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10 juin 2014 2 10 /06 /juin /2014 09:27

logo pourquoi docteur

Un tiers seulement des Américaines ayant eu un cancer du sein ont vu un cardiologue. Pourtant la chimiothérapie peut être toxique pour le cœur et nécessite un suivi régulier dès le choix du traitement.
Cancer du sein : une surveillance cardiologique s’impose après la chimio
LYDIE/SIPA

« La majorité des femmes âgées qui développent un problème cardiaque après le traitement de leur cancer du sein ne sont pas suivies par un cardiologue et ont une moindre qualité de soins », souligne le Dr Jersey Chen, cardiologue et chercheur à Rockville aux Etats-Unis. Il a présenté hier, lors d’un congrès de l’American Heart Association consacré à la qualité des soins, une étude montrant que seul un tiers des femmes avec un antécédent personnel de cancer du sein ont vu un cardiologue. Or les chimiothérapies utilisées pour lutter contre ces tumeurs, les anthracyclines et le trastuzumab sont connues pour leur toxicité cardiaque. L’étude de l’équipe du Dr Chen a chiffré à 12% la proportion de femmes ainsi traitées développant une insuffisance cardiaque dans les 3 ans après la chimiothérapie.

 

 Dr Claude Kouakam, cardiologue au CHRU de Lille : « Ces chimiothérapies peuvent affaiblir le muscle cardiaque. Pour le trastuzumab, l’effet est réversible à l’arrêt du traitement tandis que pour les anthracyclines, il peut se manifester plusieurs années après. »

 

Une consultation cardio recommandée avant l’initiation de la chimio

La surveillance de cette toxicité cardiaque doit donc être très étroite pour pouvoir prendre en charge rapidement une éventuelle insuffisance cardiaque. « Ce chiffre américain de 2/3 des patientes non suivies par un cardiologue est surprenant car les recommandations internationales sont très claires. Avant même de débuter ce type de chimiothérapie, il faut évaluer la fonction cardiaque soit par échographie soit par scintigraphie », souligne le Dr Claude Kouakam, cardiologue au CHRU de Lille.

Le suivi se poursuit ensuite pendant la chimiothérapie. Avec une consoeur oncologue, le Dr Kouakam a mené l’année dernière une étude sur près de 250 patientes traitées par trastuzumab pour un cancer du sein. 20% d’entres elles ont subi cette toxicité cardiaque, ayant parfois nécessité de changer de chimiothérapie. « Mais quasiment toutes ces patientes ont récupéré une fonction cardiaque normale dans l’année qui a suivi l’arrêt du traitement par trastuzumab. Donc passée la première année après cette chimiothérapie, on ne recommande pas de suivi cardiologique particulier », précise le Dr Kouakam.

 

Essoufflement, jambes gonflées, les 1ers signes à repérer

La surveillance est plus durable pour les chimiothérapies par anthracyclines car elles peuvent produire leurs effets toxiques pour le muscle cardiaque plusieurs années après l’arrêt du traitement. « Une consultation annuelle chez le cardiologue est recommandée pour les patients guéris par l’anthracycline », insiste le spécialiste. En dehors de ce suivi régulier, il est également important que les ex-malades traitées par ce type de chimiothérapie soient attentifs aux premières manifestations de l’insuffisance cardiaque.

 

 Dr Claude Kouakam : « Si vous vous sentez essoufflé au quotidien, si vous faites de l’oedeme, avez des difficultés à dormir allongé ou prenez du poids de façon inexpliquée, consultez votre généraliste et rappelez lui que vous avez pris des anthracyclines. »

 

Le conseil vaut d’ailleurs pour tous les patients traités par ce type de chimiothérapie, que leur cancer soit localisé dans le sein ou ailleurs, car cette toxicité indésirable du traitement dépend de la dose reçue et non de l'organe qu'il devait traiter.

 

 

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24 avril 2014 4 24 /04 /avril /2014 09:07

3-Alpes.gif

 

Quelques mois seulement après la chimiothérapie, des femmes se préparent pour faire 650 km de vélo en 8 étapes. A chaque fois, elles sensibiliseront et récolteront des fonds pour l'association de Savoie 4S, au profit des victimes du cancer du sein.

  • Par Mickael Guiho
  • Publié le 19/04/2014 | 19:08, mis à jour le 20/04/2014 | 00:11
Les 10 femmes du collectif seront accompagnées de familles et amis. © France 3
© France 3 Les 10 femmes du collectif seront accompagnées de familles et amis.mprimer
Le collectif Rosalydes, ce sont des femmes qui, après avoir été atteintes d'un cancer, veulent transmettre la force qui leur a permis de gagner ce combat contre la maladie.
Comment ?
En pédalant sur 650 km, pour relier la Savoie et l'Ile-de-France, Chambéry et Paris.

Les courageuses feront leur parcours en 8 étapes. Chacune sera l'occasion de sensibiliser le public et de récolter quelques dons pour l'association 4S, qui aide les femmes atteintes du cancer du sein.

L'événement est aussi un défi physique. Les intéressées ne sont pas des cyclistes. L'une d'elle témoigne : je voulais "évacuer une rage en moi" et transmettre le message que "quel que soit le cancer, après cet enfer, on peut refaire des choses comme ça".

 Reportage de Bernard Portugal et Frédéric Pasquette

 Intervenants : Florence Bonnet, Initiatrice du Défi ; Anne Lise Leparquier, Collectif les Rosalydes ; Marie Jo Claudel, Collectif les Rosalydes ; Marie.

La chambérienne de 45 ans à l'initiative de ce défi, les neuf autres membres du collectif ainsi que leurs familles et amis, partiront de Chambéry le 27 avril. Le peloton arrivera à Paris le 27 avril, sous la Tour Eiffel.

 

 

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17 avril 2014 4 17 /04 /avril /2014 11:22

3-Auvergne.gif

 

C'est officiel : une cure thermale améliore la qualité de vie après un cancer du sein et elle diminue le risque de récidive. C'est ce que prouve l'étude menée en Auvergne et validée au niveau international. Les résultats viennent d'être publiés dans la plus grande revue européenne de cancérologie.

  • Par Evelyne Rimbert
  • Publié le 14/04/2014 | 16:23, mis à jour le 14/04/2014 | 16:23
L'étude a été menée auprès de 251 patientes auvergnates. Entre mars 2008 et octobre 2010. Dans trois stations auvergnates : Vichy, Châtel Guyon et le Mont Dore.
L'étude a été menée auprès de 251 patientes auvergnates. Entre mars 2008 et octobre 2010. Dans trois stations auvergnates : Vichy, Châtel Guyon et le Mont Dore.

Dans le cadre de l'étude PACThe (Programme d'Accompagnement et de réhabilitation post Thérapeutique) menée à l'initiative du centre Jean Perrin et de Thermauvergne, avec le Pôle Santé République à Clermont-Ferrand. 

Des bénéfices durables

Une étude menée dans trois des onze stations auvergnates : Vichy, Châtel-Guyon et le Mont Dore. Durant un peu plus de 2 ans. Auprès de 251 patientes auvergnates.
Une cure qui a largement amélioré la qualité de vie des patientes. Avec des résultats parfois surprenants. Comme l'amélioration, sur plus de 2 ans, de la qualité du sommeil. Bon nombre d'entre elles ont retrouvé leur optimisme et sont beaucoup moins dépressives. Plus de la moitié ont repris une activité physique régulière. On a aussi noté une perte de poids. Et surtout une diminution du risque de récidive.
Avec un recul de plus de deux ans, on peut donc affirmer que ces bénéfices sont durables.
 
Un protocole unique

Un protocole d'accompagnement post cancer unique. Au programme : différents types de soins thermaux (quatre par jour), des activités physiques individualisées (deux par jour), des cours d'éducation nutritionnelle ainsi que des consultations avec un psychologue. Sans oublier des esthéticiennes à la disposition des convalescentes désirant être en harmonie avec leur visage.

Un programme post-cancer à Vichy

Pour l'heure, seuls les Thermes de Vichy continuent à décliner ce programme. Dans le cadre d'une cure conventionnée de 18 jours. A laquelle il convient de rajouter un module spécifique. Un séjour post-cancer. Non pris en charge par la Sécurité Sociale.
C'est le combat actuel du professeur Yves-Jean Bignon, instigateur principal de l'étude PACThe.
Une étude menée en Auvergne prouve officiellement les bienfaits d'une cure thermale après un cancer du sein
Reportage : Evelyne Rimbert, Arthur John. Intervenants : Corinne ROIRON (Participante étude PACThe), Jean-Luc SICOT (Directeur des Thermes à Vichy), Professeur Yves-Jean BIGNON (Oncogénéticien au Centre Jean Perrin - Instigateur principal de l'étude PACThe).

 

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27 décembre 2013 5 27 /12 /décembre /2013 11:14

 

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Actualité publiée le 11-12-2013  

Journal of Cancer Survivorship

C’est à nouveau, le conseil de ces chercheurs de l'Université de l'Oregon qui conseillent aux femmes ayant survécu au cancer du sein, de pratiquer de l’exercice physique, régulièrement et au moins durant un an, afin de préserver leur densité osseuse et prévenir ainsi le risque de fractures. Leurs conclusions, présentées dans le Journal of Cancer Survivorship, appellent à intégrer systématiquement des programmes d’exercice physique adaptés, au plan de soin de l’après-cancer.

 

Pour maintenir la densité osseuse, comme la force musculaire, il est conseillé aux « survivantes », même âgées, de suivre un programme d'exercices de résistance. Car les femmes âgées représentent  la majorité des patientes atteintes de ce cancer donc la majorité des survivantes. Elles viennent d’être confrontées aux effets des traitements, aux conséquences d’une activité physique durant la maladie, sans compter celles, naturelles, du vieillissement. Le traitement du cancer est lui-même associé à une perte de densité osseuse, une perte de masse maigre au profit de la graisse corporelle. Ces changements prédisposent ces patientes à un risque accru d’obésité, de récidive du cancer, de fragilité osseuse et de fractures.

