Cancer de la prostate, une nouvelle stratégie pour réduire les biopsies inutiles

Cancer de la prostate, une nouvelle stratégie pour réduire les biopsies inutiles

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Une stratégie diagnostique plus précise et moins invasive du cancer de la prostate est possible. C’est ce qui ressort des résultats préliminaires de l’étude PROscreenMRI, promue par l’Institut Candiolo Irccs, par le Centre de référence d’épidémiologie et de prévention oncologique (Cpo) du Piémont, par l’Aou San Luigi Gonzaga en collaboration avec l’autorité sanitaire locale TO5, qui a démontré qu’en soumettant les personnes présentant des valeurs altérées de Psa (antigène spécifique de la prostate) à une IRM multiparamétrique, le nombre de biopsies d’évaluation peut être considérablement réduit, en réservant uniquement l’intervention. quand c’est vraiment nécessaire.

Le défi d’un dépistage efficace

En Italie, le cancer de la prostate représente la tumeur la plus fréquente parmi la population masculine, avec environ 41 000 nouveaux cas diagnostiqués chaque année. Malgré ces chiffres élevés, contrairement à ce qui se passe pour le cancer du sein ou le cancer colorectal, il n’existe pas encore dans notre pays un programme national de dépistage organisé et uniforme. L’absence d’un protocole standardisé a jusqu’à présent été causée par l’absence d’un test efficace pour intercepter les lésions tout en évitant un surdiagnostic. La recherche menée à Candiolo a été créée précisément pour combler cette lacune, pour trouver un équilibre entre la nécessité d’identifier précocement la maladie et le désir de ne pas soumettre les citoyens à des tests invasifs lorsqu’ils ne sont pas indispensables.

Au-delà du PSA, l’intelligence artificielle au service du diagnostic

Le processus traditionnel de dépistage du cancer de la prostate repose généralement sur la mesure du Psa, une protéine produite par la prostate dont les niveaux dans le sang peuvent signaler la présence d’une anomalie. Dans ces cas-là, des tests d’évaluation sont programmés. Une valeur élevée de cette protéine n’indique cependant pas nécessairement une tumeur maligne et les biopsies s’avèrent souvent superflues. Le nouveau protocole PROscreenMRI introduit à la place une phase intermédiaire : les hommes présentant des valeurs de Psa altérées sont référés à une imagerie par résonance magnétique multiparamétrique, une technique d’imagerie diagnostique avancée qui permet de visualiser la structure de l’organe de manière extrêmement détaillée sans utiliser de rayonnement ou d’aiguilles. Les données obtenues par IRM sont saisies dans des calculateurs de risque sophistiqués, c’est-à-dire des algorithmes mathématiques qui les analysent en les intégrant à divers autres paramètres cliniques du patient. Il s’agit en fait d’intelligence artificielle dont le but est d’aider les médecins à définir si une blessure est réellement dangereuse et nécessite une investigation plus approfondie et un traitement immédiat, ou si elle ne nécessite qu’une surveillance dans le temps.

Moins d’interventions inutiles, plus de protection pour les patients

L’essai a porté sur des hommes âgés de 55 à 65 ans et les premiers résultats sont très encourageants : parmi les 146 participants qui ont réalisé toute la procédure de diagnostic, 63 % ont pu éviter la biopsie et ont été orientés vers des contrôles périodiques (suivi). Dans le même temps, le système s’est révélé très précis dans l’identification des tumeurs présentant un intérêt clinique. En d’autres termes, la nouvelle méthode est non seulement efficace pour détecter la maladie, mais elle permet également de protéger le bien-être psychophysique des personnes soumises aux contrôles, en réduisant les interventions inutiles et en améliorant la durabilité de l’ensemble du système de santé.

Vers un modèle de dépistage partagé

Le succès de PROscreenMRI, financé par la Fondation piémontaise pour la recherche contre le cancer et le Ministère de la Santé, a déjà projeté la recherche sur un scénario international. L’Institut a en effet rejoint le consortium européen Praise-U+, un projet qui vise à définir des lignes directrices communes pour le dépistage du cancer de la prostate dans toute l’Europe.

« Cette étude représente une étape fondamentale vers la construction d’un programme organisé de dépistage du cancer de la prostate », a-t-il commenté. Vittoria Grammaticoresponsable de l’unité d’évaluation et d’organisation du dépistage ASL TO5. « Notre objectif est d’évaluer non seulement l’efficacité clinique du parcours, mais aussi son intégration dans les programmes de santé publique, garantissant l’égalité d’accès et la qualité de l’offre aux citoyens ».