Cancer de la prostate : regardez la « forme » de l’ADN pour comprendre à quel point il est agressif

Cancer de la prostate : regardez la « forme » de l’ADN pour comprendre à quel point il est agressif

La découverte grâce à une étude italienne financée par la Fondation Airc, qui revient dans la rue samedi 8 novembre avec la « Recherche Chocolats »

Distinguer dès le début, et de mieux en mieux, les patients dont le cancer de la prostate sera indolent ou à croissance lente (qui est majoritaire) de ceux qui auront besoin d’un traitement plus agressif car ils présentent un plus grand risque de récidive. Cet objectif représente encore aujourd’hui un défi, mais un nouvel indice vient de l’ADN. Ou plutôt comment cela est « conditionné » à l’intérieur des cellules tumorales.

(Aussi) une question de forme

C’est ce que révèle une étude italienne publiée dans Nature Communications et réalisée grâce au soutien de la Fondation Airc (Association italienne pour la recherche contre le cancer) : « Notre ADN mesure environ quelques mètres de long, mais il est contenu dans un diamètre de seulement 10 millionièmes de mètre : c’est comme si une corde de 200 kilomètres de long devait tenir dans un sac d’un mètre de large », explique-t-il à Salute. Francesco Ferraridirecteur du laboratoire de génomique computationnelle de l’Ifom, de l’Institut Airc d’oncologie moléculaire de Milan et chercheur au Cnr de Pavie. Pour que cela se produise, la substance qui la compose, la chromatine, se replie de manière très sophistiquée : une organisation tridimensionnelle dont dépend également l’expression des gènes.

« Ce que nous avons découvert, c’est que, dans les cellules cancéreuses de la prostate, l’ADN est conditionné différemment dans deux sous-types de tumeurs, attribuables à différents degrés de risque de récidive », poursuit Ferrari, coordinateur de l’étude avec Chiara Lanzuoloégalement chercheur au Cnr, directeur du laboratoire « Chromatine et architecture nucléaire » de l’Institut National de Génétique Moléculaire (INGM) et de l’hôpital Irccs Ca’ Granda Ospedale Maggiore Policlinico de Milan.

Une nouvelle signature moléculaire

Les scientifiques ont ensuite comparé les deux sous-types de tumeurs pour identifier une signature moléculaire capable de prédire l’évolution clinique des patients. La signature identifiée se compose de 18 gènes qui ont ensuite été recherchés et validés avec les données de 900 autres patients stockés dans des bases de données internationales. L’étude – possible grâce à une collaboration à long terme entre nos groupes de recherche et à une approche véritablement interdisciplinaire – pourrait donc avoir des conséquences très concrètes dans un avenir proche.

Le rôle du microenvironnement tumoral

« À ce jour, nous ne savons pas si la réorganisation tridimensionnelle de l’ADN à l’intérieur du noyau des cellules tumorales est une cause ou une conséquence d’une plus grande agressivité de la maladie – continue Ferrari – Mais, si nos résultats se confirment, ils pourraient représenter un nouveau marqueur épigénétique pour personnaliser les traitements à l’avenir. En outre, nous avons observé que ces changements se produisent en même temps que des modifications du stroma, c’est-à-dire le tissu conjonctif sain qui entoure la tumeur dans la prostate : une confirmation supplémentaire que la tumeur et le microenvironnement tumoral sont ‘ils parlent’ ». L’hypothèse, à confirmer, est que ce dialogue influence l’agressivité du cancer de la prostate.

Movember et la campagne « Synonymes & Contrôles »

L’étude, comme mentionné, fait partie des nombreuses études financées par la Fondation Airc, qui célèbre son 61e anniversaire jusqu’au 16 novembre avec les « Journées de la Recherche », et qui rejoint Movember, le mouvement mondial créé pour promouvoir une plus grande prise de conscience de l’importance des habitudes saines destinées aux hommes. C’est ce qu’elle fait avec la campagne numérique « Synonymes & Contrôles » : une invitation à parler de prévention de manière ironique, simple et authentique, pour transformer la prise de conscience en action, brisant le tabou qui entoure souvent la santé des hommes. En fait, rien qu’au cours de l’année dernière, environ 214 000 nouveaux cas de cancer chez les hommes ont été estimés en Italie, dont environ 40 000 étaient des cancers de la prostate.

Les « Chocolats de la Recherche » sont de retour

De plus, le samedi 8 novembre, la Fondation Airc reviendra sur les places et les écoles italiennes pour des « Chocolats de Recherche », rigoureusement noirs et signés Venchi : une opportunité d’apporter votre contribution aux études contre le cancer, avec un don minimum de 15 euros (pour tout le mois, les chocolats sont également disponibles en ligne sur Amazon). «Mes collègues et moi – conclut Ferrari – souhaitons remercier la Fondation Airc, sans le soutien de laquelle cette étude n’aurait pas été possible, qui représente un exemple concret de la façon dont la recherche italienne peut contribuer au progrès de la médecine de précision».