Journée mondiale de la santé, nous vivons plus longtemps mais le problème, ce sont les soins coûteux

Journée mondiale de la santé, nous vivons plus longtemps mais le problème, ce sont les soins coûteux

Aujourd’hui, nous vivons plus longtemps que par le passé, même après un cancer. Parmi les nouvelles urgences, les tensions climatiques et géopolitiques. L’appel de l’OMS : « Nous sommes du côté de la science »

La santé s’améliore grâce aux progrès scientifiques, qui se traduisent par l’invention de l’anesthésie, des vaccins, mais aussi l’introduction de la pénicilline, des appareils de diagnostic comme l’imagerie par résonance magnétique, jusqu’à la cartographie du génome. Mais cela devient aussi de plus en plus cher : payer au moins 80 euros pour une visite est désormais une évidence et le manque de milliers de médecins et d’infirmières s’est transformé en une urgence, ce qui se traduit en chiffres par une pénurie de 65 000 à 70 000 infirmières et de plus de 20 000 à 25 000 médecins.

A l’occasion de la Journée mondiale de la santé, des lumières et des ombres apparaissent et l’OMS (Organisation mondiale de la santé) lance l’appel « à renouveler notre engagement à collaborer et à soutenir la science, considérée comme les deux moteurs d’une meilleure santé ».

Du côté de la science

Là est la question : soutenir la science pour nous guérir et faire de la recherche. L’OMS insiste sur cet aspect. Le message qu’il diffuse est « Ensemble pour la santé ». Soutenons la science», prend la forme d’une campagne pour célébrer l’anniversaire de sa fondation, qui a eu lieu le 7 avril 1948, qui marque le début d’une année d’initiatives en faveur de la santé publique. La considération sous-jacente, rappelle l’OMS, est que la santé humaine « a subi une profonde transformation au cours du siècle dernier, en grande partie grâce aux progrès scientifiques et à la collaboration internationale ».

« Le taux mondial de mortalité maternelle – rappelle l’OMS – a diminué de plus de 40% depuis 2000 et les décès chez les enfants de moins de cinq ans ont été réduits de plus de 50%. Les progrès technologiques, les connaissances et les compétences scientifiques, ainsi que la collaboration entre différentes disciplines, secteurs et pays, continuent de transformer des problèmes de santé autrefois mortels, comme l’hypertension, les diagnostics de cancer ou l’infection par le VIH, en problèmes gérables, améliorant et prolongeant la vie dans le monde entier ».

Menaces pour la santé

Toutefois, certains points critiques demeurent. « Ils continuent d’augmenter, alimentés par les impacts climatiques, la dégradation de l’environnement, les tensions géopolitiques et les changements démographiques – souligne l’OMS -. Ces défis incluent les maladies persistantes et les systèmes de santé sous pression, ainsi que les maladies émergentes à potentiel épidémique ou pandémique ».

Nous vivons plus longtemps

Les progrès scientifiques appliqués au domaine de la santé nous ont apporté un premier résultat tangible : nous vivons plus longtemps. « La science est l’un des outils les plus puissants dont dispose l’humanité pour protéger et améliorer la santé – explique-t-il. Tedros Adhanom Ghebreyesusdirecteur général de l’OMS – . Aujourd’hui, en moyenne, les gens vivent plus longtemps et en meilleure santé que leurs ancêtres, grâce au pouvoir de la science. Les vaccins, la pénicilline, la théorie des germes, l’imagerie par résonance magnétique et la cartographie du génome humain ne sont que quelques-unes des réalisations scientifiques qui ont sauvé des vies humaines. »

L’anesthésie qui a enlevé la douleur

Lorsque nous parlons des innovations scientifiques et des progrès qui nous ont permis de nous sentir bien, souligne l’OMS, la nécessité de la collaboration de tous ne peut être négligée. « Les innovations scientifiques sont plus efficaces lorsqu’elles sont largement adoptées et utilisées – poursuit l’OMS -. Chaque succès dans l’amélioration de la santé humaine reflète le travail collectif et la collaboration des organisations scientifiques, des décideurs politiques, des agents de santé et des citoyens ». Parmi les réalisations figure également l’anesthésie moderne. Les progrès scientifiques ont contribué à démocratiser ces avancées, rendant ainsi des soins chirurgicaux sûrs accessibles partout dans le monde. « Au cours des 50 dernières années, les efforts mondiaux de vaccination ont sauvé plus de 154 millions d’enfants des maladies infectieuses », rappelle l’OMS.

Vaccins

Les vaccins sont également des protagonistes, dont l’invention a contribué à réduire la mortalité infantile de 40 %. Et à elle seule, la lutte contre la rougeole a sauvé plus de 90 millions d’enfants. À cela s’ajoutent les progrès des technologies de dépistage précoce qui transforment les résultats en matière de santé : des tensiomètres électroniques au dépistage du cancer du sein via la mammographie, ces outils sont devenus des interventions salvatrices pour des millions de personnes.

