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10 mars 2015 2 10 /03 /mars /2015 10:53

 

Après un cancer du sein avec mastectomie, se pose la question de la reconstruction mammaire. Aujourd'hui, la médecine offre moult techniques pour répondre le mieux possible aux attentes des patientes. Rencontre avec le docteur Rausky, un chirurgien à l'écoute.

Avant l'affaire Angelina Jolie, parler d'ablation des seins et de reconstruction mammaire, c'était tabou. La question se pose pourtant pour de nombreuses femmes, et pas seulement dans le cadre d'une ablation préventive en cas de mutation génétique. En effet, dans 30 % des cas environ, les femmes touchées par uncancer du sein doivent se résoudre à se faire enlever le sein pour soigner leur cancer. La chirurgie reconstructrice leur est alors proposée, à la fois pour combler le vide physique, mais aussi pour les aider à reconstruire leur identité et leur propre image. Mais en réalité, seule une femme sur quatre franchit le pas et décide de passer par la chirurgie pour retrouver un nouveau sein. Parmi les raisons invoquées, 60 % des patientes évoquent le manque d'information sur le sujet*. Un constat partagé par le chirurgien plasticien Jonathan Rausky, alors même que la médecine a beaucoup évolué dans ce domaine.

Comment expliquez-vous que certaines femmes renoncent à se faire reconstruire après leur cancer du sein ? Quels sont les freins les plus fréquents ?

Docteur Jonathan Rausky : D'abord je dirais que c'est une question d'âge. Au-delà de 70 ans, les femmes redoutent davantage les douleurs, les cicatrices... Tout simplement, elles n'ont ni l'envie, ni le courage de retourner au bloc opératoire. Elles pensent que c'est inutile. Ensuite, la deuxième raison mais qui est loin d'être majoritaire, ce sont tout simplement des femmes qui n'ont pas envie d'une reconstruction. C'est leur choix, il est éclairé et je le respecte. Et enfin, dans un peu moins de la moitié des cas je pense, c'est lié à un défaut d'information.

Qu'est-ce qui vous fait penser que les femmes manquent d'informations ?

Il faut savoir qu'une reconstruction mammaire peut se faire de 1000 façons ! J'exagère mais vraiment, aujourd'hui, on a la possibilité de proposer aux femmes toute une gamme de techniques en fonction de leurs profils et de leurs souhaits. Or il me semble que les femmes ne disposent pas toujours des bonnes informations. Si elles ressortent de la première consultation avec l'impression qu'elles doivent choisir entre deux méthodes et que, quoi qu'il en soit, ça sera une opération lourde, elles peuvent se décourager. Pour nuancer, je dirais que c'est surtout le cas des femmes d'une soixantaine d'années. Les plus jeunes s'informent davantage.

Comment présentez-vous les choses à vos patientes lors de la première consultation ?

D'abord, je précise que j'ai une double casquette : je pratique des ablations de tumeur sur les femmes qui ont un cancer du sein et ensuite je les revois pour leur proposer une reconstruction. Cela facilite les choses parce que j'assure un suivi de mes patientes sur la durée. C'est moins simple lorsque le chirurgien qui pratique la mastectomie ne fait pas de reconstruction car les patientes sont alors orientées vers des confrères, un peu au hasard... Là encore, cela peut les freiner dans la démarche de reconstruction. Cela explique que certaines zappent ! Pour en revenir à la première consultation, je les mets à l'aise et je prends le temps de leur expliquer l'éventail des techniques dont elles peuvent bénéficier. Aujourd'hui, on a la chance de pouvoir faire du sur-mesure, de coupler les méthodes et de répondre le mieux possible aux attentes des patientes. Et bien sûr, il faut prendre le temps d'expliquer tout cela.

Quelles sont les attentes des femmes qui s'engagent dans la reconstruction mammaire ? Dans quel état d'esprit sont-elles ?

Elles sont plutôt réalistes et n'ont pas de folles espérances par rapport au résultat. Elles savent qu'elles ne retrouveront pas leur sein d'origine. Elles se doutent aussi que cela implique un changement de leur image, de leur sexualité... Mais en même temps, la reconstruction leur permet de retrouver leur féminité. Et puis c'est aussi une façon de faire un trait sur leur cancer et de tourner la page.

La reconstruction mammaire peut se faire en même temps que la mastectomie ou après, une fois les traitements passés. Comment les aidez-vous à prendre la bonne décision ?

Le choix se fait en amont après discussion entre l'équipe médicale et les patientes. Les femmes peuvent choisir de différer la reconstruction mammaire à plus tard si elles le souhaitent. En revanche, le contraire n'est pas toujours possible. En effet, elles n'ont pas toujours la possibilité de coupler l'ablation de la tumeur et la reconstruction. Il peut y avoir des contre-indications médicales. La priorité, c'est dans un premier temps que la patiente guérisse.

A SAVOIR

Quand elles ont le choix, je leur explique qu'il y a des avantages et des inconvénients avec chacune des démarches. Si elles font tout en même temps, ça leur économise une opération, du stress et des complications. Et surtout, elles ne se retrouvent pas sans leur sein, elles peuvent donc continuer à vivre, à se mettre en maillot, etc. Mais d'un autre côté, elles n'ont pas le temps de faire le deuil de leur sein justement... et parfois c'est compliqué à vivre. Les femmes ont parfois du mal à l'accepter et sont plus souvent déçues du résultat, d'autant plus qu'il est compliqué d'avoir un bon résultat dès la première intervention. La deuxième solution, c'est de reporter à plus tard, ce qui permet de bien séparer les deux étapes : les soins, puis la reconstruction. Là, les patientes doivent vivre parfois un an sans leur sein, ce qui n'est pas évident. Mais par contre, quand elles décident de se faire reconstruire, elles ont mûri les choses et elles sont dans une démarche ultra positive et souvent plus satisfaites du résultat.

Aujourd'hui les techniques chirurgicales ont beaucoup évolué. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Effectivement, il y a une dizaine d'années, on disposait de seulement deux, trois techniques, à savoir la pose de prothèses mammaires et la reconstruction par lambeaux, qui consiste à prélever des morceaux de tissus (comprenant la peau, la graisse, le muscle, les artères, etc.) sur le dos ou le ventre de la patiente. Aujourd'hui, la révolution c'est que l'on peut injecter de la graisse, et cela a tout changé ! En plus, on dispose de nouveaux types de reconstruction par lambeaux : on peut prélever le tissu dans les fesses, dans les cuisses, etc. Donc non seulement on a environ dix méthodes possibles mais en plus, on peut coupler les méthodes entre elles. Au final, le champ est nettement élargi.

Greffer un morceau de tissu ou injecter de la graisse : qu'est-ce que ça change pour les patientes ?

Quand on prélève un tissu, on prélève la peau, le muscle, les veines, les artères, etc. Donc c'est une opération lourde, qui dure 4 à 7 heures même si elle donne d'excellents résultats. Pour la seconde méthode, on prélève de la graisse à un endroit où la patiente en a suffisamment, on la purifie par centrifugation et on la réinjecte au niveau des seins avec une seringue. L'intervention est plus courte (1h environ) mais il faut généralement 5 à 6 opérations au total avant d'arriver au résultat final. C'est donc moins fatiguant que de subir une grosse opération, mais c'est en revanche plus long sur la durée et donc parfois plus déprimant pour la patiente. L'avantage, c'est qu'on l'arrête quand on veut. Et par ailleurs, cette méthode permet de reconstruire la silhouette puisqu'elle est couplée à une liposuccion. Cela peut être l'occasion de se réconcilier avec sa silhouette. L'injection de graisse permet par ailleurs de faire des retouches à la suite de la pose de prothèses ou d'une reconstruction par lambeaux.

Le choix ne doit pas être évident... Comment ça se passe ?

Pour ma part, je prends le temps d'expliquer au mieux ce qu'impliquent les différentes options, afin que mes patientes aient tous les éléments pour faire un choix réfléchi et éclairé. En pratique, je propose trois options parmi toutes celles qui peuvent convenir à mes patientes, en fonction de leur silhouette et du volume mammaire souhaité. Ensuite, je leur liste les avantages et les inconvénients pour chacune d'entre elles. Généralement, je propose une méthode plus classique, qui couple par exemple des prothèses à une petite injection de graisses. A côté de ça, je leur expose une méthode sans prothèses, avec une intervention plus compliquée et donc des risques et de la fatigue, mais pour un excellent résultat. Enfin, je propose, quand c'est possible, une injection de graisse pure (méthode RAFT). Je leur laisse ensuite un délai de réflexion de trois semaines, voire un mois. Pas question de prendre une décision à la place de la patiente, elle doit être impliquée dans son choix, c'est indispensable.

Que pouvez-vous dire des principales angoisses des patientes vis-à-vis de la reconstruction ?

Chaque femme a ses craintes, certaines en ont beaucoup plus que d'autres... Difficile de répondre. Et de même, la satisfaction des patientes est loin d'être corrélée au résultat ! Il n'y a pas si longtemps, j'ai obtenu un résultat presque parfait, sans doute ma meilleure reconstruction. Et pourtant, la patiente a à peine réagit et elle m'a même avoué plus tard qu'elle n'arrivait pas à regarder son nouveau sein. Cela dépend vraiment des patientes et de leurs attentes de cette reconstruction...

* Source : étude menée à l'Institut Curie sur près de 2 000 patientes, opérées entre 2004 et 2007.

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10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 10:28

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"Guérir le regard" est le premier film-documentaire sur la reconstruction après une mastectomie, réalisé à l’initiative du groupe Info-Sein de l’Institut Curie. Il accompagne les patientes vers leur propre voie de reconstruction, qu'elle soit chirurgicale ou non… Etape de la lutte contre un cancer du sein, celle-ci n'est pas toujours abordée par le cancérologue. Témoignage de patientes et expertises de professionnels de santé sont au cœur de ce documentaire.

"Guérir le regard": se reconstruire après une mastectomie

"Guérir le regard, se reconstruire après une mastectomie" est, de fait, un outil innovant d'information qui vise à permettre à chacune des femmes concernées de choisir sa voie de reconstruction en toute sérénité malgré l’ablation d'un sein. "Ce « 52 minutes » est fondé sur l'expérience et le témoignage sans fard de patientes de 30 à 70 ans", explique la réalisatrice Caroline Swysen. Elles sont venues des quatre coins du pays et sont soit au cœur soit à distance de l'ablation chirurgicale de leur sein. Leurs propos sont ponctués de points de vue de professionnels de la santé impliqués dans le traitement du cancer du sein.

L'idée originale de ce film a germé au cours des réflexions du groupe Info-Sein constitué à parts égales de patientes et de soignants. "Elle s'inscrit dans une démarche d'élaboration d'outils d'information innovants", décrit le Dr Séverine Alran, chirurgienne à l'Institut Curie et responsable de ce projet.

 

  • Le premier outil est un livret de questions-réponses sur la mastectomie et ses conséquences.
  • "Le deuxième est ce film-documentaire que nous avons pu produire grâce à nos mécènes", poursuit Lydie Wintz, cadre de santé du département de chirurgie à  l'Institut Curie et coanimatrice du groupe Info-Sein, avec le Dr Alran. La Fondation d'entreprise Michelin, la Fondation MACSF, la Fondation Dominique et Tom Alberici, AstraZeneca, Mutuelle Bleue,  le centre thermal La Roche Posay, Any d'Avray et l'association de patientes Au Sein De Sa Différence ont en effet soutenu le financement de ce film-documentaire. 

 

Des associations ainsi que des organismes partie-prenantes de la lutte contre le cancer soutiennent cette initiative au bénéfice des femmes en relayant le film auprès de leur public via Internet : Association pour la reconstruction du sein par Diep, Au Sein de Sa Différence, Europa Donna Forum France, La Ligue nationale contre le cancer, Unicancer et Vivre comme avant (liste au 26 sept. 2014).

 

  • "L'aventure n'est pas finie puisque un troisième outil innovant est en cours de finalisation : c'est un web-documentaire qui doit paraître vers le 30 octobre 2014", se réjouissent les participants, une quarantaine, du groupe Info-Sein.

 

En savoir plus

"Guérir le regard", 52 minutes ; réalisation  Caroline Swysen ; production Institut Curie et Kepler 22 productions ; octobre 2014)

S’informer sur la reconstruction après une mastectomie

 

Texte : Nathalie Boissière

Crédit photo : Sophie Royné

Mathilde Regnault
25/09/2014
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3 mars 2014 1 03 /03 /mars /2014 09:10

 

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Une étude menée à l’Institut Curie a mis en évidence le besoin d’information des femmes en matière de reconstruction mammaire après un cancer du sein. Ce constat a conduit l’Institut à mettre en place un dispositif répondant au plus près à leurs attentes: le groupe Info Sein a ainsi vu le jour.

