Cancer du rein métastatique, une molécule ralentit le mécanisme de croissance

Cancer du rein métastatique, une molécule ralentit le mécanisme de croissance

Une molécule expérimentale s’avère efficace chez les patients graves : elle bloque le processus qui permet aux cellules malades de contourner le manque d’oxygène et de continuer à se multiplier

Agir sur la capacité de la tumeur à s’adapter au manque d’oxygène. Et donc bloquer sa croissance. C’est la stratégie des chercheurs qui ont utilisé un médicament expérimental, le casdatifan, chez des patients atteints d’un cancer du rein avancé. Le médicament bloque la voie métabolique qui permet aux cellules tumorales du carcinome rénal à cellules claires de se développer et de proliférer en l’absence d’oxygène.

Dans l’étude publiée le Nature des chercheurs du Dana-Farber Cancer Institute de Boston ont démontré que sa consommation entraîne un bénéfice clinique évident : la durée pendant laquelle les patients vivent sans maladie s’allonge.

Une cible Nobel

La plupart des carcinomes rénaux à cellules claires accumulent la molécule HIF-2, qui favorise la croissance tumorale et les métastases. Cette molécule est au centre des découvertes qui ont valu le prix Nobel 2019 de physiologie ou médecine aux scientifiques William G. Kaelin Jr., Sir Peter J. Ratcliffe et Gregg L. Semenza. HIF-2 est un facteur de transcription fondamental qui permet aux cellules de détecter et de s’adapter aux changements des niveaux d’oxygène (hypoxie) : dans des conditions de carence en oxygène, HIF-2 est activé, pénètre dans le noyau cellulaire et active des gènes spécifiques responsables de la production de globules rouges (érythropoïèse) et de la formation de nouveaux vaisseaux sanguins, favorisant ainsi la croissance tumorale. Le casdatifan a été conçu spécifiquement pour bloquer l’action de HIF-2 d’une manière plus sélective et plus puissante que les autres médicaments déjà utilisés pour cette maladie.

Les résultats de l’étude

L’étude (ARC-20) a porté sur 127 patients qui n’avaient pas répondu aux traitements antérieurs et qui, une fois traités par le casdatifan, ont montré une survie sans progression de plus d’un an, bien que la moitié d’entre eux aient déjà montré une progression de la maladie après trois traitements ou plus avec d’autres traitements standards. Les données ont démontré que le casdatifan en monothérapie entraîne une suppression profonde et durable de l’érythropoïétine dans le sang, ce qui est corrélé à des taux de réponse plus élevés et à une survie sans progression plus longue.

Cancer du rein

Le carcinome à cellules claires est la tumeur rénale maligne la plus courante, représentant environ 70 à 80 % de tous les carcinomes rénaux. Il s’agit d’une pathologie urologique agressive dont l’incidence mondiale est croissante, avec une plus grande prévalence chez l’homme et à un âge avancé. Cela représente 3% des nouveaux diagnostics de cancer enregistrés chaque année en Italie.