 

Les bénéfices d’un programme d’exercice physique perdurent des années : Jessica Dobek, chercheur à l'Université de l'Oregon et auteur principal de l’étude, explique que les bénéfices pour la santé osseuse d’une seule année de pratique de l’exercice physique se maintiendront ensuite les années suivantes, même avec une pratique diminuée.  L’objectif, prévenir les fractures osseuses dans le long terme. L'exercice est une thérapie déjà reconnue pour lutter contre les effets secondaires et les effets à long terme du traitement du cancer. Dans des recherches précédentes, la même équipe a constaté qu’u programme après-cancer adapté a permis de reconstruire la force musculaire et de stopper la perte osseuse chez un groupe de patientes. Un an plus tard, l’examen de 44 femmes ayant participé à ce programme révèle le maintien de leur densité minérale osseuse de la hanche et de la colonne vertébrale, de la masse et de la force musculaires.

 

La densité minérale osseuse de la colonne est conservée même après l'arrêt de l’exercice. Certaines femmes ont continué à pratiquer, mais à un niveau plus modéré, alors que d'autres ont cessé totalement. C’est donc un appel à inclure systématiquement ce type de programmes visant à améliorer la santé musculo-squelettique dans le plan de soins des survivantes du cancer du sein. Et cette première étude apporte des repères sur le volume et la durée de l'entraînement physique nécessaire pour préserver la santé osseuse de ces femmes.

 

Source: Journal of Cancer Survivorship DOI 10.1007/s11764-013-0313-7: Communiqué de l’éditeur Musculoskeletal changes after 1 year of exercise in older breast cancer survivors (Visuel © lightwavemedia - Fotolia.com)

Lire aussi : CANCER: L’exercice physique bénéfique pendant comme après le cancer -


Réagissez à cette actu sur Santé Blog

Cette actualité a été publiée le 11/12/2013 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration 
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.

Sur le SITE santé log

Cette actualité est également disponible sur les espaces thématiques suivants :
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5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 09:07

Apres-un-cancer-du-sein-une-cure-de-readaptation_article_la.jpg

 

Le Pr Yves-Jean Bignon* expose les résultats positifs de ces nouveaux soins thermaux.

 

Paris Match. Rappelez-nous combien de femmes en France sont chaque année atteintes d’un cancer du sein.

Pr Yves-Jean Bignon. On recense en moyenne 48 800 cas par an, dont 75 % de guérisons ou rémissions prolongées. Ce pourcentage s’améliore grâce aux progrès du dépistage et des traitements.

Pour aider ces femmes à reprendre des forces après un traitement lourd, vous avez mis en place des programmes de soins spécifiques. Pourquoi des stations thermales ?
Parce que, dans ces structures, les ­patientes peuvent bénéficier non ­seulement de soins thermaux, mais aussi d’aides dispensées par une équipe pluridisciplinaire (kinésithérapeute, éducateur sportif, ­nutritionniste, psychologue, esthéticienne…). Il s’agit d’une prise en charge globale, qui correspond aux besoins d’une réadaptation à une bonne hygiène de vie. Ces équipes sont en partie déjà mises en place dans certains établissements de cure thermale, ce qui explique notre choix.

Durant cette cure de réadaptation, quels sont les réels effets bénéfiques de l’eau thermale ?
Après chirurgie et radiothérapie, le sein opéré et la région axillaire présentent des zones fibreuses et cicatricielles douloureuses qui limitent les mouvements de l’épaule : l’eau thermale atténue les douleurs et permet d’assouplir ces tissus. Des études récentes ont, d’une part, confirmé l’action favorable que les soins thermaux exercent sur le système immunitaire et, d’autre part, qu’ils permettent une meilleure adaptation au stress psychologique.

Quelles souffrances chez vos patientes vous ont conduit à créer ces cures ?
Ce qui m’a le plus marqué au cours de ma carrière, c’est le sentiment d’abandon par le corps médical ressenti par les femmes après leur traitement. J’ai aussi été ému par leur ­angoisse à l’idée d’un retour de la maladie. Bien souvent, elles désirent des conseils pour une meilleure hygiène de vie. Il est vrai qu’une existence plus saine réduit les risques de ­rechute. Plusieurs études l’ont démontré.

"UN GRAND NOMBRE DE FEMMES ONT RETROUVÉ UN BON SOMMEIL, LEUR OPTIMISME, ET SONT BEAUCOUP MOINS DÉPRESSIVES"

Pour quelles femmes cette cure est-elle spécifiquement destinée ?
Elle est uniquement indiquée chez celles ayant arrêté leur chimiothérapie depuis moins de six mois et jugées en rémission complète de leur cancer. Elle est contre-indiquée en cas de phase évolutive et chez les patientes ne ­pouvant exercer une activité physique.

Quel est le protocole de cet accompagnement de treize jours ?
Il comporte plusieurs types de soins thermaux, à raison de quatre par jour, dont des douches locales pour assouplir la zone opérée, des massages relaxants sous eau thermale  ­effectués par un kinésithérapeute, des exercices en piscine d’eau thermale chauffée… Ces soins s’accompagnent d’activités physiques individualisées (deux par jour), de cours d’éducation nutritionnelle avec des conseils personnalisés, et de consultations avec un psychologue (pour celles, par exemple, qui ont besoin de retrouver confiance en elles après une épreuve ayant porté ­atteinte à leur féminité). Des esthéticiennes sont aussi à la disposition des convalescentes qui désirent être en harmonie avec leur image.

Quel type d’étude a démontré les réels bénéfices de cette cure ?
Avec mon équipe du Centre Jean-Perrin, nous avons conduit une étude comparative (étude PACThe) portant sur 251 femmes dans trois stations, celles de Vichy, de Châtel-Guyon et du Mont-Dore. Les sujets de l’étude étaient divisés en deux groupes : des patientes hébergées dans l’établissement thermal qui suivaient le programme de la cure ; et d’autres qui habitaient à proximité de l’établissement et suivaient seulement les recommandations de leur médecin de ville. Une fois la cure terminée, nous avons contrôlé tous les six mois, à l’aide de questionnaires et de consultations médicales, l’évolution de la qualité de vie de toutes ces patientes. On a pu constater chez celles ayant été hébergées qu’elle s’était considérablement améliorée ! Un grand nombre d’entre elles ont retrouvé un bon sommeil, leur optimisme, et sont beaucoup moins dépressives. Plus de la moitié ont repris une activité ­physique régulière. Avec un recul de deux ans, on peut dire aujourd’hui que ces bénéfices sont durables. Mais le suivi de ces patientes continue : il va durer encore trois ans. 

* Cancérologue au Centre anticancéreux Jean-Perrin de Clermont-Ferrand, investigateur principal de l’étude PACThe.

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1 août 2013 4 01 /08 /août /2013 10:00

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Derrière son bureau, en blouse blanche, le cancérologue livre le bilan tant espéré de fin de traitement : c’est une rémission complète, l’absence de tout signe pparent de la maladie.

Entre soulagement et angoisse d’une rechute, épuisement physique et désir d’aller de l’avant, comment reprendre petit à petit le cours d’une vie normale quand pendant de nombreux mois, la maladie a imposé son rythme ?

Plus de deux millions de personnes en France ont un jour eu à se poser la question de l’après-traitement pour un cancer (Commission d’orientation sur le cancer 2003).

Affaiblis sur les plans musculaire et articulaire, carencés sur le plan nutritionnel, elles se sont souvent retrouvées bien seules pour affronter cette période difficile. « La qualité de la prise en charge médicale ayant énormément progressé ces dernières années, le contrecoup est d’autant plus important au moment où les personnes quittent le cocon hospitalier. Certains patients disent : ça y est, je suis guéri, il faut que ça reparte. D’autres éprouvent un sentiment d’abandon notamment vis-à-vis de l’équipe hospitalière qui les a tellement aidés à surmonter l’épreuve de la maladie », analyse Giulietta Poillerat, déléguée au service actions pour les malades à la Ligue contre le cancer.


Perte d’autonomie

En bonne place parmi les premières préoccupations des malades après un traitement figure le besoin de se reconstruire : soutien psychologique, prise en compte des séquelles physiques, redéfinition d’un projet de vie en particulier sur le plan professionnel, etc.

Ce processus doit souvent prendre en compte la fatigue qui peut revenir pendant plusieurs années.

Par ailleurs, certaines personnes vont devoir affronter les conséquences de la perte d’autonomie sur le plan de leurs capacités physiques ou sur le plan social.

Enfin, s’agissant de la reprise du travail, si des solutions existent pour permettre des adaptations de l’emploi, la question de la réinsertion professionnelle demeure complexe : « Une femme qui a subi un curage ganglionnaire suite à un cancer du sein ne pourra plus réaliser des tâches pénibles avec son bras. De même, un chauffeur routier rencontrant des problèmes d’incontinence après le traitement chirurgical d’un cancer de la vessie ne pourra plus exercer son métier », témoigne le Dr Bruno Audhuy, cancérologue et administrateur de la Ligue.

Certains salariés pourront bénéficier d’un aménagement de poste au sein de leur entreprise ou d’un reclassement.

D’autres devront subir l’épreuve d’un licenciement et entamer une requalification professionnelle.

Rappelons qu’aujourd’hui 40 % des personnes soignées pour un cancer font partie de la tranche d’âge des actifs.

Mais l’épreuve du cancer n’a pas que des effets négatifs ainsi que l’attestent des cancérologues et des psychologues : elle peut être l’occasion de repenser son projet professionnel, voire son projet de vie.

 


Surveillance alternée

Face à l’affaiblissement physique, les activités physiques peuvent également contribuer à retrouver confiance en soi : « Souvent après un traitement, les personnes ne souhaitent pas se rendre dans une salle de gym traditionnelle ni même à la piscine. Mais à partir du moment où l’activité se déroule dans un cadre un peu médicalisé, elles reprennent confiance et découvrent que leur corps n’a pas perdu sa capacité à faire des efforts », poursuit le cancérologue.

D’ailleurs, de plus en plus d’établissements proposent ce type de prise en charge. Quant à la surveillance médicale, elle varie bien entendu d’une personne à l’autre, d’une pathologie à l’autre. Bâtie « sur-mesure », elle est amenée à être coconduite par un médecin généraliste en lien avec un cancérologue.

Une mesure préconisée par le Plan cancer 2. A titre d’exemple, le centre hospitalier de Colmar a mis en place un protocole de surveillance alternée pour les personnes qui ont été soignées pour un cancer du côlon, du sein et bientôt de la prostate.