Cancer du sein et reconstruction : un manque d’informations bientôt comblé

Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme. On dénombre 52 000 nouveaux cas chaque année. 30 % des femmes opérées pour un cancer du sein ont une mastectomie (ablation totale du sein), soit 12 000 femmes par an en France. 80 % d’entre elles n’ont pas recours à une reconstruction chirurgicale du sein. Ce contexte national a amené les médecins de l’Institut Curie – acteur de référence dans la prise en charge des cancers du sein avec plus de 6 000 nouvelles patientes chaque année – à en étudier les raisons auprès des patientes ayant une ablation du sein.

En 2011, une étude a été menée à l’Institut Curie par le Dr Delphine Héquet, sous la direction du Dr Séverine Alran, sur près de 2 000 patientes ayant eu une ablation du sein entre 2004 et 2007. Elle a révélé que 70 % d’entre elles n’avaient pas eu de reconstruction chirurgicale du sein. Les raisons sont multiples : médicales liées à la gravité de la maladie, plus ou moins associées à des raisons socio-professionnelles, mais également personnelles pour 80 % des femmes interrogées. De plus, 60 % des patientes ont jugé l’information sur la reconstruction du sein absente ou insuffisante. Ce constat montre que les explications données par les professionnels de la santé ne sont pas entendues et peu ou pas adaptées aux besoins des patientes.

Groupe de travail

Devant ces résultats préoccupants, l’Institut Curie a souhaité apporter une réponse pour améliorer la qualité de vie de ces femmes. Ainsi, Lydie Wintz, cadre de chirurgie à l’Institut Curie, a créé un groupe de travail intitulé Info-Sein, réunissant à parts égales des soignants et des patientes et anciennes patientes ayant traversé l’épreuve de la mastectomie. Ensemble, pendant un an, ces femmes se sont réunies pour élaborer avec les soignants plusieurs outils d’information complémentaires. "Le premier élément vient d’être mis à la disposition des patientes : il s’agit d’un livret de questions-réponses sur différents aspects de la reconstruction après mastectomie"explique Lydie Wintz. Il est composé de 3 chapitres (la mastectomie, la reconstruction chirurgicale et la reconstruction non chirurgicale). Dans ces chapitres sont abordées des questions médicales, pratiques et esthétiques.

Le prochain outil sera composé d'un film et d'un web-documentaire, produits et réalisés par deux professionnelles reconnues dans le documentaire santé, Juliette Cazanave et Caroline Swysen. Les repérages ont commencé en octobre 2013, et le tournage est prévu au printemps 2014. La sortie du film, elle,  est envisagée pour octobre 2014. "Les témoignages des patientes et des soignants reflèteront le vécu et la réalité du parcours de soin des femmes ayant une mastectomie pour cancer du sein  en France. Nous espérons que ces nouveaux outils sauront répondre aux attentes des patientes et éclairer leur chemin,  facilitant l’échange entre patientes, soignants et accompagnants",conclut le Dr Séverine Alran.

 

Clic LIVRET : Comment se reconstruire avec ou sans intervention chirurgicale

Texte : Valérie Devillaine

Crédit photo : Alexandre Lescure / Institut Curie

Mathilde Regnault
03/02/2014
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5 février 2014 3 05 /02 /février /2014 10:08

 

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Cancer du sein et reconstruction mammaire : 3 femmes, 3 choixPour celles qui n'ont pas connu le cancer du sein, la reconstruction mammaire après une ablation du sein (mastectomie) apparaît comme une évidence. Et pourtant... Il s'agit d'une décision lourde de conséquences et les survivantes sont bien moins nombreuses à la prendre qu'on ne le pense. Nous avons rencontré 3 femmes, touchées par la maladie, qui ont accepté de nous expliquer leur choix. Quels critères ont-elles pris en compte ? Comment le vivent-elles aujourd'hui ? Elles nous répondent.

Michèle 62 ans, cancer détecté à l’âge de 56 ans - Ablation d’un sein avec reconstruction immédiate

 

​"L’annonce de mon cancer a été très difficile, j’ai eu peur de mourir. Lorsque l’on m’a annoncé la nécessité de me faire une mastectomie, je l’ai vécue comme un soulagement. Je suis allée voir un chirurgien en cancérologie qui, dès la première consultation, m’a parlé de faire une reconstruction immédiate. Je ne l’envisageais pas autrement. Je n’aurais pas supporté de me voir sans un sein.
J’étais célibataire à cette époque et cette décision je l’ai prise seule, pour mon image de moi. C’était une évidence et avec le recul je suis toujours aussi satisfaite de ce choix, même si cela n’a pas toujours été une partie de plaisir.
J’ai totalement fais confiance à ce chirurgien qui m’a très bien accompagnée. C’est lui qui m’a retiré mon sein. Puis au cours de la même opération un autre chirurgien (plasticien celui-ci) m’a mis une prothèse. Le problème a été qu’elle n’était pas adaptée à mon corps et esthétiquement cela a formé un creux au dessus du sein. Ce n’était pas joli, c’était surtout douloureux au début, le temps que la prothèse prenne sa place. C’est mon médecin généraliste qui m’a recommandé de me faire réopérer pour corriger le défaut.
Je l’ai fait deux après. J’ai pris un autre chirurgien plasticien, mais il y a encore eu une erreur de prothèse, cette fois-ci de taille. J’ai dû être réopérée une troisième et dernière fois. Le résultat est très beau et naturel. L’autre sein a été repris, j’ai perdu mes sensations physiques, mais ce n’est pas grave, ce qui importait plus pour moi était l’aspect visuel.
Aujourd’hui je suis en couple et ma vie intime est épanouie, moi qui voyais mon sein comme une prothèse après la première opération, je le vois désormais comme mon autre sein et j’ai la chance que les cicatrices ne se voient même plus. Pour moi, il a été plus facile de passer à autre chose en choisissant la reconstruction. Une fois le sein enlevé et reconstruit, je n’ai plus eu d’angoisses et j’ai pu plus facilement tourner la page."

Camille 68 ans, cancer détecté à l’âge de 64 ans - Ablation d’un sein sans reconstruction

 

"Ce qui fut difficile à affronter, c’est l’ablation du sein. Je n’ai pas hésité un instant au vu de la gravité des résultats de la biopsie. Il est vrai, j’ai vaguement entendu, lors de l’annonce du cancer : « l’ablation, aujourd’hui ce n’est plus pareil, vous savez, avec la reconstruction, on fait de belles choses. » Mais ce n’était vraiment pas le sujet ! Et je n’y ai même pas prêté attention.
L’ablation d’un sein, c’est difficile à vivre ensuite ; il faut faire le deuil d’un morceau de soi, de son identité. Chaque jour, cela vous revient à la face. Et pourtant, je n’ai pas choisi de faire une reconstruction. La question est intervenue plusieurs mois après, après les mois de chimiothérapie, de radiothérapie, d’inquiétude quant à la récidive. Déjà on a fait « avec », ou plutôt « sans » !
Ça a été une décision mûrie. Je me suis renseignée, notamment lors d’une conférence à Saint-Louis à l’occasion d’Octobre rose. Ce que j’ai entendu m’a laissée perplexe : trop technique. J’ai interrogé aussi des amies qui ont fait une reconstruction. Là encore mon impression a été assez mitigée. Mais peut-être est-ce parce que j’avais déjà pris ma décision .
Mes raisons quant à ce choix de ne pas reconstruire mon sein sont diverses et toutes personnelles. Ce choix n’est ni une fierté ni une souffrance. Ayant déjà pas mal fréquenté les hôpitaux, et même s’ils m’ont été toujours d’un grand secours, je n’ai pas souhaité entreprendre de nouveau un parcours de soins et d’hospitalisation. Il est vrai aussi que, bien portante, il ne m’est jamais venu l’envie de me faire refaire les seins !! Surtout, l’ablation n’a pas altéré l’intimité avec mon compagnon : cela m’a beaucoup confortée dans la décision que j’ai prise seule. Sans doute mon âge, déjà avancé, a-t-il pesé. Dix, quinze ans de moins, j’aurais réagi différemment..."

Nathalie 45 ans, cancer détecté à l’âge de 32 ans - Ablation d’un sein avec reconstruction différée

 

"Mon cancérologue a évoqué le premier la reconstruction, lorsque l'on a évoqué la mastectomie, sans se presser, en me disant "vous avez le temps d'y penser" et "ce n'est pas obligatoire". Puis le chirurgien qui a réalisé la mastectomie en a reparlé, il a activé les choses pour la reconstruction, en disant que c'était un peu la reconstruction qui ferait la "guérison".
J'ai choisi la reconstruction, j'ai fait confiance au chirurgien, en me disant qu'en effet "remplir" le vide allait "effacer" la plaie. C'est pour ça que je me suis décidée, avec le soutien de mon chéri, même si pour lui à ce stade (c'était 6 mois après la fin de mes traitements et 1 an après ma mastectomie) il trouvait que je prenais peut-être la décision un peu rapidement. De toute façon, il me disait aussi qu'il n'avait pas d'avis, que si je choisissais de ne pas le faire il comprenait et me soutenait.
Médicalement j’ai très bien vécu ce choix, l'opération était réussie, le chirurgien m'a prévenue que c'était douloureux (reconstruction par lambeau de grand dorsal), je suis sortie plus rapidement que d'autres de la clinique, je marchais le lendemain. J'en ai d'ailleurs un peu trop fait et ai tiré sur la cicatrice dans le dos qu'il a fallu reprendre.
Physiquement, il y a eu 3 étapes avec, à la 3e étape, prélèvement sur le mamelon du sein qui me reste sans me prévenir, sans m'expliquer les conséquences, que j'ai découvertes après coup : la perte de sensibilité sur mon sein restant. C'est aussi de ma faute, je n'ai pas assez posé de questions aux femmes, au chirurgien...
Psychologiquement, et pour en avoir parlé avec mon cancérologue par la suite, je crois avoir sauté des étapes en ce qui me concerne, je n'avais sans doute pas fait "le deuil" de ce sein. J'ai choisi la reconstruction en pensant qu'elle effacerait les "traces", or ce n'est pas cela qui, à mon sens aujourd'hui, les efface, c'est un travail sur soi psychologique.
Je pense aussi que le poids du regard des autres, de la société, est énorme sur notre choix. Et que la vision des médecins (que ce soit le chirurgien ou le cancérologue qui nous en parle) n'est absolument pas celle de la femme. Or la parole du médecin - à ce moment-là de la maladie (on en sort, on veut en "finir" au plus vite, c'était mon cas) - est très importante, très forte, on a tendance à l'écouter, à suivre ce qu'il propose..."

L'avis Carole Louvel, notre thérapeute spécialiste du cancer du sein


"Le choix de la reconstruction physique est un choix très personnel, qui nécessite de prendre le temps de se renseigner auprès du corps médical, auprès d'autres femmes ayant été confrontées à la même épreuve. Mais avant tout, il est nécessaire de s'écouter, de ressentir ce qui est juste pour soi et si besoin de se faire accompagner psychologiquement pour faire ce choix. Un sein reconstruit, même par la plus belle des reconstructions physiques qu'il soit, aura du mal à être vu comme aussi beau que l'original si le deuil de celui-ci n'est pas fait. Il faut faire en soi une place au nouveau sein pour pouvoir l'accueillir. Il est important de signaler qu'une fois les traitements et la reconstruction physique éventuelle terminés, tout ne redevient pas comme avant. Vient alors le temps de la reconstruction psychologique pour toutes les femmes. Ce temps est indispensable pour accepter ce nouveau corps, dépasser l’épreuve et retrouver un nouvel élan."
C'est pour les aider à se retrouver, à se sentir de nouveau femme, à apprivoiser leur nouvelle image et à reprendre le chemin de leur vie personnelle, amoureuse, sociale et professionnelle que Carole Louvel et Stéphanie Honoré, thérapeutes spécialistes du cancer du sein, ont créé l’association :
"L’Après-Cancer : Se Reconstruire et Vivre après un Cancer du Sein" et ont conçu les Ateliers Après-Cancer.
Plus d'informations sur le site de L'Après-Cancer.
Article du Site au féminin.com
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14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 09:58

En association avec L'Institut du Sein (Paris), nous vous proposons aujourd'hui une suite de notre dossier sur la reconstruction mammaire par lambeau du ventre à l'occasion de notre campagne pour le dépistage du cancer du sein.

Les Reconstructions par lambeaux musculo-cutanés :

La reconstruction par lambeau du grand dorsal :

 Il s’agit de transférer sur le thorax une palette de peau, de muscle et de graisse prélevée dans le dos. Le prélèvement de ce lambeau ne génère pas de séquelle fonctionnelle (il n’y aura pas de limitation des mouvements du bras après l’intervention) mais, il induit une cicatrice d’une quinzaine de centimètres dans le dos et une sensation de « corset » qui peut durer quelques mois.

 

Modalités opératoires :

L’intervention se déroule sous anesthésie générale et dure entre deux et trois heures. L’hospitalisation est de trois à dix jours.

Le lambeau est prélevé en décubitus dorsal et transféré sur le thorax.