Covid

L’OMS est à l’avant-garde de la transformation mondiale de la santé et de la science. Un exemple : lors de l’épidémie du syndrome respiratoire aigu sévère (Sras) de 2003, l’Organisation a coordonné un réseau mondial de laboratoires qui partageaient des données en temps réel. « Cela a permis d’identifier rapidement le virus responsable du Sras en deux semaines, établissant ainsi un modèle mondial de détection et de réponse aux épidémies toujours en vigueur », souligne-t-il.

« En 2009, nous avons développé des formulations de désinfectant pour les mains à base d’alcool et favorisé leur adoption mondiale dans les établissements de soins de santé. Une innovation qui, associée aux stratégies de prévention des infections associées, contribue à protéger des millions de patients et de professionnels de la santé dans le monde contre les infections et les complications, y compris pendant la pandémie de Covid. »

Les soins de santé coûtent de plus en plus cher

Mais les avancées vers une santé plus sûre s’accompagnent de quelques problèmes, en l’occurrence entièrement italiens. Si l’on calcule également l’intervention du dentiste, le coût moyen est estimé à environ 1 600 euros par famille et par an. De plus en plus d’Italiens sont contraints de recourir à des emprunts ou de payer leurs traitements médicaux en plusieurs fois. Considérons qu’en 2024 en Italie, les dépenses de santé supportées par les citoyens ont atteint 41,3 milliards d’euros, soit 22,3% des dépenses totales. Ainsi, de nombreuses familles sont obligées de payer de leur poche les visites spécialisées et les tests. Et c’est précisément à cause des coûts et des longues listes d’attente qu’environ 5 millions d’Italiens (presque 1 sur 10) ont renoncé au traitement, soit une augmentation d’environ un million et demi par rapport à l’année précédente.

Manque chronique de médecins et d’infirmières

Le deuxième front sur lequel le système de santé italien perd du terrain est celui du manque de personnel. Ce qui en Italie est structurel : il manque environ 70 000 infirmiers et plus de 25 000 médecins, dont plus de 5 700 personnels de base et d’urgence. Il y a 5,8 infirmiers pour 1 000 habitants, contre une moyenne européenne de 8,4. La pénurie estimée est de 70 000 professionnels selon les données Fnopi 2025 (Fédération nationale des ordres des professions infirmières).

Mais en ce qui concerne les blouses blanches, outre la pénurie numérique, la véritable urgence est la fuite du Service National de Santé vers le secteur privé ou l’étranger, avec plus de 92 000 médecins qui ne travaillent pas dans le secteur public. Les causes ? Faibles salaires, peu de diplômés ces dernières années (nombre limité), pic de départs à la retraite, horaires de travail épuisants et plafonds de dépenses du personnel.

Les nouveaux défis

Dans ce contexte, l’OMS continue d’œuvrer pour préserver notre santé : « Nous identifions continuellement les défis émergents, en réunissant des scientifiques et des décideurs politiques de premier plan pour élaborer des normes et standards qui protègent les communautés – conclut-il -. Par exemple, les Directives mondiales sur la qualité de l’air définissent les niveaux nécessaires pour prévenir les infections respiratoires, l’asthme, la maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) et le cancer du poumon.

L’obésité fait également partie des urgences. Selon les estimations de la Fondation Aletheia, 21 % des enfants entre 5 et 14 ans ont un problème de surpoids, pour un total de 288 millions de personnes. En Europe, les estimations de la Fondation basées sur les données de l’Initiative de surveillance de l’obésité infantile (COSI) de l’OMS (2022-2024) indiquent que, sur environ 470 000 enfants âgés de 7 à 9 ans dans 37 pays, 25 % sont en surpoids ou obèses. Et il existe un lien direct entre une mauvaise alimentation et la santé des enfants.

La consommation habituelle d’aliments ultra-transformés est associée à une augmentation de l’indice de masse corporelle, du tour de taille et de la masse grasse ; à des valeurs de glycémie à jeun plus élevées ; à une baisse des taux de cholestérol HDL, à d’éventuelles altérations du système immunitaire et du microbiome, avec un risque accru d’allergies et d’asthme. Même les boissons hypersucrées, comme les boissons énergisantes, représentent un facteur critique : leur consommation est associée à l’obésité, à la résistance à l’insuline, à la stéatose hépatique et à d’autres altérations métaboliques. Les données montrent également qu’environ 25 % des adolescents obèses souffrent de prédiabète. À ces facteurs s’ajoutent la sédentarité et l’usage excessif des écrans : les enfants moins sédentaires présentent moins d’adiposité viscérale et de meilleurs paramètres cardiométaboliques.