La vie sociale peut également se trouver modifiée. Les proches peuvent avoir été affectés.

De même, l’impact corporel de la maladie et des traitements peut causer des difficultés dans la vie intime.

Enfin, il arrive que les ressources financières diminuent après un cancer : « Les revenus peuvent baisser, les personnes peuvent avoir un reste à charge en raison de dépenses non couvertes par l’assurance maladie : dépassements d’honoraires dans le cadre de reconstructions mammaires, achats de perruques, etc. De même, les personnes de moins de 60 ans ne bénéficient pas de l’aide personnalisée à l’autonomie, si elles souhaitent embaucher une aide à domicile », pointe la déléguée au service actions pour les malades.

Afin de mieux comprendre ces phénomènes, la Ligue a lancé une enquête baptisée Dopas (voir encadré p.36 et lire aussi p.40).

« On s’imagine que les personnes vont savoir de manière innée comment repartir alors qu’elles ont besoin d’un accompagnement post thérapeutique mené par des professionnels. »


Pour un accompagnement global

L’année dernière, les commissions sociales des Comités départementaux de la Ligue ont consacré 6 millions d’euros pour venir en aide aux personnes (aide alimentaire, soutien au paiement des loyers, achat de prothèses, financement d’aide-ménagères, etc.).

Mais, au-delà des aides ponctuelles qu’elle peut apporter, la Ligue est favorable à l’instauration d’un accompagnement global dans le cadre de l’après-traitement en France.

C’est déjà le cas en Allemagne où les patients ont la possibilité d’effectuer un séjour dans un centre de réadaptation, séjour pris en charge par une mutuelle.

Ils y bénéficient d’un accompagnement sur les plans de la nutrition, du bien-être physique et psychologique pendant quatre semaines.

«On s’imagine que les personnes vont savoir de manière innée comment repartir.

Or elles ont besoin d’un accompagnement post thérapeutique par des professionnels.

Et ce d’autant plus que, vulnérables, elles sont sensibles aux arguments de tous les mauvais conseilleurs », conclut le Dr Audhy.

Aujourd’hui, grâce aux progrès thérapeutiques, pour 42 % des patients, le taux de survie à cinq ans après un cancer est de 80 %.

Des chiffres qui incitent à se préoccuper davantage de la prise en charge après traitement.

Philippe Bohlinger

 

 

Trois questions à…

Denis Azoulay, 52 ans, administrateur du Comité départemental de la Ligue du Rhône.

 

Après votre traitement pour un cancer, quelles difficultés avez-vous rencontré ?

Mon traitement pour un cancer de l’estomac par chirurgie, chimio et radiothérapie il y a six ans, m’a beaucoup affaibli.

J’ai perdu 22 kg et me suis retrouvé très démuni face aux difficultés quotidiennes d’alimentation.

A l’époque, je n’ai eu aucune incitation médicale à consulter un nutritionniste. Je souffre également d’un dumping syndrome, des évanouissements, un handicap qui complique mon existence.

Sur le plan professionnel, en tant que dentiste, il n’existe pas de possibilités de mi-temps thérapeutique.

J’ai bien tenté de reprendre le travail, mais c’était dur car je n’arrivais pas à retrouver la concentration nécessaire.

J’ai fini par accepter l’invalidité professionnelle qui me permet de subvenir à mes besoins.

Sur le plan financier, ça n’a pas été évident, car il y a un décalage entre la déclaration d’invalidité et le moment où on perçoit la rente.

Ce qui est encore plus difficile à accepter, c’est le refus des banques de m’accorder le moindre prêt.

Du coup, c’est mon épouse qui prend tout à sa charge.


Comment s’est passé votre suivi médical ?

Malheureusement, j’ai fait une septicémie après ma radiothérapie.

J’ai tenté d’en savoir davantage auprès de mon cancérologue.

Mais, embarrassé par mes questions, celui-ci a préféré rompre la relation de soins.

Pendant quinze jours j’ai eu des pensées suicidaires.

La médiation auprès du conseil de l’ordre n’a pas arrangé les choses.

Finalement, j’ai trouvé un autre établissement qui a accepté un peu à reculons de me suivre.

Actuellement, j’ai rendez-vous avec un cancérologue tous les six mois et je passe un scanner tous les ans, mais c’est une période d’angoisse pour moi.


Qu’est-ce qui vous a aidé à vous relever après le cancer ?

Mon épouse a été d’une grande force, car cette période a été aussi très difficile pour elle.

Je me suis également mis à l’écriture (Mal et fils, éditions Persée, 2009).

Surtout, j’ai découvert l’extraordinaire Comité départemental de la Ligue du Rhône.

Pour moi, la réinsertion dans la vie active est passée par ce Comité.

J’ai eu le sentiment d’être utile notamment en animant des ateliers d’écriture pour les malades.

 

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Derrière son bureau, en blouse blanche, le cancérologue livre le bilan tant espéré de fin de traitement : c’est une rémission complète, l’absence de tout signe apparent de la maladie. Entre soulagement et angoisse d’une rechute, épuisement physique et désir d’aller de l’avant, comment reprendre petit à petit le cours d’une vie normale quand pendant de nombreux mois, la maladie a imposé son rythme ? Plus de deux millions de personnes en France ont un jour eu à se poser la question de l’après-traitement pour un cancer (Commission d’orientation sur le cancer 2003). Affaiblis sur les plans musculaire et articulaire, carencés sur le plan nutritionnel, elles se sont souvent retrouvées bien seules pour affronter cette période difficile. « La qualité de la prise en charge médicale ayant énormément progressé ces dernières années, le contrecoup est d’autant plus important au moment où les personnes quittent le cocon hospitalier. Certains patients disent : ça y est, je suis guéri, il faut que ça reparte. D’autres éprouvent un sentiment d’abandon notamment vis-à-vis de l’équipe hospitalière qui les a tellement aidés à surmonter l’épreuve de la maladie », analyse Giulietta Poillerat, déléguée au service actions pour les malades à la Ligue contre le cancer.

Perte d’autonomie

En bonne place parmi les premières préoccupations des malades après un traitement figure le besoin de se reconstruire : soutien psychologique, prise en compte des séquelles physiques, redéfinition d’un projet de vie en particulier sur le plan professionnel, etc. Ce processus doit souvent prendre en compte la fatigue qui peut revenir pendant plusieurs années. Par ailleurs, certaines personnes vont devoir affronter les conséquences de la perte d’autonomie sur le plan de leurs capacités physiques ou sur le plan social. Enfin, s’agissant de la reprise du travail, si des solutions existent pour permettre des adaptations de l’emploi, la question de la réinsertion professionnelle demeure complexe : « Une femme qui a subi un curage ganglionnaire suite à un cancer du sein ne pourra plus réaliser des tâches pénibles avec son bras. De même, un chauffeur routier rencontrant des problèmes d’incontinence après le traitement chirurgical d’un cancer de la vessie ne pourra plus exercer son métier », témoigne le Dr Bruno Audhuy, cancérologue et administrateur de la Ligue. Certains salariés pourront bénéficier d’un aménagement de poste au sein de leur entreprise ou d’un reclassement. D’autres devront subir l’épreuve d’un licenciement et entamer une requalification professionnelle. Rappelons qu’aujourd’hui 40 % des personnes soignées pour un cancer font partie de la tranche d’âge des actifs. Mais l’épreuve du cancer n’a pas que des effets négatifs ainsi que l’attestent des cancérologues et des psychologues : elle peut être l’occasion de repenser son projet professionnel, voire son projet de vie.

Les activités physiques contribuent à retrouver confiance en soi.

Surveillance alternée

Face à l’affaiblissement physique, les activités physiques peuvent également contribuer à retrouver confiance en soi : « Souvent après un traitement, les personnes ne souhaitent pas se rendre dans une salle de gym traditionnelle ni même à la piscine. Mais à partir du moment où l’activité se déroule dans un cadre un peu médicalisé, elles reprennent confiance et découvrent que leur corps n’a pas perdu sa capacité à faire des efforts », poursuit le cancérologue. D’ailleurs, de plus en plus d’établissements proposent ce type de prise en charge. Quant à la surveillance médicale, elle varie bien entendu d’une personne à l’autre, d’une pathologie à l’autre. Bâtie « sur-mesure », elle est amenée à être coconduite par un médecin généraliste en lien avec un cancérologue. Une mesure préconisée par le Plan cancer 2. A titre d’exemple, le centre hospitalier de Colmar a mis en place un protocole de surveillance alternée pour les personnes qui ont été soignées pour un cancer du côlon, du sein et bientôt de la prostate. La vie sociale peut également se trouver modifiée. Les proches peuvent avoir été affectés. De même, l’impact corporel de la maladie et des traitements peut causer des difficultés dans la vie intime. Enfin, il arrive que les ressources financières diminuent après un cancer : « Les revenus peuvent baisser, les personnes peuvent avoir un reste à charge en raison de dépenses non couvertes par l’assurance maladie : dépassements d’honoraires dans le cadre de reconstructions mammaires, achats de perruques, etc. De même, les personnes de moins de 60 ans ne bénéficient pas de l’aide personnalisée à l’autonomie, si elles souhaitent embaucher une aide à domicile », pointe la déléguée au service actions pour les malades. Afin de mieux comprendre ces phénomènes, la Ligue a lancé une enquête baptisée Dopas (voir encadré p.36 et lire aussi p.40).

« On s’imagine que les personnes vont savoir de manière innée comment repartir alors qu’elles ont besoin d’un accompagnement post thérapeutique mené par des professionnels. »

Après un traitement figure le besoin de se reconstruire : soutien psychologique, prise en compte des séquelles physiques, redéfinition d’un projet de vie.