Puis la patiente est installée sur le dos et le lambeau est modelé en fonction de la forme et du volume du sein à reconstruire (lorsqu’il manque du tissu cutané sur le thorax pour réparer le sein, la peau prélevée dans le dos restera apparente, tandis qu’elle sera enfouie si le lambeau a été prélevé uniquement pour son volume). Une prothèse sera ajoutée chaque fois que le volume apporté par le lambeau se révèlera être insuffisant.

 

 

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(Copyright L'Institut du Sein)

 

 

dessin du prélèvement d’un lambeau de grand dorsal

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(Copyright L'Institut du Sein)

   

dessin avant mastectomie droite et  reconstruction immédiate par lambeau de grand dorsal et réduction du sein gauche. Résultats post opératoire 

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(Copyright L'Institut du Sein)

 

 

La cicatrice dans le dos après un prélèvement de lambeau de grand dorsal est le plus souvent cachée par un soutien gorges

Avantages de cette technique :

C’est un lambeau fiable, réalisable sur presque toutes les patientes par presque tous les chirurgiens. Les résultats obtenus sont le plus souvent d’excellente qualité.

Il permet de remplacer de la peau qui aurait été abîmée par la radiothérapie, de tapisser, grâce à une palette de muscle, des tissus atrophiés ; mais aussi de protéger la prothèse, de donner de la souplesse à la reconstruction et de pouvoir éventuellement se passer de prothèse quand le sein à remodeler n’est pas trop volumineux.

 

Inconvénients :

Le prélèvement du lambeau laisse une cicatrice dans le dos. Toutefois, cette cicatrice longue mais plutôt discrète est très bien acceptée par les patientes, au vu du bénéfice de la reconstruction mammaire.

Enfin, le muscle peut conserver une sensibilité, voire une contractilité transitoire qui peut être gênante.

 

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(Copyright L'Institut du Sein)

 
 

Reconstructions mammaires différées par un lambeau du Ventre

 

La reconstruction par lambeau du ventre (autrement appelé lambeau de grand Droit ou TRAM, [Traverse Rectus Abdominal Muscle])

L’intervention consiste à reconstruire le sein en utilisant l’excèdent cutanéo-graisseux du ventre.

Ce lambeau peut être utilisé selon plusieurs techniques :

- le plus souvent en gardant le lambeau « pédiculé », c’est-à-dire qu’il reste attaché sur au moins l’un des deux muscles grand droit de l’abdomen (on parle de lambeau monopédiculé si la palette reste attachée à un des deux muscles grand droit de l’abdomen et, de lambeau bipédiculé s’ il reste attaché aux deux muscles grand droits.)

- ou bien en lambeau « libre » : les vaisseaux sont sectionnés et « rebranchés »  sur des vaisseaux du thorax ou de l’aisselle.

- il existe des lambeaux « mixtes » qui sont monopédiculés, mais dont les vaisseaux épigastriques inférieurs sont anastomosés à des vaisseaux thoraciques.

 

Technique du lambeau monopédiculé

L’intervention se déroule sous anesthésie générale et dure entre trois et cinq heures. L’hospitalisation est de cinq à dix jours.

Le lambeau est prélevé en restant pédiculé (souvent sur le muscle opposé au sein à reconstruire), et transféré à l’emplacement du sein. Le muscle utilisé est remplacé par un filet prothétique (semblable à ceux utilisés pour les éventrations). Le ventre est refermé comme pour une plastie abdominale esthétique, l’ombilic est ressorti. Le lambeau est ensuite modelé à l’image de l’autre sein.

Les suites opératoires sont un peu plus désagréables et invalidantes qu’avec les autres techniques (à cause de la sollicitation réflexe des muscles abdominaux lésés dans la plupart des gestes de la vie quotidienne). Il faut compter quarante huit heures  pour pouvoir bouger correctement et quatre à huit semaines pour retrouver un mode de vie normal.

 

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(Copyright L'Institut du Sein)

 

dessins avant une mastectomie droite et reconstruction mammaire immédiate par lambeau monopédiculé de grand droit.. photo après l’intervention 

 

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(Copyright L'Institut du Sein)

 

Reconstruction mammaire immédiate après mastectomie droite par un lambeau de grand dorsal.

 

Avantages de cette technique : 

Le sein est remplacé par un tissu qui a exactement la même consistance, la même texture et la même couleur que la peau du sein controlatéral  ce qui permet de reconstruire un galbe proche du modèle, très souple et dont l’évolution dans le temps sera très naturelle.

Pour celles qui ont un abdomen trop volumineux le bénéfice est double ; elles gagnent un ventre plat et une reconstruction de bonne qualité.

Inconvénients :

Cette technique n’est pas intéressante chez les femmes très minces, qui n’auraient pas d’excès de peau et de graisse sur le ventre  et, contre-indiquée chez les obèses, les fumeuses et les patientes ayant déjà subi une intervention abdominale majeure.

Le prélèvement musculaire laisse une petite séquelle fonctionnelle : une diminution des performances des abdominaux qui est parfois gênante pour passer de la position couchée à la position assise. Les séquelles sont surtout gênantes en cas de lambeau bipédiculé. Cette intervention est d’autant mieux supportée que les patientes sont dynamiques et sportives.

Le prélèvement laisse une cicatrice longue qui sera mieux acceptée car elle remplace avantageusement un « gros ventre ».

Cette intervention, superficielle mais assez longue, occasionne une fatigue certaine, souvent malvenue après plusieurs mois passés à traiter le cancer.

Complications :

- du prélèvement 

En plus des complications classiques des plasties abdominales (nécrose cutanéo-graisseuse, nécrose ombilicale, lymphocèle, phlébite, embolie pulmonaire…) il y a un risque de voussure de l’abdomen à l’emplacement du muscle prélevé et un risque de décentrage de l’ombilic.

- du lambeau 

C’est un lambeau « fragile » qui, même dans des mains expérimentées, peut partiellement se nécroser ce qui détériore le résultat esthétique. Ceci est particulièrement vrai chez les fumeuses ou les anciennes fumeuses, auxquelles la technique de reconstruction par TRAM ne sera donc pas proposée.   

 

Technique du lambeau libre et du DIEP (Deep Inférior Epigastric Perforator):

La palette cutanéo-graisseuse est la même que pour le lambeau pédiculé. Les vaisseaux sont disséqués, sectionnés puis anastomosés sur les vaisseaux thoraciques.

Avantages :

Peu ou pas de séquelles fonctionnelles abdominales.

Inconvénients :

L’intervention est plus longue (entre quatre et cinq heures) et nécessite des équipes très entraînées voire une double équipe afin de minimiser la durée opératoire (une équipe prélève le lambeau pendant que l’autre prépare les vaisseaux sur lesquels le lambeau va être anastomosé).

Le DIEP est un lambeau libre avec un prélèvement musculaire minime ; son prélèvement ne laisse pas de séquelle fonctionnelle.

Complications :

Il y a (selon les équipes) entre 2 % et 10 % de nécrose complète du lambeau.

 Technique du TURBO :

C’est un lambeau de grand droit monopédiculé dont les vaisseaux épigastriques inférieurs sont disséqués et anastomosés avec des vaisseaux thoraciques. C’est donc un lambeau mono pédiculé « sécurisé » par une anastomose vasculaire.

 

 La Reconstruction par lambeau libre des fessiers

Cette opération est très rarement pratiquée. Elle est intéressante lorsque les autres techniques de reconstruction sont impossibles. Dans ce cas, on prélèvera de la graisse, un muscle et son pédicule vasculaire au niveau de la fesse pour obtenir un lambeau libre, qui sera immédiatement greffé avec des techniques de microchirurgie. Comme avec tous les lambeaux libres, il y a un risque de nécrose complète du lambeau.

 

 Le « filling » ou autogreffe de graisse.

Ce n’est pas une technique de reconstruction mammaire mais une méthode « adjuvante » qui permet d’améliorer les résultats. Le procédé consiste à prélever de la graisse par lipoaspiration sur la face interne des genoux, les cuisses ou le ventre et à la  réinjecter pour corriger un galbe ou pour augmenter un volume.

Les indications sont multiples :

- avant une reconstruction par prothèse, le chirurgien peut injecter de la graisse dans le site de mastectomie afin d’augmenter l’épaisseur des tissus qui recouvriront la prothèse voire, semble-t-il, d’améliorer la qualité des tissus abîmés par la radiothérapie.

 

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(Copyright L'Institut du Sein)

  

Augmentation de l’épaisseur des tissus qui vont recouvrir la prothèse par un filling

- après une reconstruction par prothèse, le filling va permettre d’épaissir les tissus recouvrant la prothèse ou de corriger le galbe afin d’obtenir un résultat plus naturel.

 

 

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(Copyright L'Institut du Sein)

 

 

 

Correction du décolleté où on voit la prothèse de reconstruction par un filling

 

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(Copyright L'Institut du Sein)

 

 

Après mise en place de la prothèse puis reconstruction de l’aréole et du mamelon

- enfin, après une reconstruction par lambeau, le filling peut augmenter le volume ou  regalber un quadrant de la reconstruction.

 

Avantages de la technique :

C’est un formidable moyen pour améliorer une reconstruction. L’intervention est peu traumatisante et se déroule souvent sous anesthésie locale et en ambulatoire, sans avoir besoin de recourir à une hospitalisation. 

Inconvénients :

Il est souvent nécessaire de recourir à plusieurs fillings successifs.

L’absence de recul significatif par rapport à cette technique nous oblige à émettre quelques réserves quant à ses indications. Des études sont en cours en France, qui nous permettront d’y voir plus clair d’ici  quelques mois.

 

La Reconstruction de la Plaque Aréolo Mamelonnaire (PAM)

 

Cette intervention constitue la dernière étape de la reconstruction du sein. Elle a uniquement lieu quand la forme, le volume et la symétrie de la poitrine sont validés par le patient et par le chirurgien car,  il est souvent possible de modifier la forme et le volume de la reconstruction mais quasi-impossible de déplacer une aréole une fois qu’elle a été reconstruite.

En attendant la reconstruction de la PAM on peut proposer à la patiente l’utilisation d’une aréole et d’un mamelon adhésifs, qui font parfaitement illusion.

Cette dernière phase se déroule le plus souvent sous anesthésie locale, dure environ une heure et les suites opératoires sont simples et indolores.

 

L’aréole :

- la méthode la plus répandue est le tatouage bilatéral des aréoles (bilatéral afin d’obtenir une couleur identique sur les deux seins).

 

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(Copyright L'Institut du Sein)

 

Reconstruction de l’aréole gauche par tatouage bilatéral et greffe de mamelon

- d’autres techniques sont possibles : la greffe de peau (prélevée le plus souvent sur le haut de la face interne d’une cuisse), ou la greffe d’une partie de l’aréole controlatérale quand son diamètre s’y prête.

 

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(Copyright L'Institut du Sein)

 

Reconstruction de l’aréole gauche par greffe de peau totale pour l’aréole et petit lambeau local pour le mamelon

Le mamelon :

Les deux procédés de reconstruction les plus utilisés sont la greffe d’une partie du mamelon controlatéral ou l’enroulement d’un petit lambeau cutanéo-graisseux local.

Signalons pour mémoire d’autres méthodes telles que la greffe d’une partie de la pulpe d’un orteil, d’un morceau du lobe d’une oreille ou d’une cicatrice hypertrophique.

Des retouches peuvent être proposées dans les mois ou les années qui suivent, en particulier pour corriger la couleur du tatouage qui a tendance à s’estomper au fil du temps.  

 

Conclusion :

Dans l’ensemble, les prothèses mammaires représentent la solution de reconstruction la plus facile et la plus couramment proposée.

Cependant, les reconstructions par prothèses vieillissent moins bien que les lambeaux et nécessitent souvent une correction après quelques années. En effet, le sein reconstruit et le sein controlatéral peuvent évoluer différemment : le sein « normal » va avoir tendance à s’affaisser avec le temps ou à changer de volume avec les variations de poids tandis que la reconstruction va au mieux ne pas bouger et parfois se figer.

En revanche, les reconstructions par lambeau sont des interventions un peu plus lourdes, avec un temps de convalescence plus long  mais, qui aboutissent à un résultat plus naturel et durable.

Il est indiscutable que la reconstruction mammaire améliore la qualité de vie et contribue à rendre les femmes plus fortes face à la maladie. La reconstruction leur redonne un sentiment d’intégrité physique, sans avoir à sacrifier au cancer leur féminité et leur bien-être physique.

La reconstruction mammaire fait partie intégrante du traitement du cancer du sein et il paraît inconcevable aujourd’hui de ne pas la proposer aux femmes qui doivent subir une mastectomie. 

 

Auteur :  

 

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L'INSTITUT DU SEIN (Paris) - le Dr Krishna Bentley CLOUGH (ancien chef de service de l’Institut Curie) est spécialiste de la chirurgie du cancer du sein, de la reconstruction et de la chirurgie esthétique du sein - le Dr Isabelle SARFATI est spécialiste en reconstruction mammaire et en chirurgie esthétique - le Dr Claude NOS (praticien hospitalier a l'hôpital européen Georges Pompidou) est spécialiste de la chirurgie du cancer du sein et de la reconstruction mammaire

Créé le 23-09-2013 à 17:50 

Copyright image et texte : L'Institut du Sein.

