Cancer de la prostate, encore trop peu de droits et de protections après une opération chirurgicale

Cancer de la prostate, encore trop peu de droits et de protections après une opération chirurgicale

On parle trop peu de la fertilité, des maladies sexuellement transmissibles, de la santé sexuelle, de l’impuissance et de l’incontinence : des solutions thérapeutiques existent mais ne sont pas encore à l’étude.

Movember, la campagne mondiale de sensibilisation et de collecte de fonds qui a lieu chaque année en novembre pour sensibiliser à la santé des hommes vient de se terminer. On a beaucoup parlé – bien entendu – de prévention et de traitement, mais un peu moins de ce qui se passe réellement. Après le processus de diagnostic et de traitement, par exemple, des hommes souffrant d’un cancer de la prostate. Pour tous ceux qui subissent une prostatectomie, survivre au cancer n’est en fait que le début d’un nouveau défi contre les déficiences fonctionnelles qui restent largement ignorées par le système public. Et c’est précisément pour cette raison que les urologues et andrologues tirent aujourd’hui la sonnette d’alarme sur la nécessité de garantir les droits et les thérapies de réadaptation qui existent actuellement et sont efficaces mais qui, paradoxalement, ne sont pas encore incluses dans les Niveaux Essentiels d’Assistance (Lea).

Un déficit de soins après la prévention

La position des cliniciens est très claire. Bien que les projecteurs soient tournés vers les tumeurs, des aspects cruciaux tels que la santé sexuelle et les conséquences fonctionnelles de la chirurgie restent dans l’ombre. Expliquez par exemple Aldo Franco De Roseprésident de l’Association italienne des andrologues (Assai), les patients qui développent une impuissance grave ou une incontinence post-chirurgicale restent souvent des « illustres inconnus » pour le système national de santé, « précisément parce que le NHS, même dans la dernière mise à jour, n’a pas prévu l’insertion de prothèses implantables dans les LEA, c’est-à-dire des prothèses péniennes en cas d’impuissance sexuelle grave et des sphincters urinaires artificiels pour incontinence urinaire sévère ». Des sujets qu’il conviendrait d’aborder le plus tôt possible, surtout dans une période spécifiquement dédiée à la santé des hommes, également parce que ces maladies, en raison du nombre qu’elles entraînent, sont devenues un problème social important.

Les chiffres de la maladie et les limites des thérapies pharmacologiques

L’ampleur du problème est mise en évidence par les données d’Agenas pour 2024, qui enregistrent plus de 40 000 nouveaux diagnostics de cancer de la prostate et plus de 21 000 opérations d’ablation de tumeurs. Ces opérations peuvent entraîner des complications invalidantes : bien que la dysfonction érectile soit traitée essentiellement par des médicaments, dans 20 à 30 % des cas la réponse aux thérapies orales ou injectables est insuffisante. Et chez ces patients, l’implantation d’une prothèse pénienne représente la seule solution permettant de restaurer une activité sexuelle satisfaisante.

L’implantation de prothèses péniennes, en particulier si elles sont de type hydraulique à trois composants, garantit une érection similaire à l’érection naturelle, en préservant la sensibilité normale de l’organe ; la prothèse, implantée sous la peau, n’est pas non plus visible de l’extérieur, aspect fondamental pour l’acceptation et la réassurance du patient. Dans le même temps, l’incontinence urinaire peut persister après un certain temps chez 5 à 10 % des patients opérés, compromettant sérieusement la qualité de vie quotidienne : dans ce cas, la solution thérapeutique est représentée par l’implantation de sphincters urinaires artificiels (Sua) qui permettent de récupérer l’autonomie perdue et réduisent presque complètement le besoin de couches (à ce jour la solution la plus répandue) avec des économies significatives pour le Service National de Santé.

Pas un caprice, mais une nécessité

« Les prothèses péniennes pour l’impuissance sexuelle et les sphincters artificiels pour l’incontinence urinaire sévère », conclut De Rose, « ne sont pas une bizarrerie. Elles représentent une nécessité qui aide les gens à vivre une vie sexuelle normale et une vie relationnelle digne ». Enfin, il convient de souligner la question de la différence entre les sexes : les femmes, après avoir subi une mastectomie pour un cancer, sont mieux protégées que les hommes, avec un large droit d’accès aux unités mammaires spécialisées pour la reconstruction des seins retirés.