Pour un accompagnement global

L’année dernière, les commissions sociales des Comités départementaux de la Ligue ont consacré 6 millions d’euros pour venir en aide aux personnes (aide alimentaire, soutien au paiement des loyers, achat de prothèses, financement d’aide-ménagères, etc.). Mais, au-delà des aides ponctuelles qu’elle peut apporter, la Ligue est favorable à l’instauration d’un accompagnement global dans le cadre de l’après-traitement en France. C’est déjà le cas en Allemagne où les patients ont la possibilité d’effectuer un séjour dans un centre de réadaptation, séjour pris en charge par une mutuelle. Ils y bénéficient d’un accompagnement sur les plans de la nutrition, du bien-être physique et psychologique pendant quatre semaines. «On s’imagine que les personnes vont savoir de manière innée comment repartir. Or elles ont besoin d’un accompagnement post thérapeutique par des professionnels. Et ce d’autant plus que, vulnérables, elles sont sensibles aux arguments de tous les mauvais conseilleurs », conclut le Dr Audhy. Aujourd’hui, grâce aux progrès thérapeutiques, pour 42 % des patients, le taux de survie à cinq ans après un cancer est de 80 %. Des chiffres qui incitent à se préoccuper davantage de la prise en charge après traitement.

Philippe Bohlinger

 

 

Trois questions à…

Denis Azoulay, 52 ans, administrateur du Comité départemental de la Ligue du Rhône.

 

Après votre traitement pour un cancer, quelles difficultés avez-vous rencontré ?

Mon traitement pour un cancer de l’estomac par chirurgie, chimio et radiothérapie il y a six ans, m’a beaucoup affaibli. J’ai perdu 22 kg et me suis retrouvé très démuni face aux difficultés quotidiennes d’alimentation. A l’époque, je n’ai eu aucune incitation médicale à consulter un nutritionniste. Je souffre également d’un dumping syndrome, des évanouissements, un handicap qui complique mon existence. Sur le plan professionnel, en tant que dentiste, il n’existe pas de possibilités de mi-temps thérapeutique. J’ai bien tenté de reprendre le travail, mais c’était dur car je n’arrivais pas à retrouver la concentration nécessaire. J’ai fini par accepter l’invalidité professionnelle qui me permet de subvenir à mes besoins. Sur le plan financier, ça n’a pas été évident, car il y a un décalage entre la déclaration d’invalidité et le moment où on perçoit la rente. Ce qui est encore plus difficile à accepter, c’est le refus des banques de m’accorder le moindre prêt. Du coup, c’est mon épouse qui prend tout à sa charge. Comment s’est passé votre suivi médical ?

Malheureusement, j’ai fait une septicémie après ma radiothérapie. J’ai tenté d’en savoir davantage auprès de mon cancérologue. Mais, embarrassé par mes questions, celui-ci a préféré rompre la relation de soins. Pendant quinze jours j’ai eu des pensées suicidaires. La médiation auprès du conseil de l’ordre n’a pas arrangé les choses. Finalement, j’ai trouvé un autre établissement qui a accepté un peu à reculons de me suivre. Actuellement, j’ai rendez-vous avec un cancérologue tous les six mois et je passe un scanner tous les ans, mais c’est une période d’angoisse pour moi.

Qu’est-ce qui vous a aidé à vous relever après le cancer ?

Mon épouse a été d’une grande force, car cette période a été aussi très difficile pour elle. Je me suis également mis à l’écriture (Mal et fils, éditions Persée, 2009).Surtout, j’ai découvert l’extraordinaire Comité départemental de la Ligue du Rhône. Pour moi, la réinsertion dans la vie active est passée par ce Comité. J’ai eu le sentiment d’être utile notamment en animant des ateliers d’écriture pour les malades.

- See more at: http://www.ligue-cancer.net/vivre/article/26475_lapres-traitement-une-nouvelle-etape#.UfklUm06T5M

Derrière son bureau, en blouse blanche, le cancérologue livre le bilan tant espéré de fin de traitement : c’est une rémission complète, l’absence de tout signe apparent de la maladie. Entre soulagement et angoisse d’une rechute, épuisement physique et désir d’aller de l’avant, comment reprendre petit à petit le cours d’une vie normale quand pendant de nombreux mois, la maladie a imposé son rythme ? Plus de deux millions de personnes en France ont un jour eu à se poser la question de l’après-traitement pour un cancer (Commission d’orientation sur le cancer 2003). Affaiblis sur les plans musculaire et articulaire, carencés sur le plan nutritionnel, elles se sont souvent retrouvées bien seules pour affronter cette période difficile. « La qualité de la prise en charge médicale ayant énormément progressé ces dernières années, le contrecoup est d’autant plus important au moment où les personnes quittent le cocon hospitalier. Certains patients disent : ça y est, je suis guéri, il faut que ça reparte. D’autres éprouvent un sentiment d’abandon notamment vis-à-vis de l’équipe hospitalière qui les a tellement aidés à surmonter l’épreuve de la maladie », analyse Giulietta Poillerat, déléguée au service actions pour les malades à la Ligue contre le cancer.

Perte d’autonomie

En bonne place parmi les premières préoccupations des malades après un traitement figure le besoin de se reconstruire : soutien psychologique, prise en compte des séquelles physiques, redéfinition d’un projet de vie en particulier sur le plan professionnel, etc. Ce processus doit souvent prendre en compte la fatigue qui peut revenir pendant plusieurs années. Par ailleurs, certaines personnes vont devoir affronter les conséquences de la perte d’autonomie sur le plan de leurs capacités physiques ou sur le plan social. Enfin, s’agissant de la reprise du travail, si des solutions existent pour permettre des adaptations de l’emploi, la question de la réinsertion professionnelle demeure complexe : « Une femme qui a subi un curage ganglionnaire suite à un cancer du sein ne pourra plus réaliser des tâches pénibles avec son bras. De même, un chauffeur routier rencontrant des problèmes d’incontinence après le traitement chirurgical d’un cancer de la vessie ne pourra plus exercer son métier », témoigne le Dr Bruno Audhuy, cancérologue et administrateur de la Ligue. Certains salariés pourront bénéficier d’un aménagement de poste au sein de leur entreprise ou d’un reclassement. D’autres devront subir l’épreuve d’un licenciement et entamer une requalification professionnelle. Rappelons qu’aujourd’hui 40 % des personnes soignées pour un cancer font partie de la tranche d’âge des actifs. Mais l’épreuve du cancer n’a pas que des effets négatifs ainsi que l’attestent des cancérologues et des psychologues : elle peut être l’occasion de repenser son projet professionnel, voire son projet de vie.

Les activités physiques contribuent à retrouver confiance en soi.

Surveillance alternée

Face à l’affaiblissement physique, les activités physiques peuvent également contribuer à retrouver confiance en soi : « Souvent après un traitement, les personnes ne souhaitent pas se rendre dans une salle de gym traditionnelle ni même à la piscine. Mais à partir du moment où l’activité se déroule dans un cadre un peu médicalisé, elles reprennent confiance et découvrent que leur corps n’a pas perdu sa capacité à faire des efforts », poursuit le cancérologue. D’ailleurs, de plus en plus d’établissements proposent ce type de prise en charge. Quant à la surveillance médicale, elle varie bien entendu d’une personne à l’autre, d’une pathologie à l’autre. Bâtie « sur-mesure », elle est amenée à être coconduite par un médecin généraliste en lien avec un cancérologue. Une mesure préconisée par le Plan cancer 2. A titre d’exemple, le centre hospitalier de Colmar a mis en place un protocole de surveillance alternée pour les personnes qui ont été soignées pour un cancer du côlon, du sein et bientôt de la prostate. La vie sociale peut également se trouver modifiée. Les proches peuvent avoir été affectés. De même, l’impact corporel de la maladie et des traitements peut causer des difficultés dans la vie intime. Enfin, il arrive que les ressources financières diminuent après un cancer : « Les revenus peuvent baisser, les personnes peuvent avoir un reste à charge en raison de dépenses non couvertes par l’assurance maladie : dépassements d’honoraires dans le cadre de reconstructions mammaires, achats de perruques, etc. De même, les personnes de moins de 60 ans ne bénéficient pas de l’aide personnalisée à l’autonomie, si elles souhaitent embaucher une aide à domicile », pointe la déléguée au service actions pour les malades. Afin de mieux comprendre ces phénomènes, la Ligue a lancé une enquête baptisée Dopas (voir encadré p.36 et lire aussi p.40).

« On s’imagine que les personnes vont savoir de manière innée comment repartir alors qu’elles ont besoin d’un accompagnement post thérapeutique mené par des professionnels. »

Après un traitement figure le besoin de se reconstruire : soutien psychologique, prise en compte des séquelles physiques, redéfinition d’un projet de vie.

Pour un accompagnement global

L’année dernière, les commissions sociales des Comités départementaux de la Ligue ont consacré 6 millions d’euros pour venir en aide aux personnes (aide alimentaire, soutien au paiement des loyers, achat de prothèses, financement d’aide-ménagères, etc.). Mais, au-delà des aides ponctuelles qu’elle peut apporter, la Ligue est favorable à l’instauration d’un accompagnement global dans le cadre de l’après-traitement en France. C’est déjà le cas en Allemagne où les patients ont la possibilité d’effectuer un séjour dans un centre de réadaptation, séjour pris en charge par une mutuelle. Ils y bénéficient d’un accompagnement sur les plans de la nutrition, du bien-être physique et psychologique pendant quatre semaines. «On s’imagine que les personnes vont savoir de manière innée comment repartir. Or elles ont besoin d’un accompagnement post thérapeutique par des professionnels. Et ce d’autant plus que, vulnérables, elles sont sensibles aux arguments de tous les mauvais conseilleurs », conclut le Dr Audhy. Aujourd’hui, grâce aux progrès thérapeutiques, pour 42 % des patients, le taux de survie à cinq ans après un cancer est de 80 %. Des chiffres qui incitent à se préoccuper davantage de la prise en charge après traitement.

Philippe Bohlinger

 

 

Trois questions à…

Denis Azoulay, 52 ans, administrateur du Comité départemental de la Ligue du Rhône.

 

Après votre traitement pour un cancer, quelles difficultés avez-vous rencontré ?

Mon traitement pour un cancer de l’estomac par chirurgie, chimio et radiothérapie il y a six ans, m’a beaucoup affaibli. J’ai perdu 22 kg et me suis retrouvé très démuni face aux difficultés quotidiennes d’alimentation. A l’époque, je n’ai eu aucune incitation médicale à consulter un nutritionniste. Je souffre également d’un dumping syndrome, des évanouissements, un handicap qui complique mon existence. Sur le plan professionnel, en tant que dentiste, il n’existe pas de possibilités de mi-temps thérapeutique. J’ai bien tenté de reprendre le travail, mais c’était dur car je n’arrivais pas à retrouver la concentration nécessaire. J’ai fini par accepter l’invalidité professionnelle qui me permet de subvenir à mes besoins. Sur le plan financier, ça n’a pas été évident, car il y a un décalage entre la déclaration d’invalidité et le moment où on perçoit la rente. Ce qui est encore plus difficile à accepter, c’est le refus des banques de m’accorder le moindre prêt. Du coup, c’est mon épouse qui prend tout à sa charge. Comment s’est passé votre suivi médical ?