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13 septembre 2013 5 13 /09 /septembre /2013 09:43

 

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« Les demandes des patients sont de deux ordres. Fonctionnelles tout d’abord, esthétiques ensuite.

L’évolution technique, et notamment la microchirurgie permet aujourd’hui d’opérer des patients de plus en plus âgés dans un environnement (le visage) très délicat avec la présence de beaucoup de nerfs.Le visage est capital dans notre relation aux autres, dans notre vie quotidienne, professionnelle, familiale et sentimentale. « Il est l’interface sociale par excellence, souligne le Pr Jean-Paul Meningaud, chirurgien dans le service de chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique de l’hôpital Henri Mondor à Créteil. Sur le plan maxillo-facial, nous intervenons principalement pour deux grands types de cancers : les tumeurs étendues ainsi que les cancers de la cavité buccale. Les demandes des patients sont de deux ordres. Fonctionnelles tout d’abord : il s’agit de pouvoir s’alimenter par la bouche, respirer par le nez... Esthétiques ensuite : les personnes ne se reconnaissent pas après l’opération et veulent retrouver leur visage d’avant ». L’évolution technique, et notamment la microchirurgie* permet aujourd’hui d’opérer des patients de plus en plus âgés dans un environnement (le visage) très délicat avec la présence de beaucoup de nerfs. « Dans le même temps, reconnaît Jean-Paul Meningaud, nous constatons une recrudescence des cancers de la peau, due à une plus grande exposition au soleil depuis quelques décennies. Quand on touche au visage, les patients sont anxieux. Certains repoussent le moment de consulter, ce qui ne fait qu’empirer la situation. Pour un épidermoïde, la chirurgie est la seule option. Plus la tumeur s’est développée, plus la reconstruction sera difficile ».

Dans le cas de la perte totale d’une unité anatomique comme le nez ou une oreille, par exemple, on peut également avoir recours à l’épithèse. Ce type de prothèse a, lui aussi, connu des progrès importants, notamment avec l’arrivée du silicone. Il présente un avantage énorme pour la surveillance de la récidive locale puisqu’il suffit de l’ôter pour inspecter la zone opérée.

Reconstruction* : une partie intégrante des soins

Une étude menée à l’initiative du Comité départemental de la Ligue contre le cancer de l’Hérault montre que la grande majorité des femmes ayant eu recours à une reconstruction mammaire sont satisfaites de leur démarche. « La reconstruction est considérée par les professionnels et les associations comme faisant partie intégrante des soins», estime Marion Pélissier, oncologue et radiothérapeute qui a coordonné cette étude. Cette enquête a été menée par le groupe Isis qui réunit des professionnels de santé indépendants (chirurgiens, oncologues, psychologues, infirmières, etc.) et soutenue par la Ligue nationale contre le cancer. Le groupe Isis a contacté 753 femmes ayant subi une mastectomie et a obtenu 245 réponses. Sur les femmes ayant répondu, 41 % n’avaient pas eu recours à la reconstruction. 39 % avaient opté pour une reconstruction différée, plusieurs semaines ou plusieurs mois après l’opération et 20 % avaient bénéficié d’une reconstruction immédiate. «Nous avons constaté que la reconstruction n’est pas encore proposée systématiquement, regrette Marion Pélissier. Pourtant, ce n’est pas une chirurgie de confort. Les femmes qui ont subi une ablation vivent souvent mal leur mutilation. Et la reconstruction donne satisfaction à une grande majorité d’entre elles. Si c’était à refaire, elles le referaient ». S’il est effectué en secteur public, le geste de reconstruction est pris en charge à 100 %. Dans le secteur privé, il y a des dépassements d'honoraires qui ne sont pas toujours pris en charge par des mutuelles. De plus, les soins de support ne sont pas remboursés. «Une reconstruction nécessite notamment des actes de kinésithérapie sur une longue durée pour réapprendre à connaître son corps, poursuit Marion Pélissier. Et ces actes, eux, ne sont pas remboursés ».  

*Découvrez la brochure La reconstruction du sein après un cancer sur www.ligue-cancer.net/shared/brochures/reconstruction-sein-apres-cancer.pdf

« L’éthique pratique se résume à une maxime simple : faire aux autres ce que je voudrais que l’on me fasse. À chaque opération, nous devons évaluer le bénéfice par rapport au risque.

Une intervention vécue comme une mutilation

Chez certaines femmes, l’ablation d’un sein est, elle aussi, vécue comme une mutilation. Malgré les campagnes de dépistage et la précocité des traitements, 30 % des femmes atteintes d’un cancer du sein doivent subir une mastectomie. « Il arrive même que certaines patientes la réclament, constate Charles Meyer, chirurgien-cancérologue à l’hôpital Pasteur de Colmar, car elle ne veulent pas prendre le risque d’une récidive. Certaines pathologies rendent la mastectomie inévitable : le cancer « multifocal » qui comporte plusieurs nodules (des plus petits foyers de cancer se manifestent dans le même quadrant mammaire que la tumeur principale) ou le cancer inflammatoire du sein, qui est une forme particulièrement agressive mais heureusement assez rare, la récidive dans un sein déjà traité et enfin le cancer intracanalaire étendu qui reste cantonné à l’intérieur des canaux galactophoriques (de la taille d’un cheveu). Dans ce dernier cas, on est sûr de la guérison à 100 %, ce qui est une bonne indication pour une reconstruction immédiate ».

Avec ou sans prothèse

Chez certaines femmes, l’ablation d’un sein est vécue comme une mutilation. malgré les campagnes de dépistage et la précocité des traitements, 30 % des femmes atteintes d’un cancer du sein doivent subir une mastectomie.Il existe trois grandes echniques en matière de reconstruction mammaire. Avec la première, la plus simple, on insère une prothèse sous la peau et le muscle pectoral. La seconde associe la prothèse à un lambeau de peau prélevé dans le dos (reconstruction par lambeau de grand dorsal). La troisième, baptisée DIEP (pour Deep inferior epigastric perforator flap), consiste à reconstruire le sein à partir de la graisse abdominale. « C’est la plus compliquée, note le Dr Christelle Santini, chirurgien, chef de clinique en chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique à l’hôpital Saint-Louis à Paris. Chacune présente des avantages et des inconvénients. Pour la pose de la prothèse, l’intervention est courte et le séjour à l’hôpital limité, mais le sein est ferme, et n’a pas la même consistance que l’autre. La seconde technique nécessite une certaine souplesse de la peau. Elle ne peut pas être proposée à tout le monde. Et elle entraîne une nouvelle cicatrice, dans le dos. La DIEP, développée depuis les années 90, donne les meilleurs résultats en termes de consistance et de symétrie. Son énorme avantage est de ne pas utiliser de prothèse. L’opération initiale est plus lourde que les autres, mais, ensuite, on n’a plus besoin d’intervenir ».

En conclusion, quelle technique choisir ?

« Il ne faut pas tromper les femmes, estime pour sa part Charles Meyer. Même si les opérations donnent des résultats magnifiques, le sein reconstruit ne sera jamais son propre sein et la patiente doit en faire son deuil. Chaque situation est unique et ce n’est pas aux médecins d’imposer une reconstruction à tout prix. C’est à chacune de faire son choix. Beaucoup de femmes ne la demandent pas, satisfaites d’être  « guéries », ne souhaitant pas refaire une chirurgie lourde et, finalement, s’accommodent très bien de la prothèse externe ». « Nous devons prendre en compte les instructions particulières de chacun de nos patients, confirme Jean-Paul Meningaud. Pour moi, l’éthique pratique se résume à une maxime simple : faire aux autres ce que je voudrais que l’on me fasse. À chaque opération, nous devons évaluer le bénéfice par rapport au risque ».  Les reconstructions réalisées sur le visage peuvent avoir lieu immédiatement après l’ablation de la tumeur. Le patient doit donc être informé en amont. « Le plus souvent, je m’occupe moi-même de l’ablation de la tumeur et de la reconstruction, précise Jean-Paul Meningaud. Mais la difficulté consiste à savoir si on a enlevé toute la tumeur. Pour cela, il faut une analyse histologique immédiate. Si elle confirme que tout a été enlevé, on peut lancer la reconstruction. Quand on doit attendre quelques jours pour avoir les résultats, on gagne en fiabilité ce qu’on perd en rapidité ». Nicolas Démare

 

*La microchirurgie vasculaire et nerveuse, qui nécessite l’utilisation d’un microscope de la part du chirurgien, se développe depuis les années 70. Elle a permis notamment le développement des greffes, tout d’abord de peau, puis de muscles et de peau, et enfin de zones anatomiques entières (os, muscles et peau). En perpétuelle évolution, cette technique de pointe a notamment permis les greffes de partie entières de visage d’une personne sur une autre.

 

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16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 10:20

Elles sont 400 000 en France à n’avoir pas fait le choix de la reconstruction après une mammectomie.

Entretien avec Sylvie, l’une de ces «amazones» qui vit aujourd’hui avec "un seul sein et une belle cicatrice".


1. J'AI SU ASSEZ TÔT QUE JE VOULAIS RESTER ASYMÉTRIQUE

Lorsque le chirurgien de l’Institut Curie a diagnostiqué mon cancer, j’ai été assommée.

J’avais 47 ans, un mode de vie très sain, je pensais donc être épargnée. Très vite, j’ai décidé pourtant de ne pas baisser les bras, de parler sans tabou de ce cancer, d’oser dire le mot !

Je suis une battante.»

C’est en avril 2009 que Sylvie, jolie secrétaire juridique de 48 ans, apprend la présence de deux tumeurs cancéreuses dans son sein droit.

Au sein gauche, le chirurgien lui détecte aussi des cellules «a priori bénignes, mais à enlever».

Elle doit rapidement subir une mastectomie du sein droit, ainsi qu’une tumorectomie du sein gauche.

«J’ai su assez tôt que je voulais rester asymétrique comme les amazones (du nom de ces guerrières de la mythologie grecque qui se coupaient un sein pour mieux tirer à l’arc).»

 

2. LA RECONSTRUCTION ? JE N’Y AI JAMAIS VRAIMENT PENSÉ

Sylvie décide de prendre une semaine de congés avant son opération, programmée le 30 avril 2009.

«Je voulais préparer au mieux mon hospitalisation, à la fois physiquement et psychologiquement.

Je suis retournée voir mon thérapeute, car j’avais besoin de verbaliser ce qui allait m’arriver, d’exprimer mes doutes, mes angoisses.

Je n’arrêtais pas de m’interroger sur mon devenir physique après l’intervention. Allais-je me trouver encore jolie ?

Pourrais-je toujours mettre certaines robes décolletées ?

Et pourrais-je surtout continuer à pratiquer la danse de salon avec mon mari ? J’étais très focalisée sur ce dernier point !», raconte-t-elle, amusée.


La reconstruction ? Bien sûr, le chirurgien lui en a parlé, «car cela fait partie du parcours de soins».

Pour autant, «ce n’était pas dans l’ordre de mes préoccupations.

Et je crois aujourd’hui, avec le recul, que je n’y ai en fait jamais vraiment pensé, ni avant l’opération, ni après.

C’est comme si, inconsciemment, le choix de devenir amazone s’était imposé de lui-même dans mon esprit ! »

 

Elle concède qu’elle a été «déstabilisée» quand son entourage «a commencé à prononcer le mot».

«Mais j’ai vite rectifié le tir et expliqué mon choix. 

Je ne voulais pas de souffrances supplémentaires.

Et je me doutais bien que la reconstruction, qui nécessite plusieurs opérations, n’allait pas être une partie de plaisir !»


 

3. J’AI PLUTÔT BIEN VÉCU CETTE NOUVELLE APPARENCE

« Étant aussi adepte des médecines douces, ajoute-t-elle, je ne voulais pas d’un corps étranger – une prothèse – dans mon propre corps.

Et, quoi que l’on fasse, un sein perdu est irremplaçable.

Tout le monde a été à l’écoute et a respecté ma décision.»

Sa transformation, Sylvie ne la découvre réellement que le lendemain de l’opération : «Je n’ai pas regardé ma cicatrice tout de suite, je l’ai découverte dans le miroir, avec ma mère, lorsque celle-ci est venue me faire ma toilette.

Malgré ce que j’avais pu croire, j’ai plutôt bien vécu la perte de mon sein et cette nouvelle apparence.

Et ma cicatrice, j’en ai pris soin.»

Chez le kinésithérapeute d’abord, puis chez elle, en la massant, presque affectueusement.

«C’est vrai qu’au début, on n’ose pas la toucher, car c’est une zone sensible. 

Et ça fait une sensation bizarre de parcourir de la paume ce qui n’existe plus», reconnaît Sylvie.

Progressivement, elle tente de s’habituer à ce nouveau buste et d’apprivoiser son reflet asymétrique.

