Après un cancer de l’endomètre, activez votre corps avec une activité physique
Un examen des études montre que, comparativement aux patientes atteintes d’un cancer du sein, les femmes atteintes d’un cancer du sein ont tendance à bouger beaucoup moins, ce qui augmente le risque de maladie cardiovasculaire.
L’une des bonnes résolutions typiques du début d’année est de s’entraîner à la salle de sport ou à la piscine, souvent accompagnée d’un sentiment de culpabilité pendant les vacances. Mais faire une activité physique n’est pas toujours facile et ce n’est pas qu’une question de motivation. Chez les personnes atteintes de maladies oncologiques, les difficultés de déplacement peuvent donc dépendre de nombreux facteurs. Souvent, par exemple, on est amené à penser qu’une fois les traitements terminés, la tâche principale du patient est de se reposer. Mais les études scientifiques suggèrent aujourd’hui le contraire. En fait, activer le corps semble être la clé non seulement pour se sentir mieux immédiatement, mais aussi pour prévenir d’autres problèmes, comme les problèmes cardiovasculaires, et pour améliorer la qualité de vie. Ceci est bien démontré par une revue systématique des études existantes menées au Royaume-Uni par l’Université de Leeds, qui a examiné l’efficacité et la faisabilité des interventions d’activité physique destinées aux femmes qui ont vaincu le cancer de l’endomètre, récemment publiée dans Journal de survie au cancer.
Cancer de l’endomètre et maladies cardiovasculaires
Le cancer de l’endomètre est la forme de cancer gynécologique la plus courante dans les pays développés et les cas sont en constante augmentation, avec une incidence qui devrait augmenter de plus de 60 % d’ici 2050, entraînant plus de 676 000 nouveaux diagnostics chaque année. Grâce aux progrès, de plus en plus de femmes parviennent à vaincre la maladie, mais la fin du traitement ne coïncide pas avec la fin des problèmes de santé. Pour ces patients, en effet, les taux de mortalité peuvent être jusqu’à 16 fois plus élevés que ceux observés chez les femmes du même âge dans la population générale, et l’un des plus grands risques à long terme est le développement de maladies cardiovasculaires.
Mais peu de patients parviennent à faire du sport
Ce problème peut être lié à la plus grande difficulté à se remettre sur les rails par rapport aux autres types de cancer. Des études comparatives ont en effet révélé une nette différence entre les patientes atteintes d’un cancer de l’endomètre et celles atteintes d’un cancer du sein. Il a notamment été observé que les premières enregistraient en moyenne seulement 1 309 pas par jour, contre 7 409 pas quotidiens pour les femmes atteintes d’un cancer du sein. Les données indiquent que la grande majorité de ces patients (91 %) n’atteignent pas l’objectif indiqué dans les lignes directrices spécifiques, qui recommandent au moins 150 minutes d’activité aérobie modérée et 20 minutes d’entraînement en résistance par semaine. Les raisons de cette fatigue sont réelles et concrètes : fatigue chronique post-traitement, douleurs résiduelles ou causées par des lésions nerveuses, lymphœdème au niveau des jambes ou encore dysfonctionnement urinaire. À cela s’ajoute la peur du jugement des autres dans les contextes sportifs (souvent liée au surpoids) et le manque d’orientations claires indiquant quoi faire. Pourtant, bouger signifie réduire le risque de problèmes cardiaques de 20 à 30 %, améliorer considérablement l’humeur et aider le corps à rester fort dans le temps, réduisant également le risque de rechute.
Pourquoi l’exercice combat les tumeurs
Comme? Les mécanismes sont différents, certains connus, d’autres moins. Une nouvelle étude menée sur des souris et récemment publiée sur Pnaspar exemple, suggère que l’activité aérobie contrecarre le développement des tumeurs en les privant de nutriments. Pendant l’exercice, les cellules musculaires rivalisaient avec succès pour l’absorption du glucose, volant ainsi le sucre des cellules cancéreuses. Le changement métabolique, induit par le passage d’un mode de vie sédentaire à un mouvement volontaire quotidien, semble ralentir considérablement la prolifération des masses tumorales, influençant l’activité de centaines de gènes impliqués dans la croissance cellulaire. Les auteurs, dirigés par Rachel Perry de l’Université de Yale (États-Unis), estiment que ces mécanismes et leurs bénéfices associés s’étendent également aux êtres humains. De plus, les données indiquent que chaque petit pas compte également en termes d’auto-efficacité. Autrement dit, vous n’avez pas besoin de courir un marathon pour retrouver confiance en votre corps et votre capacité à gérer votre santé.
Le sport, du simple conseil à la véritable thérapie
Ce n’est pas un hasard si la médecine ne considère plus l’exercice physique comme un simple mode de vie sain, mais comme une ressource thérapeutique à combiner avec les traitements traditionnels pour améliorer la survie. Plus encore, elle doit être considérée comme une « thérapie de précision ». Selon les chercheurs qui ont mené l’étude, en effet, une approche universelle n’est pas la meilleure solution : les exercices doivent être adaptés au poids de la patiente, à son état de santé mentale et à ses limitations physiques initiales. Les bénéfices sont donc d’autant plus importants que les femmes sont davantage impliquées dans la création des programmes de formation, pour répondre véritablement à leurs besoins.