Malheureusement, j’ai fait une septicémie après ma radiothérapie. J’ai tenté d’en savoir davantage auprès de mon cancérologue. Mais, embarrassé par mes questions, celui-ci a préféré rompre la relation de soins. Pendant quinze jours j’ai eu des pensées suicidaires. La médiation auprès du conseil de l’ordre n’a pas arrangé les choses. Finalement, j’ai trouvé un autre établissement qui a accepté un peu à reculons de me suivre. Actuellement, j’ai rendez-vous avec un cancérologue tous les six mois et je passe un scanner tous les ans, mais c’est une période d’angoisse pour moi.

Qu’est-ce qui vous a aidé à vous relever après le cancer ?

Mon épouse a été d’une grande force, car cette période a été aussi très difficile pour elle. Je me suis également mis à l’écriture (Mal et fils, éditions Persée, 2009).Surtout, j’ai découvert l’extraordinaire Comité départemental de la Ligue du Rhône. Pour moi, la réinsertion dans la vie active est passée par ce Comité. J’ai eu le sentiment d’être utile notamment en animant des ateliers d’écriture pour les malades.

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Derrière son bureau, en blouse blanche, le cancérologue livre le bilan tant espéré de fin de traitement : c’est une rémission complète, l’absence de tout signe apparent de la maladie. Entre soulagement et angoisse d’une rechute, épuisement physique et désir d’aller de l’avant, comment reprendre petit à petit le cours d’une vie normale quand pendant de nombreux mois, la maladie a imposé son rythme ? Plus de deux millions de personnes en France ont un jour eu à se poser la question de l’après-traitement pour un cancer (Commission d’orientation sur le cancer 2003). Affaiblis sur les plans musculaire et articulaire, carencés sur le plan nutritionnel, elles se sont souvent retrouvées bien seules pour affronter cette période difficile. « La qualité de la prise en charge médicale ayant énormément progressé ces dernières années, le contrecoup est d’autant plus important au moment où les personnes quittent le cocon hospitalier. Certains patients disent : ça y est, je suis guéri, il faut que ça reparte. D’autres éprouvent un sentiment d’abandon notamment vis-à-vis de l’équipe hospitalière qui les a tellement aidés à surmonter l’épreuve de la maladie », analyse Giulietta Poillerat, déléguée au service actions pour les malades à la Ligue contre le cancer.

Perte d’autonomie

En bonne place parmi les premières préoccupations des malades après un traitement figure le besoin de se reconstruire : soutien psychologique, prise en compte des séquelles physiques, redéfinition d’un projet de vie en particulier sur le plan professionnel, etc. Ce processus doit souvent prendre en compte la fatigue qui peut revenir pendant plusieurs années. Par ailleurs, certaines personnes vont devoir affronter les conséquences de la perte d’autonomie sur le plan de leurs capacités physiques ou sur le plan social. Enfin, s’agissant de la reprise du travail, si des solutions existent pour permettre des adaptations de l’emploi, la question de la réinsertion professionnelle demeure complexe : « Une femme qui a subi un curage ganglionnaire suite à un cancer du sein ne pourra plus réaliser des tâches pénibles avec son bras. De même, un chauffeur routier rencontrant des problèmes d’incontinence après le traitement chirurgical d’un cancer de la vessie ne pourra plus exercer son métier », témoigne le Dr Bruno Audhuy, cancérologue et administrateur de la Ligue. Certains salariés pourront bénéficier d’un aménagement de poste au sein de leur entreprise ou d’un reclassement. D’autres devront subir l’épreuve d’un licenciement et entamer une requalification professionnelle. Rappelons qu’aujourd’hui 40 % des personnes soignées pour un cancer font partie de la tranche d’âge des actifs. Mais l’épreuve du cancer n’a pas que des effets négatifs ainsi que l’attestent des cancérologues et des psychologues : elle peut être l’occasion de repenser son projet professionnel, voire son projet de vie.

Les activités physiques contribuent à retrouver confiance en soi.

Surveillance alternée

Face à l’affaiblissement physique, les activités physiques peuvent également contribuer à retrouver confiance en soi : « Souvent après un traitement, les personnes ne souhaitent pas se rendre dans une salle de gym traditionnelle ni même à la piscine. Mais à partir du moment où l’activité se déroule dans un cadre un peu médicalisé, elles reprennent confiance et découvrent que leur corps n’a pas perdu sa capacité à faire des efforts », poursuit le cancérologue. D’ailleurs, de plus en plus d’établissements proposent ce type de prise en charge. Quant à la surveillance médicale, elle varie bien entendu d’une personne à l’autre, d’une pathologie à l’autre. Bâtie « sur-mesure », elle est amenée à être coconduite par un médecin généraliste en lien avec un cancérologue. Une mesure préconisée par le Plan cancer 2. A titre d’exemple, le centre hospitalier de Colmar a mis en place un protocole de surveillance alternée pour les personnes qui ont été soignées pour un cancer du côlon, du sein et bientôt de la prostate. La vie sociale peut également se trouver modifiée. Les proches peuvent avoir été affectés. De même, l’impact corporel de la maladie et des traitements peut causer des difficultés dans la vie intime. Enfin, il arrive que les ressources financières diminuent après un cancer : « Les revenus peuvent baisser, les personnes peuvent avoir un reste à charge en raison de dépenses non couvertes par l’assurance maladie : dépassements d’honoraires dans le cadre de reconstructions mammaires, achats de perruques, etc. De même, les personnes de moins de 60 ans ne bénéficient pas de l’aide personnalisée à l’autonomie, si elles souhaitent embaucher une aide à domicile », pointe la déléguée au service actions pour les malades. Afin de mieux comprendre ces phénomènes, la Ligue a lancé une enquête baptisée Dopas (voir encadré p.36 et lire aussi p.40).

« On s’imagine que les personnes vont savoir de manière innée comment repartir alors qu’elles ont besoin d’un accompagnement post thérapeutique mené par des professionnels. »

Après un traitement figure le besoin de se reconstruire : soutien psychologique, prise en compte des séquelles physiques, redéfinition d’un projet de vie.

Pour un accompagnement global

L’année dernière, les commissions sociales des Comités départementaux de la Ligue ont consacré 6 millions d’euros pour venir en aide aux personnes (aide alimentaire, soutien au paiement des loyers, achat de prothèses, financement d’aide-ménagères, etc.). Mais, au-delà des aides ponctuelles qu’elle peut apporter, la Ligue est favorable à l’instauration d’un accompagnement global dans le cadre de l’après-traitement en France. C’est déjà le cas en Allemagne où les patients ont la possibilité d’effectuer un séjour dans un centre de réadaptation, séjour pris en charge par une mutuelle. Ils y bénéficient d’un accompagnement sur les plans de la nutrition, du bien-être physique et psychologique pendant quatre semaines. «On s’imagine que les personnes vont savoir de manière innée comment repartir. Or elles ont besoin d’un accompagnement post thérapeutique par des professionnels. Et ce d’autant plus que, vulnérables, elles sont sensibles aux arguments de tous les mauvais conseilleurs », conclut le Dr Audhy. Aujourd’hui, grâce aux progrès thérapeutiques, pour 42 % des patients, le taux de survie à cinq ans après un cancer est de 80 %. Des chiffres qui incitent à se préoccuper davantage de la prise en charge après traitement.

Philippe Bohlinger

 

 

Trois questions à…

Denis Azoulay, 52 ans, administrateur du Comité départemental de la Ligue du Rhône.

 

Après votre traitement pour un cancer, quelles difficultés avez-vous rencontré ?

Mon traitement pour un cancer de l’estomac par chirurgie, chimio et radiothérapie il y a six ans, m’a beaucoup affaibli. J’ai perdu 22 kg et me suis retrouvé très démuni face aux difficultés quotidiennes d’alimentation. A l’époque, je n’ai eu aucune incitation médicale à consulter un nutritionniste. Je souffre également d’un dumping syndrome, des évanouissements, un handicap qui complique mon existence. Sur le plan professionnel, en tant que dentiste, il n’existe pas de possibilités de mi-temps thérapeutique. J’ai bien tenté de reprendre le travail, mais c’était dur car je n’arrivais pas à retrouver la concentration nécessaire. J’ai fini par accepter l’invalidité professionnelle qui me permet de subvenir à mes besoins. Sur le plan financier, ça n’a pas été évident, car il y a un décalage entre la déclaration d’invalidité et le moment où on perçoit la rente. Ce qui est encore plus difficile à accepter, c’est le refus des banques de m’accorder le moindre prêt. Du coup, c’est mon épouse qui prend tout à sa charge. Comment s’est passé votre suivi médical ?

Malheureusement, j’ai fait une septicémie après ma radiothérapie. J’ai tenté d’en savoir davantage auprès de mon cancérologue. Mais, embarrassé par mes questions, celui-ci a préféré rompre la relation de soins. Pendant quinze jours j’ai eu des pensées suicidaires. La médiation auprès du conseil de l’ordre n’a pas arrangé les choses. Finalement, j’ai trouvé un autre établissement qui a accepté un peu à reculons de me suivre. Actuellement, j’ai rendez-vous avec un cancérologue tous les six mois et je passe un scanner tous les ans, mais c’est une période d’angoisse pour moi.

Qu’est-ce qui vous a aidé à vous relever après le cancer ?

Mon épouse a été d’une grande force, car cette période a été aussi très difficile pour elle. Je me suis également mis à l’écriture (Mal et fils, éditions Persée, 2009).Surtout, j’ai découvert l’extraordinaire Comité départemental de la Ligue du Rhône. Pour moi, la réinsertion dans la vie active est passée par ce Comité. J’ai eu le sentiment d’être utile notamment en animant des ateliers d’écriture pour les malades.