Elle veut rester féminine et coquette. «C’était un défi pour moi ! Au début, mes angoisses relevaient de l’ordre vestimentaire : je voulais continuer à prendre soin de moi et paraître jolie.

C’était un rempart contre la maladie.

Pourtant, quelques mois après l’opération, j’ai eu un gros coup de déprime, tel un retour de balancier.»

Car, malgré ses espoirs, «rien n’est plus pareil.

On se tient courbée pour cacher le sein manquant, on n’ose plus porter des vêtements proches du corps…»


 

4. JE VOULAIS RESTER EN ACCORD AVEC MOI-MÊME

«Je me suis alors demandé si j’avais fait le bon choix.

Mais je voulais rester en accord avec moi-même : j’ai donc relevé la tête et décidé de ne pas me laisser perturber par mes propres peurs.»

Sylvie porte une prothèse externe, parfois difficile à masquer.

Elle décide alors de faire de son asymétrie un atout.

C’est l’achat d’une superbe robe avec une seule bretelle qui lui redonne confiance en elle.

«Cet épisode a joué un rôle de détonateur.

Je me suis rendu compte que je m’étais créé seule des barrières parce que je connaissais la vérité sur mon asymétrie.

Et cela m’empêchait de vivre pleinement mes envies.

Alors que cette robe, même avec une prothèse à la place du sein, n’en était pas moins très seyante !»

L’étape suivante vers la libération intérieure, Sylvie la franchit en faisant peindre, de façon éphémère, un oiseau en couleurs sur sa cicatrice.

 

Tatouage-Amazone.jpg


Et surtout, en décidant d’exposer, en juin 2010, cette photo sur le site de l’association «Les Amazones s’exposent».

«Avec ce dessin qui faisait oublier mon sein manquant, ainsi que ma cicatrice, je ne m’en trouvais pas moins jolie et… en accord avec moi-même !», s’exclame-t-elle.

 

5. CHAQUE FEMME A LE DROIT DE CHOISIR SON DEVENIR PHYSIQUE

Cette photo a ému nombre d’internautes, amazones ou non.

Sylvie en est très heureuse : «J’ai reçu beaucoup de messages, mon dessin a touché d’autres femmes.

Si cela peut participer à lever le tabou sur la représentation qu’a la société de la réalité asymétrique, mon pari est gagné.

Chaque femme, même malade, a le droit de choisir son devenir physique : rester asymétrique ou se faire reconstruire, peu importe.

L’essentiel est que l’on nous donne le choix

 

Mis à jour le Vendredi 24 Juin 2011 sur le Clic SITE 

 

 

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21 février 2013 4 21 /02 /février /2013 11:00

europadonna france petit

Sources : Docteur Jean Masson - INCa
La reconstruction mammaire fait actuellement partie intégrante du traitement du cancer du sein. Elle doit être réalisée idéalement par des chirurgiens plasticiens connaissant tout particulièrement la chirurgie cancérologique du sein ainsi que tous les traitements médicaux carcinologiques.
Beaucoup de femmes y ont recours après une chirurgie mammaire non conservatrice (ou mastectomie). Une reconstruction est plus rarement nécessaire après une chirurgie conservatrice (ou tumorectomie) mais, même dans ce cas, vous pouvez en bénéficier, notamment lorsque les résultats esthétiques ne vous satisfont pas pleinement (différence de forme ou de volume trop marquée entre les deux seins ou déformation importante du sein traité).
La reconstruction mammaire est prise en charge à 100 % dans le cadre de l’ALD (affection longue durée) par l’assurance maladie. Cependant, certains établissements pratiquent des dépassements d’honoraire qui restent à votre charge. N’hésitez pas à vous renseigner avant l’intervention.
La reconstruction mammaire doit être évoquée dès la première consultation du cancérologue et doit être proposée à toutes les patientes.
La reconstruction mammaire permet de reconstruire le volume du sein manquant, de symétriser le sein contro-latéral et de reconstruire l’aréole et le mamelon. Il se peut que deux interventions soient nécessaires, avec un délai de trois mois entre les deux temps opératoires.
Chaque cancer est particulier et nécessite une reconstruction appropriée (immédiate ou différée, par implant ou par lambeau). Au cours de la consultation et après vous avoir examinée, le chirurgien vous explique la ou les techniques les mieux adaptées à votre situation. Un temps de réflexion vous est toujours proposé afin de vous familiariser avec les options proposées.

RECONSTRUCTION PAR PROTHÈSE ET RECONSTRUCTION PAR LAMBEAU


Il existe deux principales méthodes de reconstruction mammaire, parfois associées : la mise en place d’une prothèse interne (implant mammaire) et l’utilisation de tissus provenant d’autres parties du corps (reconstruction par lambeau). 
Le type de chirurgie reconstructive choisi dépend :
  • de l’étendue de la chirurgie du cancer et de la quantité de tissu retirée du sein ; 
  • des traitements complémentaires, comme la radiothérapie, qui peut engendrer des changements cutanés ; 
  • de la quantité de tissu disponible pour la reconstruction ; de la santé du tissu dans la région à reconstruire ; 
  • de la taille et de la forme de l’autre sein ; de votre état de santé général et de vos troubles de santé existants éventuels ; 
  • de votre constitution corporelle ; 
  • de vos préférences et de vos attentes.
De manière générale, 70 à 80 % des reconstructions sont effectuées par prothèse. L’alternative est le recours aux techniques de lambeaux musculo-cutanés.

RECONSTRUCTION PAR PROTHÈSES INTERNES


Pour reconstruire le volume mammaire, lorsque la peau est de bonne qualité, la méthode la plus simple est l’utilisation d’une prothèse.

Depuis janvier 2001, les prothèses utilisées sont des prothèses en gel de silicone, anatomiques, à bases larges et adaptées au volume du sein contro-latéral.
Les prothèses disponibles sur le marché, tant dans leur projection que dans leur bas et leur hauteur, permettent actuellement de s’adapter au mieux au volume du sein contro-latéral.
Ces prothèses sont positionnées idéalement en arrière du muscle grand pectoral. Pour les mettre en place, on utilisera toujours la cicatrice de mastectomie dans sa partie externe. Un drainage de courte durée est réalisé pour éviter la formation d’un hématome.
Les douleurs post-opératoires, qui peuvent parfois durer plusieurs semaines, sont dues à la position rétro-musculaire de la prothèse. Elles s’atténuent progressivement grâce à l’aide d’antalgiques.
Un soutien-gorge et une bande de contention sont prescrits pendant un mois pour maintenir la position idéale de l’implant et éviter son déplacement lors de la contraction du muscle grand pectoral.
La radiothérapie antérieure n’est pas une contre-indication à la mise en place d’un implant si la peau est de bonne qualité.
Un délai de six mois à un an après la fin de la radiothérapie est considéré comme raisonnable avant toute reconstruction mammaire.
Une rétraction péri-prothétique ou coque peut survenir dans un délai imprévisible post-opératoire pouvant aller d’un mois à 5 ou 10 ans après l’intervention chirurgicale.
Lorsque la rétraction est importante, le sein reconstruit devient dur, sphérique ou douloureux. Cette rétraction, ou coque péri-prothétique, est gênante dans 20 à 30 % des cas, pouvant justifier une reprise chirurgicale avec capsulotomie et éventuellement changement de prothèse.
Les prothèses texturées, utilisées en reconstruction mammaire semblent diminuer le nombre de coques.
Les ruptures de prothèse sont devenues rares, car les enveloppes des prothèses sont plus épaisses et les gels utilisés sont plus cohésifs. En cas de rupture d’une prothèse à forte cohésivité, la silicone reste in situ et ne diffuse pas en dehors du sein reconstruit.
Après la mise en place d’une prothèse, une fossette interne peut être décrite, avec un coup de hache inesthétique à l’union des quadrants internes du sein reconstruit lors de la contraction du muscle grand pectoral. Cette fossette interne peut être évitée en conservant les fibres les plus internes du muscle grand pectoral.
La mise en place d’une prothèse est la méthode la plus simple et la plus fréquemment pratiquée en reconstruction mammaire.
Elle nécessite une information pré-opératoire rigoureuse, un suivi clinique et radiologique régulier, la patiente étant informée que les prothèses ne sont jamais définitives et doivent être raisonnablement changées après un délai de 12 à 15 ans.



LE LAMBEAU DE GRAND DORSAL


Lorsque la peau est abîmée par la radiothérapie et que sa souplesse est insuffisante pour l’introduction d’une prothèse, un lambeau musculo-cutané de grand dorsal est le plus souvent utilisé.

Il peut être utilisé seul ou le plus souvent associé à une prothèse. Ce lambeau de réalisation simple est très utilisé en chirurgie plastique. Une cicatrice verticale est cachée sous le bras ou une cicatrice horizontale cachée dans le soutien-gorge est réalisée pour prélever ce lambeau de grand dorsal.
Cette cicatrice de prélèvement du muscle grand dorsal peut être de mauvaise qualité et notablement élargie lorsque la quantité de peau prélevée au niveau du dos est supérieure à 10 cm de large.
Les séquelles au niveau de la mobilité de l’épaule sont minimes voire inexistantes. Le retentissement sur la vie professionnelle est négligeable, l’activité sportive est conservée. Le lambeau de grand dorsal, avec ou sans prothèse, permet d’apporter des tissus bien vascularisés au niveau de la zone de mastectomie et permet une reconstruction de bonne qualité.
Ce lambeau, dont le prélèvement est techniquement facile et rapide, est largement utilisé en reconstruction mammaire. Dans certains cas, pour reconstruire le volume mammaire, lorsqu’une prothèse ne peut être utilisée seule et que le sein contro-latéral est d’un volume important avec une base large et ptosé, un lambeau de grand dorsal ne pourrait suffire à reconstruire le sein amputé.
Dans ce cas, si les conditions anatomiques abdominales le permettent, un lambeau de grand droit de l’abdomen peut être proposé.


LAMBEAU DE GRAND DROIT DE L'ABDOMEN


Un excès cutanéo-graisseux abdominal sous-ombilical, voire un abdomen en besace débordant le pubis, représentent les meilleures conditions pour réaliser ce type de reconstruction.

Le sein reconstruit avec des tissus autologues (un tissu ou de cellules provenant de son organisme à soi et administrés à soi) sans prothèse, présente l’avantage de vieillir de la même façon que le sein contro-latéral.
La cicatrice du prélèvement du lambeau de grand droit de l’abdomen (TRAM FLAP : Transverse Rectus Abdominis Muscle) se trouve idéalement dans la région sus-pubienne comme lors de la réalisation d’une plastie abdominale. Une cicatrice péri-ombilicale est associée.
L’intervention reste longue et lourde avec des risques thrombo-emboliques non négligeables.
Les séquelles au niveau de la paroi abdominale existent avec des risques d’éventration ou de voussure pariétale, malgré l’utilisation systématique d’une plaque synthétique de renfort musculaire abdominale.
Une nécrose partielle du lambeau est décrite dans certains cas, avec possibilité de réintervention chirurgicale vers le 10ème jour post-opératoire.
Pour diminuer ces risques au niveau de la paroi abdominale et les nécroses localisées du lambeau,un lambeau micro-chirurgical type DIEP (Deep Epigastric Inférior Perforator) peut être proposé.
Il s’agit d’un lambeau identique avec la même palette cutanéo-graisseuse mais sans aucun sacrifice musculaire abdominal, avec anastomose micro-chirurgicale des vaisseaux épigastriques inférieurs assurant la vascularisation de ce lambeau au niveau des vaisseaux de l’aisselle.
Si dans ce cas, la paroi abdominale est solide, sans utilisation de plaque synthétique et avec des risques de nécrose nettement diminués au niveau du lambeau, cette intervention est longue et peut durer entre 6 et 8 heures. Elle doit être réservée à des équipes chirurgicales entraînées, maîtrisant les techniques de micro-chirurgie.


PLASTIE MAMMAIRE DE SYMÉTRISATION


La plastie mammaire de symétrisation utilise toutes les techniques habituelles de plastie mammaire de réduction et de cure de ptose.
Des mammographies pré-opératoires du sein contro-latéral sont réalisées de façon systématique et les tissus glandulaires retirés sont adressés systématiquement en anatomopathologie.

RECONSTRUCTION ARÉOLE ET MAMELON


La reconstruction de la plaque aréolo-mamelonnaire est idéalement réalisée à l’aide d’une greffe de peau totale prélevée au niveau du sillon génito-crural au niveau de la face interne de la cuisse, avec une cicatrice placée idéalement dans le pli génito-crural.

Le mamelon est réalisé avec un lambeau local cutané ou une greffe de mamelon contro-latéral si celui-ci est d’un volume suffisant.
Pour les patientes souhaitant une reconstruction simple de l’aréole et du mamelon sans prise de greffe, un tatouage peut être proposé. Celui-ci peut être réalisé en externe sans anesthésie avec un aspect moins naturel et une tendance à s’éclaircir plus ou moins rapidement.

LE POINT SUR LES PROTHÈSES P.I.P.

