez ceux qui sont particulièrement vulnérables, peut-être en raison de l’âge ou de la présence de pathologies cardiovasculaires, le risque d’ischémie cardiaque augmente considérablement. Et c’est au cours de ces phases que peuvent apparaître les signes et problèmes typiques d’une crise cardiaque, comme des douleurs thoraciques et un essoufflement. Sauf que dans certains cas, en analysant les artères coronaires, on se rend compte que les vaisseaux qui transportent le sang jusqu’au cœur sont parfaitement exempts de caillots qui les bloquent. C’est la situation qui peut survenir en cas de syndrome du cœur brisé ou Takotsubo, une condition souvent déclenchée par un stress extrême, qui touche particulièrement les femmes. Mais avant et après un événement de ce type, l’anxiété et le stress règnent en maîtres. Et il faut y remédier, même s’il n’existe pas de lignes directrices pour le traitement du soutien psychologique. Ce qu’il faut faire? Une réponse vient d’une recherche suédoise publiée sur Journal de l’American Heart Associationqui montre comment la thérapie cognitivo-comportementale en ligne peut aider les patients à gérer plus efficacement leurs émotions.

Les femmes en danger

Le syndrome de Takotsubo a été identifié pour la première fois au Japon et son nom vient de la ressemblance entre le ventricule gauche du cœur et un piège à poulpe, « Takotsubo ». Dans environ neuf cas sur dix, elle touche les femmes ménopausées et est liée à un stress physique ou mental. Il s’agit en quelque sorte d’une « cardiomyopathie de stress » qui entraîne une déformation caractéristique du ventricule gauche du cœur. La manifestation clinique du syndrome ressemble pleinement à une crise cardiaque, avec ses signes classiques, à commencer par la forte douleur qui irradie de la poitrine vers la gorge et les épaules. Mais attention : quel que soit le diagnostic initial, chez les personnes souffrant de cette pathologie, la mortalité à long terme apparaît presque comparable à celle observée après un infarctus du myocarde, également parce que l’insuffisance cardiaque est l’une des principales complications associées. Pour cette raison, il est essentiel de garder à l’esprit que le risque ne se limite pas à l’épisode aigu initial : les patients doivent toujours être surveillés, y compris sur le plan psychologique.

L’action sur le psychisme

L’étude a été menée par des experts de l’Université d’Uppsala et du Karolinska Institutet (prénom Philippe Leissner). 88 personnes ont été impliquées (91% de femmes) présentant des symptômes typiques de crise cardiaque après l’apparition de la maladie : il s’agissait de patients souffrant du syndrome de Takotsubo ou d’un infarctus du myocarde sans sténose coronarienne évidente ou de MINOCA (Infarctus du myocarde avec artères coronaires non obstructives, une affection qui survient lorsque les patients ont une crise cardiaque sans signe d’obstruction majeure des artères coronaires). Les participants ont été divisés en deux groupes : une moitié formait le groupe témoin, tandis que l’autre moitié se voyait proposer une thérapie cognitivo-comportementale en ligne et deux courtes consultations téléphoniques avec un psychologue. La thérapie a duré sept à neuf semaines, adaptée aux besoins des patients. « Les symptômes de stress et d’anxiété ont diminué après le traitement – ​​commente Leissner dans une note -. Ce que nous avons surtout observé, c’est que les patients réagissaient moins négativement au stress, plutôt que de se sentir capables de gérer les situations stressantes de leur vie quotidienne ». En bref : grâce à cette approche du psychisme, on peut améliorer la maîtrise des émotions. En particulier, chez les 52 patients diagnostiqués avec le syndrome de Takotsubo, la thérapie cognitivo-comportementale s’est avérée bien plus efficace que l’approche standard.

Takotsubo, Minoca et au-delà

Le syndrome de Takotsubo représente probablement la manifestation la plus évidente du fil rouge qui relie le cœur et le psychisme. Techniquement, le tableau peut être reconnu grâce à divers tests, tels que des anomalies transitoires de la motilité ventriculaire gauche, des modifications caractéristiques de l’électrocardiogramme (ECG) et des mouvements contemporains des marqueurs de détresse cardiaque, tandis que les lésions significatives affectant les artères coronaires sont exclues. ECG et niveaux élevés de biomarqueurs cardiaques, tout en excluant une maladie coronarienne importante et d’autres conditions pouvant produire des symptômes similaires. Sur le plan du diagnostic, il faut toujours rappeler le poids des différences entre les sexes : tant le risque d’ischémie ou d’angine sans coronaropathie obstructive (Inoca-Anoca) que Minoca sont plus élevés chez les femmes. Ce sont trois conditions très spécifiques, qu’il faut connaître et explorer également parce qu’elles peuvent expliquer les symptômes d’une crise cardiaque sans lésions particulières des artères coronaires.

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