- See more at: http://www.ligue-cancer.net/vivre/article/26475_lapres-traitement-une-nouvelle-etape#.UfklUm06T5M

Derrière son bureau, en blouse blanche, le cancérologue livre le bilan tant espéré de fin de traitement : c’est une rémission complète, l’absence de tout signe apparent de la maladie. Entre soulagement et angoisse d’une rechute, épuisement physique et désir d’aller de l’avant, comment reprendre petit à petit le cours d’une vie normale quand pendant de nombreux mois, la maladie a imposé son rythme ? Plus de deux millions de personnes en France ont un jour eu à se poser la question de l’après-traitement pour un cancer (Commission d’orientation sur le cancer 2003). Affaiblis sur les plans musculaire et articulaire, carencés sur le plan nutritionnel, elles se sont souvent retrouvées bien seules pour affronter cette période difficile. « La qualité de la prise en charge médicale ayant énormément progressé ces dernières années, le contrecoup est d’autant plus important au moment où les personnes quittent le cocon hospitalier. Certains patients disent : ça y est, je suis guéri, il faut que ça reparte. D’autres éprouvent un sentiment d’abandon notamment vis-à-vis de l’équipe hospitalière qui les a tellement aidés à surmonter l’épreuve de la maladie », analyse Giulietta Poillerat, déléguée au service actions pour les malades à la Ligue contre le cancer.

Perte d’autonomie

En bonne place parmi les premières préoccupations des malades après un traitement figure le besoin de se reconstruire : soutien psychologique, prise en compte des séquelles physiques, redéfinition d’un projet de vie en particulier sur le plan professionnel, etc. Ce processus doit souvent prendre en compte la fatigue qui peut revenir pendant plusieurs années. Par ailleurs, certaines personnes vont devoir affronter les conséquences de la perte d’autonomie sur le plan de leurs capacités physiques ou sur le plan social. Enfin, s’agissant de la reprise du travail, si des solutions existent pour permettre des adaptations de l’emploi, la question de la réinsertion professionnelle demeure complexe : « Une femme qui a subi un curage ganglionnaire suite à un cancer du sein ne pourra plus réaliser des tâches pénibles avec son bras. De même, un chauffeur routier rencontrant des problèmes d’incontinence après le traitement chirurgical d’un cancer de la vessie ne pourra plus exercer son métier », témoigne le Dr Bruno Audhuy, cancérologue et administrateur de la Ligue. Certains salariés pourront bénéficier d’un aménagement de poste au sein de leur entreprise ou d’un reclassement. D’autres devront subir l’épreuve d’un licenciement et entamer une requalification professionnelle. Rappelons qu’aujourd’hui 40 % des personnes soignées pour un cancer font partie de la tranche d’âge des actifs. Mais l’épreuve du cancer n’a pas que des effets négatifs ainsi que l’attestent des cancérologues et des psychologues : elle peut être l’occasion de repenser son projet professionnel, voire son projet de vie.

Les activités physiques contribuent à retrouver confiance en soi.

Surveillance alternée

Face à l’affaiblissement physique, les activités physiques peuvent également contribuer à retrouver confiance en soi : « Souvent après un traitement, les personnes ne souhaitent pas se rendre dans une salle de gym traditionnelle ni même à la piscine. Mais à partir du moment où l’activité se déroule dans un cadre un peu médicalisé, elles reprennent confiance et découvrent que leur corps n’a pas perdu sa capacité à faire des efforts », poursuit le cancérologue. D’ailleurs, de plus en plus d’établissements proposent ce type de prise en charge. Quant à la surveillance médicale, elle varie bien entendu d’une personne à l’autre, d’une pathologie à l’autre. Bâtie « sur-mesure », elle est amenée à être coconduite par un médecin généraliste en lien avec un cancérologue. Une mesure préconisée par le Plan cancer 2. A titre d’exemple, le centre hospitalier de Colmar a mis en place un protocole de surveillance alternée pour les personnes qui ont été soignées pour un cancer du côlon, du sein et bientôt de la prostate. La vie sociale peut également se trouver modifiée. Les proches peuvent avoir été affectés. De même, l’impact corporel de la maladie et des traitements peut causer des difficultés dans la vie intime. Enfin, il arrive que les ressources financières diminuent après un cancer : « Les revenus peuvent baisser, les personnes peuvent avoir un reste à charge en raison de dépenses non couvertes par l’assurance maladie : dépassements d’honoraires dans le cadre de reconstructions mammaires, achats de perruques, etc. De même, les personnes de moins de 60 ans ne bénéficient pas de l’aide personnalisée à l’autonomie, si elles souhaitent embaucher une aide à domicile », pointe la déléguée au service actions pour les malades. Afin de mieux comprendre ces phénomènes, la Ligue a lancé une enquête baptisée Dopas (voir encadré p.36 et lire aussi p.40).

« On s’imagine que les personnes vont savoir de manière innée comment repartir alors qu’elles ont besoin d’un accompagnement post thérapeutique mené par des professionnels. »

Après un traitement figure le besoin de se reconstruire : soutien psychologique, prise en compte des séquelles physiques, redéfinition d’un projet de vie.

Pour un accompagnement global

L’année dernière, les commissions sociales des Comités départementaux de la Ligue ont consacré 6 millions d’euros pour venir en aide aux personnes (aide alimentaire, soutien au paiement des loyers, achat de prothèses, financement d’aide-ménagères, etc.). Mais, au-delà des aides ponctuelles qu’elle peut apporter, la Ligue est favorable à l’instauration d’un accompagnement global dans le cadre de l’après-traitement en France. C’est déjà le cas en Allemagne où les patients ont la possibilité d’effectuer un séjour dans un centre de réadaptation, séjour pris en charge par une mutuelle. Ils y bénéficient d’un accompagnement sur les plans de la nutrition, du bien-être physique et psychologique pendant quatre semaines. «On s’imagine que les personnes vont savoir de manière innée comment repartir. Or elles ont besoin d’un accompagnement post thérapeutique par des professionnels. Et ce d’autant plus que, vulnérables, elles sont sensibles aux arguments de tous les mauvais conseilleurs », conclut le Dr Audhy. Aujourd’hui, grâce aux progrès thérapeutiques, pour 42 % des patients, le taux de survie à cinq ans après un cancer est de 80 %. Des chiffres qui incitent à se préoccuper davantage de la prise en charge après traitement.

Philippe Bohlinger

 

 

Trois questions à…

Denis Azoulay, 52 ans, administrateur du Comité départemental de la Ligue du Rhône.

 

Après votre traitement pour un cancer, quelles difficultés avez-vous rencontré ?

Mon traitement pour un cancer de l’estomac par chirurgie, chimio et radiothérapie il y a six ans, m’a beaucoup affaibli. J’ai perdu 22 kg et me suis retrouvé très démuni face aux difficultés quotidiennes d’alimentation. A l’époque, je n’ai eu aucune incitation médicale à consulter un nutritionniste. Je souffre également d’un dumping syndrome, des évanouissements, un handicap qui complique mon existence. Sur le plan professionnel, en tant que dentiste, il n’existe pas de possibilités de mi-temps thérapeutique. J’ai bien tenté de reprendre le travail, mais c’était dur car je n’arrivais pas à retrouver la concentration nécessaire. J’ai fini par accepter l’invalidité professionnelle qui me permet de subvenir à mes besoins. Sur le plan financier, ça n’a pas été évident, car il y a un décalage entre la déclaration d’invalidité et le moment où on perçoit la rente. Ce qui est encore plus difficile à accepter, c’est le refus des banques de m’accorder le moindre prêt. Du coup, c’est mon épouse qui prend tout à sa charge. Comment s’est passé votre suivi médical ?

Malheureusement, j’ai fait une septicémie après ma radiothérapie. J’ai tenté d’en savoir davantage auprès de mon cancérologue. Mais, embarrassé par mes questions, celui-ci a préféré rompre la relation de soins. Pendant quinze jours j’ai eu des pensées suicidaires. La médiation auprès du conseil de l’ordre n’a pas arrangé les choses. Finalement, j’ai trouvé un autre établissement qui a accepté un peu à reculons de me suivre. Actuellement, j’ai rendez-vous avec un cancérologue tous les six mois et je passe un scanner tous les ans, mais c’est une période d’angoisse pour moi.

Qu’est-ce qui vous a aidé à vous relever après le cancer ?

Mon épouse a été d’une grande force, car cette période a été aussi très difficile pour elle. Je me suis également mis à l’écriture (Mal et fils, éditions Persée, 2009).Surtout, j’ai découvert l’extraordinaire Comité départemental de la Ligue du Rhône. Pour moi, la réinsertion dans la vie active est passée par ce Comité. J’ai eu le sentiment d’être utile notamment en animant des ateliers d’écriture pour les malades.

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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 08:37

Les bienfaits de l’art-thérapie dans le traitement du cancer du sein

Publiée le 13/04/2013 à 00:04

Les bienfaits de l’art-thérapie dans le traitement du cancer du sein

Pascale-Gauthier.gif

 

Pascale Gauthier, victime d'un cancer du sein découvert fin 2010, a rejoint l'atelier d'Art-thérapie de Louis Natoli de la Ligue contre le Cancer qui en 3 ans a accompagné 125 malades. Elle exposera ses tableaux et sculptures en mairie dès lundi 15 avril, ainsi que 50 autres patientes inscrites à ces ateliers. Témoignage :

 

art thérapie

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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 08:16

 

 

BRUXELLES – Le cancer du sein est une maladie très lourde à porter, tant sur le plan physique mais aussi psychologique.
Des études scientifiques ont toutefois démontré que les patientes qui suivent une thérapie par l’art souffrent moins souvent de dépression et de fatigue.
C’est la raison pour laquelle la clinique du sein de la Clinique Saint-Jean a décidé d’intégrer l’art-thérapie à la trajectoire de soins personnelle des patientes atteintes d’un cancer du sein, au même titre qu’une activité physique régulière, une alimentation saine et un accompagnement psychologique.
Les patientes ont l’occasion de participer chaque semaine à des ateliers créatifs accompagnés d’une art-thérapeute reconnue.
Envie de découvrir leurs œuvres ? 