Prothèses mammaires: la Société française de sénologie s'efforce de rassurer les patientes

PARIS, 20 janvier 2012 (APM) - La Société française de sénologie et de pathologie mammaire (SFSPM), s'est voulue rassurante sur les prothèses mammaires et a regretté que les femmes opérées pour un cancer du sein se privent de reconstruction.
"Il n'y a aucun argument en faveur d'un sur-risque de cancer du sein", soulignent le Dr Richard Villet (Groupe hospitalier Diaconesses Croix Saint-Simon, Paris), président de la SFSPM et membre correspondant de l'Académie, le Dr Nathalie Bricout, chirurgien plasticien à Paris, le Dr Rémy Salmon, chef de service du département de chirurgie oncologique de l'Institut Curie (Paris), et le Dr Luc Ceugnart, radiologue au Centre Oscar Lambret à Lille.
Le problème des prothèses de la société PIP est le caractère irritant du silicone insuffisamment purifié qui a été utilisé et est inflammatoire en cas de fuite, ont-ils fait valoir. De plus, leur enveloppe étant plus fragile, ces prothèses s'usent en trois-quatre ans au lieu d'avoir une durée de vie moyenne de 10 ans, ce qui augmente le risque de fuite, a expliqué le Dr Bricout qui n'utilisait pas ces produits dans sa pratique ayant peu confiance en cet industriel qui avait déjà par le passé mis sur le marché deux produits "pas bons" ("des prothèses préremplies de sérum physiologique qui se sont rompues en trois ans et un hydrogel qui devenait liquide à 37°C").
… "Il n'existe pas de preuves d'un sur-risque de cancer du sein. Les cancers qui ont été décelés chez des porteuses de prothèses PIP viennent du fait qu'elles ont eu plus de mammographies et qu'à cette occasion, on a découvert des cancers", a estimé le Dr Salmon….

Lire l’intégralité du communiqué surle site APM NEWS, le site de l'ANSMet le site de l'INCa

Lire l'article sur le site de l' ARS

CONCLUSION

Chaque cancer est particulier et nécessite une reconstruction appropriée (immédiate ou différée, par implant ou par lambeau). Au cours de la consultation et après vous avoir examinée, le chirurgien vous explique la ou les techniques les mieux adaptées à votre situation. Un temps de réflexion vous est toujours proposé afin de vous familiariser avec les options proposées.

Si les traitements conservateurs ont beaucoup augmenté ces 10 dernières années, les indications de mastectomie restent encore fréquentes.
Les reconstructions après mastectomie sont de mieux en mieux codifiées.
Les reconstructions par prothèse, représentant 80% des reconstructions mammaires, donnent actuellement d’excellents résultats grâce au large choix de prothèses disponibles sur le marché. Les lambeaux musculo-cutanés, réalisés dans 20% des cas, sont réservés au cas ne pouvant bénéficier de prothèse.
Texte et photos extraits, avec son aimable autorisation, du site du Docteur Jean Masson.

 08/11/2012

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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 10:30

 

 

Avant propos


Les informations contenues dans ce livret ont pour objet de vous donner les principaux renseignements pouvant vous aider à décider de bénéficier d’une reconstruction du sein.

Veuillez vous souvenir que la décision d’une reconstruction mammaire est un choix personnel que vous devez faire après information et après un temps de réflexion personnelle. L’esprit de ce livret est de vous fournir une information sincère, claire et loyale, mais aucun document ne peut vous apporter toutes les réponses. Aussi, n’hésitez pas à poser à votre chirurgien toutes les questions que vous souhaitez.


 

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Introduction


Chaque année en France 47000 femmes font face au diagnostic de cancer du sein. Aujourd’hui, pourtant, les conséquences physiques et psychologiques sont bien différentes de ce qu’elles étaient dans le passé. Des avancées ont été réalisées dans le diagnostic, le traitement et la surveillance des patientes atteintes du cancer du sein. Associées aux progrès des techniques de reconstruction mammaire, elles permettent aux patientes de bénéficier de nouveaux choix : la reconstruction mammaire est maintenant une option que les femmes peuvent librement discuter avec leur médecin. La profession médicale reconnaît maintenant les besoins et les droits des femmes à bénéficier d’une reconstruction du sein après mastectomie. Les seins représentent, pour la femme, une part importante de sa féminité combinant sa symbolique maternelle à son attraction sexuelle. La signification des seins dépasse les considérations purement réalistes et l’importance symbolique des seins persiste d’ailleurs toute la vie.

Presque toutes les femmes peuvent bénéficier d’une reconstruction mammaire sans limite d’âge, de traitement initial ou de nombre d’années écoulées depuis l’ablation du sein. En cas de radiothérapie sur la paroi, un délai d’environ 1 an est recommandé avant de réaliser la reconstruction (reconstruction mammaire différée). En l’absence de radiothérapie, la reconstruction est possible dans le même temps opératoire que l’ablation du sein (reconstruction mammaire immédiate).

Le but d’une reconstruction mammaire est de retrouver une symétrie des seins quand la patiente porte un soutien-gorge, ou est habillée. La différence entre le sein reconstruit et le sein restant peut être remarquée lorsque la patiente est nue. La qualité finale de la reconstruction dépend beaucoup des tissus locaux(peau et muscle) et en particulier de la tolérance cutanée à la radiothérapie.

La décision d’avoir une reconstruction du sein doit être prise par une patiente bien informée. On dispose actuellement de toute une palette de techniques chirurgicales permettant d’offrir une solution adaptée à chaque patiente. En fonction de nombreux facteurs (désirs de la patiente, état des tissus locaux, tissus que l’on peut prélever, contre-indications générales, statut cancérologique, sein opposé), le chirurgien plasticien choisira, en accord avec la patiente, la technique la plus adaptée parmi les techniques actuellement disponibles pour reconstruire un sein. Lors des consultations, la présence d’un proche (neutre, bienveillant et aimant) est une aide certaine pour la patiente.

 

 

 

Qu’est ce qu’une reconstruction mammaire?


La reconstruction mammaire est un procédé chirurgical qui, après l’ablation d’un sein, restaure les contours d’un sein. Dans un deuxième temps, le chirurgien reconstruira le mamelon et l’aréole (la surface marron autour du mamelon) et réalisera, si nécessaire, une plastie du sein controlatéral pour obtenir la symétrie finale.

Il y a deux grands types d’interventions: celles qui utilisent une prothèse mammaire et celles qui utilisent les propres tissus de la patiente (reconstructions autologues) . Le choix dépend de la quantité et de la qualité des tissus locaux, du désir de restaurer la meilleure symétrie mammaire possible, des antécédents de radiothérapie , et des contraintes engendrées par le site de prélèvement. Le chirurgien et la patiente discuteront du meilleur choix possible en fonction de ces critères.


Qui peut avoir une reconstruction mammaire ?


La reconstruction mammaire est très souvent une possibilité pour les femmes qui ont eu une ablation totale de leur sein. La plupart des patientes peuvent bénéficier d’une reconstruction mammaire.

La majorité des femmes choisissent d’attendre un certain temps après la chirurgie initiale d’ablation du sein. Attendre peut être aussi proposé par le chirurgien pour diverses raisons : délai d’environ 1 an après la fin de la radiothérapie ; surpoids, hypertension artérielle ou tabagisme à corriger avant la reconstruction. De même si une radiothérapie ou une chimiothérapie doit être effectuée rapidement après l’ablation du sein, le chirurgien préférera différer la reconstruction du sein. Durant cette période d’attente, nous vous conseillons de réaliser un assouplissement de la peau thoracique par des massages concentriques partant de la région costale basse et remontant progressivement en région pariétale haute. Ces manœuvres permettent d’améliorer la vascularisation locale et la souplesse cutanée locale contribuant ainsi à de meilleurs résultats de la reconstruction mammaire différée.

Etre informée des options thérapeutiques vous permettra d’envisager de manière positive lareconstruction mammaire et donc votre vie future.

Les différents procédés de reconstruction mammaire


 

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Les différents procédés de reconstruction mammaire

 


Les techniques utilisant une prothèse mammaire


 Prothèse mammaire seule

C’est la solution la plus simple techniquement. Elle consiste à introduire par la cicatrice de mastectomie une prothèse sous le muscle grand pectoral. L’enveloppe de cette prothèse est en silicone et le contenu est composé de sérum physiologique ou de gel de silicone. Cette technique ne nécessite pas de cicatrice supplémentaire, ni de prélèvement musculaire. L'hospitalisation est de 3 à 4 jours. Les inconvénients principaux sont :

- Le risque de durcissement et de déformation du sein (c’est la coque périprothétique ).

- Une symétrie mammaire durable rarement obtenue (le sein prothétique ne “ vieillit ” pas de la même manière que le sein restant).

- Le risque de dégonflement de la prothèse (dont le moment de survenue est imprévisible) en cas de prothèse gonflée au sérum physiologique et celui de siliconome en cas de prothèse pré-remplie de gel de silicone. Il faut retenir que les prothèses ont une durée de vie limitée imposant la nécessité de changer ces prothèses environ tous les 10 ans (avant, en cas de problème; après, si tout est parfait). Actuellement, nous utilisons les prothèses pré-remplies de gel de silicone qui donnent de meilleurs résultats morphologiques et une consistance plus satisfaisante que celle gonflées au sérum physiologique.



Expansion tissulaire par prothèse puis prothèse définitive

Elle consiste à distendre progressivement la peau thoracique du muscle grand pectoral par une prothèse gonflable. Le chirurgien injecte du sérum physiologique à travers une petite valve placée sous la peau. Le rythme est en général hebdomadaire et dure deux à trois mois. Ensuite lors d’une deuxième intervention, il remplacera cette prothèse gonflable par une prothèse définitive. Les avantages de cette technique sont de pouvoir reconstruire des seins de volume conséquent et de donner la possibilité à la patiente d’apprécier le volume souhaité. Les inconvénients sont les mêmes qu’avec une prothèse seule avec un temps opératoire supplémentaire et les contraintes liées au gonflage hebdomadaire. Enfin cette technique n’est utilisable que lorsque les tissus locaux sont de bonne qualité ; elle est moins indiquée en cas d’irradiation de la paroi thoracique (radiothérapie), ce qui en réduit beaucoup les indications.

 


Lambeau musculocutané de grand dorsal avec prothèse

Lorsqu’il existe un tissu cutané de mauvaise qualité ou un déficit cutané quantitatif trop important pour obtenir un résultat satisfaisant par prothèse seule, il faut apporter du tissu sain bien vascularisé. Cette technique consiste à transférer sur le thorax, de la peau et du muscle provenant du dos de la patiente par un tunnel sous-cutané, et de mettre en place une prothèse sous le lambeau pour donner le volume souhaité. C’est une technique classique et bien codifiée. Les inconvénients sont ceux liés à l’utilisation d’une prothèse, la présence d’une cicatrice dorsale et la gêne dorsale transitoire liée au prélèvement, la différence de couleur et de texture de la peau donnant un effet de “ pièce rapportée ”, et la survenue fréquente de séromes dorsaux (poches de liquide dans le dos) qui peuvent nécessiter plusieurs ponctions durant la période post-opératoire.


 

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Les techniques sans prothèse mammaire : reconstructions autologues

 


Lambeau de grand dorsal sans prothèse

Technique mise au point dans notre équipe, elle est de plus en plus utilisée et s’impose progressivement comme la technique donnant les résultats les plus naturels et les plus constants en des mains entrainées. Comme dans la technique classique du lambeau de grand dorsal, on transpose une palette cutanéo-graisseuse sur le muscle grand dorsal, en additionnant différentes zones graisseuses du dos qui se servent du muscle comme vecteur. Le volume du lambeau est ainsi considérablement augmenté et permet de se passer de prothèse dans environ 96% des cas (en intégrant le temps de lipomodelage). En cas de reconstruction différée, nous combinons souvent un lambeau d’avancement abdominal qui permet de gagner du volume et de créer l’apport cutané qui recevra le lambeau qui donnera le volume souhaité. La palette cutanée peut être alors souvent supprimée et enfouie, évitant dans ce cas l’effet de pièce rapportée. En cas de reconstruction immédiate, il est très souvent possible de réaliser une mastectomie avec conservation de l’étui cutané : le lambeau est alors enfoui dans sa plus grande partie, à l’exception d’un rond aréolaire qui servira ultérieurement à refaire la plaque aréolo-mamelonnaire (mamelon et aréole).

