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Mardi 18 juin 2013 2 18 /06 /Juin /2013 11:43

Une analyse des recherches récentes confirme la forte présomption d'un impact des pesticides sur la hausse de certains cancers.

20130614 pesticideL'Inserm vient de rendre public un rapport relatif à l'impact sanitaire des pesticides, réalisé à la demande de la Direction générale de la santé.

Ce rapport s'appuie sur le travail d'un groupe d'experts en épidémiologie et de biologistes spécialistes de la toxicologie cellulaire, qui ont compilé les travaux publiés ces trente dernières années dans le domaine.

Parmi eux, un certain nombre a été soutenu par la Fondation ARC pour leurs travaux sur les liens entre cancers et environnement : le Dr Isabelle Baldi (université Bordeaux Segalen), pour ses recherches sur les tumeurscérébrales, Xavier Coumoul (université Paris-Descartes), spécialiste des dioxines, le Dr Pierre Lebailly (Centre François Baclesse de Caen), qui a mené un important travail de suivi des populations agricoles, et le Dr Luc Multigner (université de Rennes) pour ses travaux sur le cancer de la prostate en Guadeloupe.

L'étude s'est intéressée à huit localisations cancéreuses (lymphomesnon hodgkiniens, leucémies, myélomes multiples, maladie de Hodgkin, cancer de la prostate, cancer du testiculemélanomes malins et tumeurscérébrales), ainsi qu'à trois pathologies neurodégénératives, dont les maladies d’Alzheimer et de Parkinson, et aux troubles cognitifs.

Les experts ont également évalué l'impact d’une exposition aux pesticides sur la grossesse, le développement de l’enfant et l'apparition de certains cancers pédiatriques.

Pour les experts de l'Inserm, il existe une présomption forte d'un lien entre l'exposition aux pesticides et les lymphomes non hodgkiniens pour les populations professionnelles du secteur agricole, de même que pour les myélomes multiples.

Le lien avec les leucémies ne peut être écarté, mais les preuves sont moins concluantes selon les critères définis par les chercheurs.

Concernant le cancer de la prostate, le risque apparaît plus élevé chez les agriculteurs, les ouvriers d’usines de production de pesticides et les populations rurales (avec une hausse entre 7 et 28 % selon les situations), selon les résultats de plusieurs études citées par le rapport.

Pour certains pesticides, un excès de risque est observé uniquement chez les agriculteurs ayant des antécédents familiaux de cancer de la prostate.

Le risque de certains cancers de l'enfant (leucémies et tumeurs cérébrales) semble également plus élevé en cas d'exposition aux pesticides pendant la grossesse.

Enfin, le rapport pointe une présomption forte de lien entre pesticides et maladie de Parkinson.

Au-delà de l'analyse des travaux existants, le rapport de l'Inserm dresse plusieurs recommandations. Parmi elles, il convient d'améliorer le recueil de données sur l'utilisation des pesticides, l'exposition des populations agricoles tout au long de la vie, et les sources d'exposition de la population générale.

Les travaux devront également se porter sur les mécanismes biologiques expliquant le lien entre exposition et pathologies afin de confirmer ces observations.

Enfin, « le groupe d’experts recommande de favoriser, à travers les cohortes mère-enfant avec inclusion pendant la grossesse et suivi longitudinal du développement de l’enfant, l’évaluation des effets des pesticides, qu’il s’agisse de substances actives autorisées ou de substances interdites mais persistantes, en particulier sur le neurodéveloppement, le métabolisme, le système reproducteur, ainsi que des études spécifiques sur les cancers de l’enfant.

Le groupe d’experts recommande une vigilance toute particulière, tant en milieu professionnel qu’en population générale, sur l’exposition aux pesticides pendant la grossesse et une sensibilisation des médecins sur les conséquences possibles d’une exposition aux pesticides pendant la grossesse en vue d’informer. »

 

Les pesticides en France

D'après le recensement effectué par le rapport, 309 molécules phytopharmaceutiques (herbicides, insecticides, fongicides, etc.) sont autorisées en 2012.

Elles représentent chaque année un peu moins de 80 000 tonnes, utilisées principalement pour quatre cultures (céréales à paille, maïs, colza et vigne).

L'exposition aux pesticides concerne ainsi en premier lieu les agriculteurs, les personnes impliquées dans la fabrication et le transport, mais aussi la population générale via « le contact de surfaces contaminées ou la consommation des eaux et denrées alimentaires ».

 

G.F.
Source : Pesticides - Effets sur la santé, Inserm, juin 2013.

 Crédit Photo : IStockPhoto

Dernière mise à jour : 14-06-2013

Article provenant du Site de l'Arc

Par Association-Essentielles - Publié dans : SUBSTANCES CANCÉRIGENES ET RISQUES SANITAIRES
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Lundi 17 juin 2013 1 17 /06 /Juin /2013 07:25

 

Une conférence ouverte au grand public sur l’homéopathie comme soin de support en cancérologie se tiendra

le jeudi 27 juin à 16h00 au Centre Léon Bérard

  (28, rue Laennec, dans le 8e arrondissement - métro Grange Blanche).

Elle sera assurée par le Dr BESNARD CHARVET, gynécologue.

Cette conférence aura lieu en salles multimédias, 2e étage.

Elle est organisée par l’Espace de rencontres et d’information (ERI) du Centre Léon Bérard.