Pour le Dr Hilde Vernaeve, coordinatrice médicale de la clinique du sein, proposer des ateliers d’art-thérapie à ces patientes était une étape logique.
« Le cancer du sein touche les patientes dans tous les aspects de leur féminité.
Nous remarquons toutefois qu’elles ne parviennent pas toujours à mettre en mots toutes les émotions que déclenchent chez elles le diagnostic et le traitement ; l’art-thérapie leur permet d’exprimer ce vécu complexe. »
 
Corinne Mayeux, artiste et art-thérapeute reconnue, se charge d’encadrer les ateliers hebdomadaires au sein de la Clinique Saint-Jean.
« Par le travail de l’argile ou des couleurs, les patientes peuvent donner corps à leur vécu de la maladie.
Elles vont ‘littéralement’ donner une forme concrète à leurs difficultés », explique Corinne Mayeux.
Il n’est pas nécessaire d’être amateur d’art ou d’avoir la fibre créatrice, souligne la thérapeute.
« L’art-thérapie est par excellence une activité de groupe ; l’atelier stimule les échanges entre les participantes, ce qui favorise la solidarité et la reconnaissance.

Mais cela n’empêche évidemment pas l’expression individuelle. »

Plus d’informations :
 
Les œuvres des patientes seront présentées jusqu’au 30 juin 2012 dans le hall d’entrée de la clinique.
 
Clinique du sein – Clinique Saint-Jean/Site Botanique - Bd du Jardin botanique 32,   1000 Bruxelles - T: +32 2 221 97 97 - M : cliniquedusein@clstjean.be - www.cliniquedusein-sj.be

A propos de la Clinique Saint-Jean

Installée en plein cœur de Bruxelles, la Clinique Saint-Jean, propose grâce à son équipe hautement spécialisée de 1.300 collaborateurs un vaste éventail de soins de qualité.
Elle offre une prise en charge totale, basée sur la reconnaissance des besoins physiques, émotionnels et sociaux du patient, tout en accordant une importance centrale au respect de la diversité des cultures, des convictions et des religions. Fondée en 1211, la Clinique Saint-Jean peut s’appuyer sur huit siècles de tradition hospitalière.
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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 07:08

« L'art-thérapie est une pratique de soin fondée sur l'utilisation thérapeutique du processus de création artistique. »


definition

Définir l’art-thérapie est complexe.

L'art se met au service du soin pour renouer une communication, stimuler les facultés d’expression et dynamiser les processus créatifs de la personne.

Il s’agit de soins psychiques mais aussi de soins du corps. Les art-thérapeutes interviennent auprès de personnes souffrant de difficultés psychiques et/ou psychologiques, ou en situation de fragilité (maladie, vieillissement, handicap, exclusion sociale, dépendances, traumatismes, ...)

 

Les art-thérapeutes reçoivent les personnes au sein de leur atelier, cabinet ou en institution, travaillant seul ou en équipe.

À travers la production artistique : modelage en terre, peinture, bande dessinée, marionnette, personnage de théâtre, chant, danse, musique, vidéo, les art-thérapeutes aident à développer les capacités créatives, à construire une image valorisante de soi, à exprimer et soulager une souffrance...


Les art-thérapeutes créent un dispositif d'accompagnement permettant à la personne d’exprimer, de mettre en forme et d’élaborer le dicible comme l'indicible, de créer des liens et du sens dans un processus de changement.


Les ateliers ou les prises en charge sont proposés en individuel ou en groupe.

Les séances durent une à deux heures, voire davantage, selon le type de population concerné et la forme d'intervention.

La périodicité des séances se décide au début de l’engagement, après une rencontre préliminaire.

C’est un travail qui se développe dans la durée, un minimum de séances est nécessaire.

En libéral, il s'agit généralement d'une démarche volontaire du patient ou de sa famille.

Une prise en charge à domicile est possible. En institution, une indication est posée et discutée avec l’équipe pluridisciplinaire, en accord avec le patient, et s'inscrit dans une prise en charge globale.

Actuellement les art-thérapeutes exercent dans diverses structures (liste indicative mais non exhaustive) : foyers d’accueil, foyers de vie, hôpitaux publics et privés psychiatriques et de soins généraux, maisons de retraite, centres médico-psychologiques (CMP), centres médico-psycho-pédagogiques (CMPP), centres pénitentiaires, centres d’aide par le travail (ESAT), Centre d'accueil thérapeutique à temps partiel (CATTP), instituts médico-professionnels (IMPro), instituts médico-éducatifs (IME), établissements médico-pédagogiques (EMP), instituts de rééducation pédagogique (IRP), hôpitaux de jour, écoles publiques, privées ou spécialisées, etc…


D’autres applications se développent dans d'autres champs : sociaux, pédagogiques, judiciaires, associatifs, et dans le monde du travail.


D'autres instances administratives ont recours aux  art-thérapeutes : DDAS, CAF, Services Sociaux, Pôle Emploi, la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ), l'Education Nationale (GRETA).

 

Suivent deux articles qui démontrent les bienfaits de l'art-thérapie face au cancer du sein.

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Published by Association-Essentielles - dans APRÈS CANCER
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25 avril 2013 4 25 /04 /avril /2013 10:45
témoignage, cure, post cancer
« 3 SEMAINES DE VACANCES m’attendent 3 semaines pour décompresser et me faire dorloter ! J’ai hâte, je suis pressée d’arriver…
 Dimanche matin, les valises sont chargées (en fait le coffre est archi plein!) et en route direction LA ROCHE POSAY dans la Vienne.
Mes 1ères Vacances de curiste !
A., mon chéri prend le volant et c’est parti…3h30 de route, 2 péages,ce n’est pas bien long !
 Nous arrivons pour 15h à l’hôtel Mélusine** (Hôtel et Balnéothérapieunique à La Roche Posay, le charme en pleine nature dans le parc thermal avec piscine et centre balnéo – remise en forme intégrée. Golf sur place et tennis à 50 m)

 Une charmante hôtesse nous accueille et nous emmène à la découverte des lieux :
 Tout d’abord la Salle de Sport équipée de vélos, rameur, table de musculation et un super tapis de course qui me fait un clin d’oeil, ainsi que la salle de cours collectifs (step, aérobic), nous poursuivons avec la découverte du Sauna situé à côté de la piscine, puis de la Tisanerie, un bel espace lumineux appelant au repos d’où il émane plusieurs aromes (fruits rouges, menthe…) des fauteuils et chaises longues sont répartis dans la grande pièce baignée de lumière et de musique douce.
Des revues sont disposées sur les tables basses.
Un endroit très doux aux couleurs pêche.
De part et d’autre les salles de soins (enrobage à la crème de lait et miel), massage, bains hydromassants aux huiles essentielles, manucure..
 Personnellement, je n’ai pas souscrit à cet abonnement de soins « Confort ».
Je suis là pour une cure à l’eau thermale et mon traitement est récent. Ma peau a souffert aussi je préfère attendre pour refaire des soins aux huiles essentielles.
 Enfin nous arrivons à la piscine chauffée à l’eau thermale. Nous sommes surpris de son volume car elle est grande et permet de nager facilement.
La piscine est partiellement bâchée ce qui permet de conserver la chaleur tout en étant ensoleillée.
 Heureusement que je me suis acheté un tee-shirt spécial natation anti UV (en vente dans tous les GSM de sport type décathlon / go sport… à un prix très raisonnable).

 Eh oui NO SOLEIL !
INTERDICTION TOTALE D’EXPOSITION AUX UV….
CET ETE,
PEAU BLANCHE TU ES,
PEAU BLANCHE TU RESTERAS,
PROTECTION 50 TU METTRAS !!!!

 Nous finissons la visite par la présentation de notre appartement : D’une superficie de 22m² il est équipé d’une grande chambre avec 2 lits jumeaux de bonne dimension, d’une commode, d’une armoire et d’un bureau, téléphone et TV dernière génération.
A l’arrière, une petite cuisine fermée équipée de plaques électriques, four et petit frigo.
La salle de douches de taille correcte et à la décoration succincte restent agréables.
 Malgré tout ça, un vrai coup de blues me prend en prenant possession de notre appartement.
Je suis loin des vacances habituelles, loin de la mer et de l’air iodé. Juste une petite ville dotée d’un centre thermal, de champs de tournesols, de vaches et de chèvres.
Eh oui, nous sommes en pleine campagne.

 Je me suis adaptée à beaucoup de choses ces derniers temps mais je vivais ces vacances « CURE » comme une sanction alors qu’elles sont faites pour mon bien.
Je sais bien tout cela mais ce qui m’a un peu titillée, je l’avoue, c’est que j’ai constaté en traversant le centre ville et lors de notre arrivée à l’hôtel Mélusine, que j’étais la seule.
La seule à venir pour une cure Post cancer, la seule à avoir peu de cheveux, la seule sans sourcils enfin 3 / 4 qui se battent en duel.
Quel monstre d’égoïsme   .
Je ne voyais que moi alors qu’autour de moi bébés, enfants et adultes luttent contre des problèmes de peau très handicapants physiquement et mentalement.
 Finalement, la soirée sera agréable au bord de la piscine en trinquant à notre repos bien mérité.
A ce moment là, je porte un regard différent sur mon séjour qui s’annonce, mon appréhension disparait, j’arrive enfin à me détendre et à penser en mode vacances / repos / coupure.
D’ailleurs, j’attaque la cure le lendemain, lundi à 8h45 ! 1ère chose à faire : Changer cet horaire JE SUIS EN VACANCES !!!!!

 LUNDI DEBUT DE CURE : Accueil aux thermes du Connetable
 J’arrive – euh pas seule mais avec mon chéri pour le 1er jour – dans le vaste complexe des thermes : Le bâtiment impressionnant est sur 2 niveaux édifié au coeur du Parc thermal. Il y a un monde incroyable à l’accueil.
Beaucoup de personnes – pour ne pas dire toutes – sont présentes pour des problèmes de peaux…
J’étais habituée à me rendre dans des services spécifiques où nous sommes tous concernés par le crabouillet.
On comprend aussi qu’il y a de sérieux problèmes de peau et que les enfants comme les adultes doivent souffrir de leur eczéma ou psoriasis (entre autres).
 Ah c’est à moi… bisou à mon chéri, ça y est, j’assume, j’y vais seule… passé l’administratif je me rend au comptoir Lingerie où l’on me remet mes chaussons, mon peignoir et 2 serviettes ainsi que des échantillons de crème.
Qu’est ce qu’elles sont sympas les filles, elles sont très souriantes et attentionnées… pourtant il y a un monde fou.
Et hop direction le 1er étage où Nathalie 1 – elle se reconnaîtra – me fait découvrir avec 3 autres personnes les différents soins.