C’est une technique fiable donnant une consistance et une forme naturelles du sein reconstruit. Celui ci s’intègre bien dans le schéma corporel de la femme. Ses inconvénients sont : la cicatrice dorsale, la douleur dorsale post-opératoire et la gêne dorsale transitoire, et la survenue de séromes dorsaux (poches de liquides dans le dos) qui peuvent nécessiter plusieurs ponctions durant la période post-opératoire. Lors du temps de reconstruction de la plaque aréolo-mamelonnaire, il est souvent possible d’améliorer le résultat par lipomodelage du sein reconstruit. Cette technique de lipomodelage, dérivée de la chirurgie esthétique du visage, a été mise au point dans le service pour corriger d’éventuelless imperfections tel qu’un manque de projection, ou un manque de volume, ou une manque de plénitude de la partie haute du sein. Cette technique consiste à prélever de la graisse sur un site donneur (ventre le plus souvent ou hanches), par liposuccion à la seringue, à centrifuger cette graisse, puis à la transférer dans le sein reconstruit pour améliorer le volume et le résultat. Il faut hypercorriger la quantité transférée de façon à obtenir le résultat escompté à environ 3 mois post-opératoires. Le site de prélèvement est le siège d’ecchymoses et d’œdème qui mettent environ 3 mois à disparaître.

Le lipomodelage du sein reconstruit peut être réalisé de la même façon avec la technique du lambeau de grand dorsal avec préservation partielle du muscle grand dorsal (ou muscle sparing latissimus latissimus dorsi MSLD). Cette technique mise au point dans notre équipe au sein de l’Unité de Chirurgie plastique et reconstructrice du Centre Léon Bérard est une variante du lambeau de grand dorsal sans prothèse et consiste à ne prélever que la partie antérieure du muscle grand dorsal. Elle permet dans certains cas sélectionnés de limiter ainsi le prélèvement musculaire. Par contre, elle nécessite souvent un temps de lipomodelage supplémentaire et n’est finalement intéressante que pour les patientes ayant un petit sein et une bonne stéatomérie prélevable.


 Lambeau de grand droit de l’abdomen ( TRAM)

Cette technique utilise la palette cutanéo- graisseuse sous ombilicale nourrie par le muscle grand droit de l’abdomen. Le lambeau est passé sous un tunnel cutané puis modelée. La fermeture abdominale se fait comme lors d’une abdominoplastie (intervention enlevant l’excès de peau et de graisse au niveau du ventre) et engendre donc une cicatrice abdominale inférieure sur toute la largeur de l’abdomen.

L’avantage principal est de pouvoir reconstruire un sein sans ajout de prothèse et de volume important si nécessaire. Les inconvénients sont nombreux : C’est une intervention délicate entraînant une perte sanguine plus importante (possibilité d’autotransfusion), une convalescence postopératoire plus longue qu’avec une reconstruction par muscle grand dorsal, un effet de pièce rapportée sur le sein reconstruit, une fragilisation de la paroi abdominale avec un risque d’éventration. Enfin il existe un petit risque de nécrose partielle de la palette transférée , qui peut conduire à réaliser une reprise chirurgicale (ce risque est plus important chez les fumeuses, les diabétiques, et en cas d’antécédents de radiothérapie). L’indication idéale de cette technique est la patiente qui présente un excès cutanéo-graisseux abdominal inférieur dont elle souhaite réaliser la correction par une abdominoplastie.


 Lambeaux libres micro-chirurgicaux

 

Il s’agit principalement des lambeaux libres de grand droit de l’abdomen (TRAM libre ou DIEP) et de grand fessier inférieur. La peau, la graisse et le muscle de ces sites donneurs sont prélevés après avoir coupé les vaisseaux (l’artère et la veine) qui les nourrissent ; pour que les tissus restent vivants, les vaisseaux seront réanastomosés (recousus) à des vaisseaux proches du thorax à l’aide de lunettes grossissantes ou d’un microscope opératoire . Ce sont des interventions très longues et délicates avec des contraintes techniques importantes (microscope, travail en double équipe) et un risque de nécrose totale du lambeau. Les indications de cette technique sont pour nous exceptionnelles, et ces interventions sont habituellement réservées aux cas pour lesquels les autres techniques ne sont pas utilisables dans de bonnes conditions.


Reconstruction mammaire par lipomodelage exlusif

Cette technique nouvelle technique de reconstruction mammaire autologue, mise au point en 2001 dans notre équipe. En effet constatant l’efficacité importante du lipomodelage (développé en 1998 dans notre équipe) en complément des reconstructions par lambeaux, nous avons proposé de reconstruire le sein par des transferts graisseux itératifs. Cette trchnique est en plein développement dans le monde, notamment en complément du systême BRAVA. Les indications idéales sont les patientes ayant un petit sein et présentant un excès graisseux important au niveau des cuisses et/ou du ventre. Elle consiste à reconstruire le sein en plusieurs étapes par des transferts itératifs de tissu graisseux. Son principe est séduisant car elle permet d’obtenir une reconstruction autologue avec peu de contraintes post-opératoires et peu de séquelles au niveau du site de prélèvement, voire dans certains cas un bénéfice secondaire sur le site de prélèvement. Notre travail de développement et d’évaluation consiste à mettre au point les artifices techniques visant à en élargir les indications, notamment pour l’utilisation combinée d’un dispositif d’expansion externe type BRAVA, développé afin d’expandre les tissus locaux pour faciliter la greffe de tissu graisseux.


Reconstruction mammaire par lambeau pectoro-mammaire

Cette technique, mise au point en 1998 dans notre équipe, est d’indication peu fréquente (nécessité d’une gigantomastie du sein controlatéral). Elle consiste à utiliser l’excès de tissu glandulaire controlatéral d’une gigantomastie, pédiculé sur les perforantes du muscle Grand Pectoral, et à le transférer dans le site de mastectomie par un tunnel sous cutané inter mammaire. La peau du sein reconstruit étant reconstruite par un lambeau d’avancement abdominal. Le volume est apporté par le lambeau pectoro-mammaire à pédicule acromio-thoracique. Au niveau du sein donneur, on réalise une réduction par la technique à pédicule supéro-externe, à cicatrices périaréolaire et en « T » inversé. Un deuxième temps chirurgical comprend un lipomodelage, une lipoaspiration des contours mammaires, une plastie mammaire controlatérale éventuelle, et la réfection de la plaque aréolo-mamelonnaire.

Dans cette technique, il est important de souligner que la surveillance clinique et radiologique devra se poursuivre de façon bilatérale, car la patiente se retrouve avec du sein normal sur ses deux seins, avec la possibilité de l’éventuelle survenue d’un nouveau cancer du sein des 2 côtés qui devra alors être diagnostiqué et traité.

Reconstruction de l’aréole et du mamelon

Cette étape interviendra lorsque le sein reconstruit aura pris sa place définitive, c’est à dire 2 à 4 mois après la reconstruction mammaire.

L’aréole peut être reconstruite en prélevant une partie de l’aréole du sein restant, de la peau de la région de l’aine, ou le plus souvent par tatouage.

Le mamelon peut être reconstruit en prélevant une partie du mamelon de l’autre sein, ou grâce à la réalisation de petits lambeaux locaux. Votre chirurgien discutera avec vous de la technique la plus appropriée à votre cas.

Cette intervention se fait sous anesthésie locale, en ambulatoire. Si une plastie de symétrisation (sous anesthésie générale) du sein controlatéral est nécessaire, l’aréole et le mamelon sont alors reconstruits dans le même temps.

 

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Votre chirurgien plasticien


Lui poser des questions

            Il est très important que vous posiez à votre chirurgien toutes les questions auxquelles vous pensez. Les informations contenues dans ce livret ne sont en effet pas exhaustives. Une bonne information vous aidera à choisir de bénéficier ou non d’une reconstruction mammaire. Voici une liste d’exemples de questions qui nous ont été posées. Vous pouvez en écrire d’autres dès que vous y pensez.

Exemples de questions

            Est-ce que je peux bénéficier d’une reconstruction mammaire ?

            Quelles sont les techniques possibles dans mon cas précis ?

            Quel est le meilleur choix ? Pourquoi ?

            Avez vous beaucoup d’expérience avec cette technique ?

            Pourrais je voir des photos (bonnes ou mauvaises) de vos résultats ?

            Quel résultat espérer ?

            Est-ce-que le sein reconstruit sera très différent du sein originel ?

            Le sein reconstruit sera-t-il sensible ?

            Quelles sont les complications que je pourrais rencontrer ?

            L’opération est-elle douloureuse ?

            Combien de temps vais-je rester à l’hôpital ?

            Vais je devoir subir une transfusion ? Si oui, pourrais je donner mon propre sang ?

            Combien de temps après l’opération pourrais-je retrouver une activité normale ?

            Quelle sera la durée d’arrêt de travail ?

            Quand pourrais-je reprendre le sport ? Serais-je gênée dans la pratique de mon sport ?

            Pourrais-je conduire ma voiture ?

            Serait-il possible de rencontrer des patientes ayant subi cette intervention?

            Est-ce que la reconstruction peut gêner une chimiothérapie ou une radiothérapie ?

            Le sein reconstruit peut il masquer une récidive de mon cancer ?

            Quels sont les changements d’aspect que subira le sein reconstruit ?

            Que se passera-t-il si je grossis ou si je maigris ?

            En cas de prothèse, faudra t-il la changer et quand ?

            L’opération est elle prise en charge par la sécurité sociale ?

 


 

Avant votre intervention


Planification de votre intervention chirurgicale

Vous pouvez commencer à parler de reconstruction mammaire dès que le diagnostic de cancer du sein est évoqué. Vous parlerez au chirurgien qui pratiquera l’ablation du sein pour qu’il prenne contact, si nécessaire, avec le chirurgien plasticien. Ensemble, ils établiront un protocole thérapeutique vous permettant de bénéficier d’une reconstruction mammaire dans les meilleures conditions possibles.

Après un examen clinique, le chirurgien plasticien vous expliquera toutes les possibilités techniques adaptées à votre cas. Vous devrez discuter avec lui de vos attentes. Rappelez-vous que la reconstruction mammaire après mastectomie peut améliorer considérablement votre apparence, votre bien-être et votre qualité de vie. Mais il faut bien comprendre que la reconstruction mammaire a ses limites et que vous ne pourrez jamais retrouver votre sein originel.

Un bilan biologique sera effectué avant votre intervention. La consultation avec le médecin anesthésisteaura lieu durant le mois précédent l’intervention (apporter tous les éléments particuliers correspondant à vos antécédents médicaux ou anesthésiques, accompagnés d’une lettre de votre médecin traitant en cas de problème ou de traitement spécifiques).

Les conseils à respecter

            Le chirurgien vous donnera des instructions spécifiques afin de réduire le risque de complications opératoires et postopératoires. Il s’agit principalement d’éviter l’alcool, la cigarette (arrêt impératif du tabagisme 1 mois avant et 1 mois après l’intervention ) et les médicaments susceptibles de favoriser les saignements et les hématomes (en particulier, arrêter les médicaments à base d’aspirine et les anti-inflammatoires 15 jours avant l’opération). Dès le lendemain de l’intervention, la marche est recommandée ( aller dans le couloir et marcher) car elle réduit le risque de phlébite et raccourcit la phase de récupération post-opératoire. En fonction de la technique de reconstruction choisie et de votre entourage familial, il faudra éventuellement prévoir de vous faire aider lors de votre retour à domicile


 

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Les risques opératoires possibles

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La reconstruction mammaire peut exposer, comme toute chirurgie sous anesthésie générale, à des complications comme une hémorragie, un hématome, une infection, ou des complications de l’anesthésie. Une nécrose du lambeau est possible, mais est exceptionnelle en cas d’utilisation de lambeau pédiculé (conservant sa vascularisation), plus fréquente en cas de lambeaux libres (réanastomosés par microchirurgie). Cette nécrose est toujours une épreuve importante à passer pour la patiente et son chirurgien, et tout doit être fait pour que ce risque reste exceptionnel (qualité de l’indication, expérience du chirurgien). Les complications de l’anesthésie générale, potentiellement graves, sont devenues exceptionnelles actuellement.

Les patientes fumeuses ont un risque plus élevé de retard de cicatrisation, particulièrement si elles ont eu une radiothérapie de la paroi thoracique. La qualité de la cicatrice finale peut alors en pâtir. Quelquefois ces complications peuvent nécessiter une reprise chirurgicale.

Les risques d’infection peuvent survenir durant les premières semaines post-opératoires. Si une prothèse mammaire a été posée, elle devra être ôtée et remplacée quelques mois après guérison ou remplacer par un lambeau permettant alors une reconstruction autologue..

Le problème fréquent rencontré après la pose de prothèse est la coque périprothétique. Le sein devient dur et parfois douloureux ; une intervention chirurgicale de correction est alors souvent nécessaire. Les prothèses gonflables exposent à un risque de dégonflement qui augmente avec la durée d’implantation.

Concernant la technique utilisant le lambeau de grand dorsal sans prothèse, la survenue d’un sérome dorsal est le problème le plus fréquemment rencontré. Il s’agit de la création d’une poche de liquide dans le dos, habituellement à la partie basse. Ce problème, qui est plus un inconvénient qu’une complication, est fréquent mais sans conséquence. Il obligera seulement à une ou plusieurs ponctions dorsales (indolores) pour assécher ce sérome.