Renseignements à l’ERI du CLB: Tél. : 04 78 78 28 64 et email : dominique.cordier@lyon.unicancer.fr

 

 

Dominique CORDIER

Accompagnatrice en Santé

Espace Rencontres et Information ERI

 

Centre Léon Bérard

28 rue Laennec

69373 LYON CEDEX 08

 

Tel : 04 78 78 28 64

Courriel : dominique.cordier@lyon.unicancer.fr

 

 

Par Association-Essentielles - Publié dans : Programmes ERI 2013
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Vendredi 14 juin 2013 5 14 /06 /Juin /2013 10:42
Un tiers des personnes à risque de développer un cancer héréditaire pratique des tests génétiques. Souvent, elles ignorent qu'un proche est porteur d'une mutation. Un décret devrait autoriser le médecin à lever le secret.
 THÈME


Angelina Jolie a choisi de dire. Dire qu’elle est porteuse d’une mutation BRCA1 et dire qu’elle avait subi une mastectomie. Pour certaines femmes, cette vérité n’est pas toujours facile à dire. Pourtant, la cacher à sa sœur ou à sa fille peut avoir de lourdes conséquences. En effet, ces mutations prédisposent à une forme de cancer du sein héréditaire. 
Leur cacher la vérité les empêche donc de pratiquer des tests génétiques leur permettant de savoir si elles aussi sont BRCA1 ou 2. Et donc éventuellement de se protéger de ce risque. Une brouille familiale, ou encore une mère trop protectrice qui craint d’inquiéter sa fille et le secret reste bien gardé. Une seule personne a en effet le droit de lever le voile : c’est le 1er membre de la famille à avoir été dépisté.

Ecoutez le Pr Pascal Pujol, oncongénéticien au CHU de Montpellier : « Les médecins n’ont pas le droit de prévenir l'entourage. Et si le médecin sait que la personne ne préviendra pas son entourage, c'est comme une non-assistance à personne en danger.»

 


Un décret donnant à la possibilité au médecin de révéler l’existence de cette mutation devrait être publié tout prochainement. Ce texte permettrait donc de lever le secret médical quand le 1er patient ne souhaite pas informer lui-même ses proches. Certains oncogénéticiens espèrent que cette mesure favorisera la pratique des tests génétiques.

Et ce coup de pouce ne sera pas du luxe. Une étude française, présentée le 9 juin au congrès de la société européenne de génétique humaine, révèle que des familles à risques de développer des cancers ne pratiquent les tests génétiques qu’ils devraient. Les données issues de l’Institut national du cancer montrent que le nombre de tests génétiques pour identifier les mutations BRCA1 et BRCA2 a été multiplié par 3,5 entre 2003 et 2011 mais « c’est loin d’être optimal », estime le Pr Pascal Pujol, oncogénéticien au CHU de Montpellier.


Cancer du côlon héréditaire : beaucoup trop peu de tests

La situation est encore bien moins bonne concernant les mutations MMR impliquées dans le syndrome de Lynch. Les personnes qui en sont porteuses présentent un risque élevé de développer un cancer colorectal ou un cancer de l’endomètre. Or, pendant la même période – entre 2003 et 2011 -, le nombre de tests n’est lui passé que de 1144 à 1635. Pour le Pr Pujol, « la participation au dépistage de la mutation MMR – qui est responsable de 5% des cancers colorectaux – est franchement décevante ».


En fait, dans une famille porteuse d’une de ses deux mutations, seulement un tiers des membres de cette famille subissent les tests génétiques. « Il est extrêmement inquiétant de constater qu'un tel test simple, qui a le potentiel d'épargner des familles entières d'une maladie dévastatrice, soit si sous-utilisés », regrette l’auteur de cette étude. Se savoir porteur de telle mutation permet en effet de prévenir le risque de cancer. Une femme de plus de 40 ans porteuse d’une mutation BRCA et qui choisit de subir une ablation des ovaires fait chuter de 20% son taux de mortalité par cancer.


5 femmes sur 6 porteuses d'une mutation BRCA1/2 l'ignorent

Cette sous-utilisation des tests génétiques est donc une perte de chance. Aujourd’hui en France seulement 15 % des femmes porteuses d’une mutation BRCA1/BRCA2 le savent. Pour le syndrome de Lynch c’est encore plus faible, c’est 5 %, alors que ces mutations sont trois fois plus fréquentes que pour le cancer du sein. Pour Pascal Pujol, ongénéticien au CHU de Montpellier qui a présenté cette étude dimanche au congrès de la société européenne de génétique humaine qui se tenait à Paris, les médecins ont une part de responsabilité.


Ecoutez le Pr Pascal Pujol : « Contrairement au gynécologue, le gastroentérologue n'a pas le réflexe d'adresser son patient qui a une histoire familiale forte dans le cancer, vers un service d'oncogénétique.»



Le Pr Pujol estime donc que « nous devons de toute urgence lancer un programme majeur de sensibilisation de tous les acteurs concernés, via la formation médicale, des programmes d'information pour les patients et leurs familles, des campagnes de santé publique et l'amélioration du conseil génétique ».

 

VIDEO : GÉNÉTIQUE ET CANCER ( Le Pr PUJOL)

 

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Par Association-Essentielles - Publié dans : CANCER ET GÉNÉTIQUE - Communauté : parler du cancer du sein
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