Enfin la technique utilisant le muscle grand droit de l’abdomen (TRAM ou DIEP) entraîne un risque de phlébite (et donc d’embolie pulmonaire) plus élevé car la patiente est davantage gênée pour marcher les jours suivant l’intervention. Les risques de nécrose d’une partie du lambeau et les retards de cicatrisation au niveau de l’abdomen doivent être pris en compte car ils peuvent conduire à une intervention supplémentaire. Il existe enfin un risque d’affaiblissement de la paroi abdominale, voire d’éventration qui peut imposer ultérieurement une intervention correctrice.


 

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Après la reconstruction mammaire


A quoi s’attendre ?

La première nuit est relativement douloureuse mais les médicaments antalgiques prescrits sont habituellement efficaces. La gêne douloureuse persiste 3 ou 4 jours, puis s’estompe progressivement en un délai variable en fonction des patientes. Vous serez ensuite fatiguée par l’intervention. Cette fatigue dure une à deux semaines si seule une prothèse est utilisée, trois à quatre semaines après une reconstruction par lambeau de grand dorsal, et jusqu’à trois mois après reconstruction utilisant le muscle grand droit de l’abdomen (TRAM ou DIEP).

En fonction du type de chirurgie et de votre récupération, vous resterez hospitalisée de 3 à 5 jours. Des drains de Redon sont utilisés pour éliminer le sang et les sérosités. Ils sont enlevés dès qu’ils donnent peu de sérosités. Lors d’une reconstruction par lambeau de grand dorsal sans prothèse, la patiente rentre à domicile avec un drain situé dans le dos. Ce dernier sera enlevé au bout d’une semaine (donc deux semaines après l’intervention) lors d’une consultation post-opératoire . Les pansements seront à faire tous les trois jours par une infirmière à domicile qui enlèvera également les quelques fils non résorbables au dixième jour opératoire. Lors d’une reconstruction par lambeau de grand dorsal sans prothèse, on peut parfois prescrire le port d’une ceinture dorsale compressive, qui sera portée à partir de la date du retrait du dernier drain et pour une durée de 15 à 20 jours , éventuellement prolongée en cas de survenue d’un sérome dorsal.


Retour à l’activité normale

Il vous faudra prévoir six semaines environ pour retrouver une activité normale après reconstruction par lambeau, moins en cas de prothèse seule. L’arrêt de travail prescrit est habituellement de 3 semaines après reconstruction par prothèse, de 1 mois et demi après lambeau de grand dorsal, et de 3 mois après grand droit (TRAM ou DIEP). Ces durées sont indicatives ; elles peuvent être plus courtes ou plus longues en fonction de la vitesse de récupération des patientes et de leur équilibre personnel et psychologique.

Le résultat morphologique et esthétique de la reconstruction ne pourra être évalué de façon fiable, qu’après une période de 3 à 5 mois après la reconstruction de la plaque aréolo-mamelonnaire avec éventuelle symétrisation du sein controlatéral.

La sensibilité du sein n’est pas directement restaurée par l’intervention. Néanmoins, après reconstruction par tissus autologues, la sensibilité réapparaît progressivement au bout de plusieurs mois et progresse pendant une durée d’environ deux ans. Le travail de rééducation sensitive est ici fondamental et vous sera expliqué par votre chirurgien.

Les troubles sensitifs (face interne du bras) et les troubles éventuels de l’épaule, liés au curage axillaire, ne sont pas modifiés par l’intervention de reconstruction du sein

Les cicatrices s’atténueront au bout d’un an mais ne disparaîtront jamais.

Demander conseil à votre chirurgien mais il faudra éviter le sport et l’activité sexuelle pendant le premier mois. La natation est l’activité sportive la plus recommandée après reconstruction du sein, en particulier après reconstruction par lambeau de grand dorsal sans prothèse ; c’est elle qui permet de récupérer le plus vite de l’épaule et du dos, sans risque de se faire mal. 

 

Enfin , il faut savoir qu’il faut du temps pour s’habituer au sein reconstruit et qu’il existe fréquemment unepériode d’ambivalence (“ est-ce-que j’ai bien fait de me faire reconstruire ? ”) de 5 à 7 mois, expliquant que la pleine satisfaction de cette intervention ne survient qu’après cette période, qui peut être plus ou moins longue suivant les patientes. L’entourage médical, familial et amical, bienveillant, joue un rôle important dans cette période où la patiente a besoin de réassurance. Parler avec d’autres femmes ayant bénéficié de cette intervention précédemment, ou avec un psychologue, peut aider la patiente à exprimer et à gérer ses émotions. Il faut savoir aussi que l’intervention de reconstruction peut réactiver des difficultés psychologiques que la femme avait ressenties lors de la mastectomie ; il ne faut pas s’en culpabiliser mais plutôt les exprimer (avec ou sans l’aide d’un psychologue) car il s’agit d’une chance de les gérer plus positivement.

Ya-t-il un risque de récidive du cancer après la reconstruction?

La reconstruction mammaire n’est pas un facteur de récidive du cancer du sein. Elle ne favorise pas, ni n’empêche pas l’éventuelle récidive. De plus, elle ne gêne pas une éventuelle chimiothérapie ou radiothérapie en cas de récidive. Elle ne gêne habituellement pas la surveillance post-thérapeutique. Dans quelques rares cas, elle permet de faire le diagnostic de la récidive ou de diagnostiquer un cancer du sein occulte du sein controlatéral (lors d’une éventuelle plastie mammaire de symétrisation)


 

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Conclusion

 


Après la période des contraintes post-opératoires normales, la reconstruction du sein apporte beaucoup aux patientes en termes de réhabilitation, de bien-être et de qualité de vie. La reconstruction mammaire n’est pas une intervention urgente. Elle doit être considérée plus comme une possibilité et unchoix positif (que vous pouvez décider de faire), que comme une obligation (que vous subiriez). Vous devez prendre votre temps pour faire le meilleur choix. La consultation avec le chirurgien plasticien est l’étape primordiale pour vous donner toutes les informations nécessaires. Il ne faudra pas hésiter à le revoir, même plusieurs fois si nécessaire, avant de vous décider.

 Mis à jour le 08 Novembre 2012


Plus d'informations ? Consultez la fiche dédiée : Cliquer ici 

Auteur : Emmanuel Delay - http://www.emmanueldelay.fr

 

 


 

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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 09:00

 

Les chirurgiens plasticiens travaillent quotidiennement sur les seins. Ils sont amenés à prendre en charge différentes pathologies du sein, et notamment les cancers du sein.
La formation des chirurgiens plasticiens comporte des stages dans des unités spécialisées de traitement du cancer du sein, notamment les centres anticancéreux. De part leur formation et leur activité quotidienne, les chirurgiens plasticiens participent naturellement aux différentes étapes de la prise en charge du cancer du sein.
La chirurgie plastique reconstructrice est la chirurgie de la réparation. Elle a pris une place importante dans la prise en charge des patientes présentant un cancer du sein. Ceci est d’autant plus vrai que les patientes n’acceptent plus de guérir avec une mutilation, d’autant plus qu’elles sont maintenant bien informées que des solutions reconstructrices existent. Les chirurgiens plasticiens peuvent ainsi apporter leur contribution lors de la chirurgie d’exérèse, et lors du traitement des séquelles du traitement du cancer du sein.

 
Le chirurgien plasticien avec ses compétences propres peut ainsi intervenir dans différentes situations :


Traitement du cancer du sein « simple »

 
Si le cancer du sein ne nécessite qu’une seule intervention chirurgicale d’exérèse (en dehors des traitements par chimiothérapie ou radiothérapie), celle-ci peut être réalisée par un chirurgien plasticien au même titre qu’un chirurgien sénologue. Sa qualification et ses compétences lui permettent de réaliser une tumorectomie, la technique du ganglion sentinelle, ainsi qu’un curage ganglionnaire (ablation des ganglions lymphatiques dans le creux axillaire) s’il est nécessaire. Selon son orientation, et sa place au sein de l’équipe multidisciplinaire, il pourra ou non vous prendre en charge. Le chirurgien cancérologue réalise alors la prise en charge du cancer initial, puis la patiente est adressée au chirurgien plasticien pour la reconstruction ou la correction des séquelles éventuelles, dans un temps ultérieur.




Traitement conservateur oncoplastique


Si la tumeur est de volume important, spécialement au pôle inférieur du sein, son exérèse simple peut entrainer des séquelles morphologiques importantes. Dans ce cas, l’exérèse de la tumeur est accompagnée d’un remodelage du sein pour éviter les déformations post-thérapeutiques importantes.
Ces techniques de remodelage sont des techniques de chirurgie plastique appliquées au traitement du cancer, d’où le terme de chirurgie oncoplastique. Ces techniques de plastie mammaire sont utilisées quotidiennement par les chirurgiens plasticiens qui peuvent donc les appliquer dans le traitement du cancer su sein.
Ce traitement conservateur du cancer du sein permet de réaliser dans le même temps chirurgical l’exérèse de la tumeur et le remodelage du sein restant pour limiter les séquelles. Il est logique qu’il soit réalisé par les chirurgiens plasticiens, en collaboration ou non avec un chirurgien gynécologue ou cancérologue.  Dans tous les cas, le chirurgien cancérologue adresse ensuite la patiente au chirurgien plasticien pour évaluation du résultat morphologique et pour la correction éventuelle des séquelles esthétiques.




Traitement par mastectomie et reconstruction immédiate


Dans certains cas (essentiellement chaque fois que l’on ne prévoit pas de radiothérapie pariétale post-opératoire ; dans de rares cas avant ou après la radiothérapie) la mastectomie peut être suivie d’une reconstruction dans le même temps opératoire : la reconstruction est dite immédiate. Ces techniques reposent sur la réalisation de lambeaux qui utilisent les tissus de la patiente ou la mise en place de prothèses mammaires (à limiter en cas d’antécédent de radiothérapie ou en cas de nécessité de radiothérapie post-opératoire). Ces techniques de chirurgie plastique sont utilisées dans les mastectomies avec reconstruction immédiate pour redonner le volume et la forme du sein. Les chirurgiens plasticiens sont à même de vous conseiller, de vous donner toutes les informations, et de vous prendre en charge pour ces interventions, le plus souvent en collaboration avec le chirurgien cancérologue qui réalisera la mastectomie. 


Malgré tous les soins apportés lors du traitement du cancer du sein, des séquelles thérapeutiques peuvent apparaître. La chirurgie plastique pourra également apporter ses techniques et ses compétences pour corriger ces déformations:


Séquelles du traitement conservateur


Un chirurgien formé aux techniques de chirurgie oncoplastique aura tout fait pour minimiser ce risque de séquelles. Si elles existent, la chirurgie plastique pourra apporter sa contribution pour corriger une éventuelle déformation.

Il s’agit d’une situation complexe, qui nécessite une prise en charge par des chirurgiens plasticiens ayant une expérience particulière dans ce domaine. 



Séquelles après mastectomie


La mastectomie, qui consiste en l’ablation de la totalité du sein, est moins pratiquée actuellement du fait des possibilités de chirurgie conservatrice. Cependant, elle reste encore souvent nécessaire (en cas de lésions étendues ou présentant plusieurs foyers; ou en cas de récidive de traitement conservateur). Une reconstruction mammaire différée peut alors le plus souvent être proposée. Le chirurgien plasticien doit alors restaurer la forme et le volume du sein ; dans un second temps, il reconstruira le mamelon et l’aréole, et réalisera une symétrisation du sein controlatéral qui est le plus souvent nécessaire pour obtenir une bonne symétrie finale. Les techniques font appel à des prothèses, ou aux tissus de la patiente sous la forme de lambeaux (reconstructions autologues). Ces interventions ont été mises au point par les chirurgiens plasticiens et leur sont enseignées lors de leur formation. Les chirurgiens plasticiens sont donc naturellement les chirurgiens reconstructeurs du sein. Après la mastectomie, vous pouvez consulter un chirurgien plasticien pour envisager la reconstruction, qui a lieu habituellement 1 an après la fin de la radiothérapie. 




L‘oncoplastie est-elle une spécialité ?


L’oncoplastie est un ensemble de techniques chirurgicales plastiques (techniques de plastie mammaire utilisées quotidiennement dans la chirurgie morphologique du sein) appliquées à la chirurgie cancérologique du sein. Il n’existe pas de diplôme de spécialité d’oncoplastie. Se présenter comme oncoplasticien est donc un abus de titre, qui peut prêter à confusion pour les patientes. Ce terme d’oncoplasticien ne doit donc pas être utilisé, spécialement par les chirurgiens n’ayant pas le diplôme de spécialité en chirurgie plastique. La chirurgie oncoplastique doit être pratiquée par des chirurgiens formés aux techniques de base de plasties mammaires adaptées au traitement du cancer du sein. Ces chirurgiens devraient, à notre sens, travailler en collaboration avec une équipe de chirurgie plastique connaissant bien ce sujet, pour pouvoir faire face aux cas complexes ou aux complications éventuelles Dans tous les cas, le chirurgien cancérologue adressera ensuite la patiente pour la correction éventuelle des séquelles esthétiques.

Mis à jour le 19 juillet 2012

Auteur : Emmanuel Delay - http://www.emmanueldelay.fr

 

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