 A toutes celles qui pensent que leur maillot de bain n’est plus à la mode cette année – ce n’est pas grave, faites des économies :

 la consigne c’est NU SOUS LE PEIGNOIR

 Je range mes vêtements dans la consigne, mets mon peignoir et mes nouveaux chaussons plastiques – spéciale cure top la classe – et c’est parti…
Il y a du monde partout.
Je suis au service VERT en fonction du médecin qui me suit durant la cure.
On attaque :

 1/DOUCHE FILIFORME : Cette douche est donnée exclusivement par le médecin thermal ou son assistant (un super assistant).
Elle consiste en une projection d’eau sur le corps et principalement sur ma cicatrice de tumorectomie.
La puissance du jet – qui peut être très douce ou forte – est dosée par pression des mains du praticien.
Celui-ci oriente alors le jet en effectuant différents mouvements. Je dois avouer que c’est très agréable.
J’ai arrêté la radiothérapie 15 jours avant et ma peau pèle un peu. Assise nue sur un tabouret – faut s’habituer – l’eau chaude qui ruisselle me fait un bien fou.
C’est aussi à ce moment que je fais connaissance avec la dermatologue thermale – spécialisé en homéopathie et que j’ai choisi lors de mon inscription.
J’ai opté pour le Dr DELREZ FURY pour sa spécificité homéopath. J’en suis ravie elle est dynamique, très sympa et très attentive.
Son assistant espagnol est lui aussi super sympa, je vais le découvrir tout au long de la cure.
Il m’explique la couleur de ma cicatrice, me dit qu’elle évolue bien, il est très rassurant et est toujours soucieux de mon confort, de mes sensations, des douleurs post opératoires / radiothérapie éventuelles.

 2/ ENSUITE DIRECTION LA PULVERISATION : debout dans une cabine, l’eau est pulvérisée sur tout le corps – hors visage – car il existe aussi une pulvérisation faciale.
La pulvérisation dure environ 10 minutes. Je dois avouer que ce n’est pas mon étape préférée.
Mais Céline en charge de ce secteur est très marrante, d’excellente humeur et – nous réserve un petit mot gentil tous les jours ! Une fille extra avec une pêche d’enfer.
Rien que pour ça, je vais à la pulvérisation.

Pour les curistes Post Cancer, il s’agit d’une pulvérisation douce dirigée sur le corps et particulièrement lsur a cicatrice.
La pulvérisation terminée, je longe le couloir en direction des bains.

 3/ LE BAIN : C’est ce que tout le monde appelle le moment détente. Je plonge – façon de parler – dans une baignoire à remous (pas d’eau trop chaude selon les consignes du médecin) mais personnellement je n’apprécie pas l’eau tiède alors j’ajoutais toujours de l’eau chaude !!! (chut faut pas le dire)
J’y restais 20 minutes à me détendre, à lire ou à faire des abdos quand j’en avais marre.
Certaines baignoires donne sur de larges fenêtres avec vue sur la campagne.
Là aussi tout le personnel est très gentil et souriant.
Quand le minuteur sonne, j’enfile mon nouveau peignoir mis à ma disposition pour me rendre à ma séance de Kiné.

 4/ MASSAGE : Le Dr DELREZ FURY m’a prévu 18 séances de kiné. Allongée sur une table – toujours en tenue d’Eve, des douches au-dessus de moi diffusent des jets d’eau chaude pour que je n’aie pas froid. Carlos, le kiné, masse avec de l’eau et de la crème ma cicatrice pour « décoller les peaux » – et l’affiner.
Ce moment est agréable, il dure 15 minutes durant lequel on peut échanger.
Qu’est ce qu’on papotait avec Carlos… je lui apprenais des expressions françaises qu’il répétait avec un accent espagnol fort prononcé…
 (Exemple avec Carlos : je lui disais de répéter : « Les chaussettes de l’archiduchesse sont elles sèches ou archi sèches » et ça devenait « les saussettes de larchi duchiAsse sont elles chèssent ou archichèchent »)
 Carlos est encore sur place… avis à tous celles qui auront Kiné avec lui faites lui passer le test et vous aurez un bon fou rire tous les 2 !

 Tous les soins se font en cabines individuelles hormis la douche filiforme et les séances de kiné qui se font avec le praticien.
Ce rituel, je vais le vivre 21 jours, 6/7 jours…
 Alors beaucoup de personnes disent que la cure fatigue. Personnellement, je ne l’ai pas ressenti mais en revanche je me sentais détendue et « zen ».
En fait moi qui croyais avoir atterri dans une dead zone je me retrouve dans un cocon dynamique où on prend soin de moi, où on s’inquiète de mon bien être et où je peux si je le désire aller à un bon nombre de conférences sur la peau, l’hydratation, l’alimentation… et j’y reviendrai plus tard à un atelier de maquillage !

 La cure POST CANCER DE LA ROCHE POSAY est récente.
Aussi Nathalie 1 me convie avec d’autres collègues à une petite réunion histoire de faire le point sur notre bien être et notre ressenti de la cure.
Tout cela afin d’améliorer notre traitement.
Je trouve l’idée sympa et décide de m’y rendre.
 La Roche Posay c’est la cure tous les jours sauf le dimanche mais j’ai trouvé mon rythme et me plais à me laisser conduire tous les matins d’un soin à l’autre. « Nathalie 1 » me convie à une réunion pour les « Post Cancer du sein » comme ils disent, histoire de faire le point sur nos impressions.
 Me voilà donc assise à l’Hôtel Saint Roch en me demandant combien de femmes nous serons à cette réunion.
Moi qui pensais être seule en cure « Après cancer du sein » à la Roche Posay, je fus bien surprise de voir que nous étions quelques unes tout de même.
Évidemment moi ça se voit un peu plus avec mes cheveux « hyper archi courts et mes 3 sourcils » 
 Cette petite réunion me permet de faire la connaissance d’Emmanuelle*.
Une fille super sympa avec une histoire similaire ou presque à la mienne à certains détails près : elle est très courageuse, elle a 4 enfants !
Elle a été soignée il y a 3 ans maintenant à 35 ans et a subi 8 séances de chimio et 28 séances de radithérapie.
En tous cas nous sommes devenues copine et avons partagé de bons moments ensemble : en fait on s’est beaucoup amusé, on a beaucoup ri.
Emmanuelle a une pêche d’enfer comme beaucoup de femmes présentes à cette réunion.

 Un soir après l’apéritif nous sommes allés au centre ville pour dîner mais tous les restaurants nous refusaient : il était quand même 23h00 ! OUPS Heureusement on a fini par trouver une pizzeria qui nous acceptait à cette heure!

 Les jours s’écoulent ainsi au rythme de l’eau, de mes bavardages avec Emmanuelle, des promenades sur le golf et dans la ville médiévale.
Pour être franche, il est vrai qu’à certains moments j’en avais un peu marre de l’eau.
Parfois, en revenant de la cure, A. mon chéri m‘attendait pour « piquer une tête dans la piscine »….après 2h30 de soins dans l’eau j’avoue que je n’étais guère enthousiaste !!!
Même si celle-ci est à l’eau thermale.
En revanche le soir, j’appréciais de nager dans cette eau de velours, une eau chaude et douce comme une caresse.

Mon séjour m’a aussi permis de rencontrer, Cathy avec qui je bavardais le matin en attendant la séance de kiné.
On échangeait sur nos expériences et les plantes qui nous ont aidées lors de notre traitement car nous sommes toutes différentes avec des réactions variables.

Emmanuelle ne souffre pas des bouffées de chaleurs mais moi… l’HORREUR !
Je ressemble à une centrale nucléaire mobile !
Moi qui ne transpirais jamais et bien c’est chose faite.
Ces bouffées de chaleur sont le ré sultat de l’interruption de mon cycle.
Quand je pense qu’en rentrant de la cure, DR HOUSE va m e prescrire le TAMOXIFENE…et que ce dernier donne des bouffées de chaleur, à quoi vais-je ressembler ???

J’essaie encore d’apprivoiser ces bouffées de chaleur mais bon, elles me prennent n’importe quand, n’importe où !
Alors si je suis contente, émue ou autre, allez hop une petite bouffée… l’autre matin mon chéri m’a dit :

-«Tu as bonne mine les vacances te réussissent ! »
Tu m’étonnes !?!? Je suis en train de faire une bouffée de chaleur donc mes joues rosissent, mon cou devient moite ainsi que mes bras et mon torse.

Emmanuelle m’a dit qu’elle avait souffert quelques temps de douleurs aux doigts liées aux effets secondaires du taxotère. Je n’ai pas eu ces douleurs peut-être protégée par le vernis EVONAIL que je mets encore tous les jours même en cure !

Il y a un truc super sympa à faire : l’atelier MAQUILLAGE !

J’y ai participé et c’était pas du luxe car je crois que je ne maîtrisais pas toutes les techniques!
La séance se déroule en 1 heure environ pendant laquelle une professionnelle nous met en valeur et nous explique les différents coups de pinceaux à mettre ou pas !
Elle m’a redessiné les sourcils qui peinent à repousser. Je me suis retrouvée en sortant de ce RV.
Le petit plus c’est la fiche conseils qu’on reçoit à la fin du RV.

Pour conclure, mon séjour a été très bénéfique sur de nombreux points.
Ma cicatrice est plus fine, mes cheveux repoussent, mes poils aussi , ma peau est douce et réhydratée.
Enfin, je suis reposée et prête à affronter la rentrée.
Mon seul regret – comme passionnée de golf – est de ne pas avoir pu jouer au golf à cause de mon boitier : le parcours est beau et les membres du golf sont très sympas… je me fais la promesse de revenir y jouer dès que possible…

Je suis partie ressourcée de la Roche Posay où j’ai passé 3 semaines très agréables.
J’invite toutes les femmes touchées par un cancer du sein (au autre) à solliciter cette cure auprès de leur médecin traitant ou de leur oncologue.

En attendant mon RV avec DR HOUSE le 31 août prochain, je reprends l’organisation de la 1ère édition du trophée Ruban Rose le 26 septembre au golf de Guerville.

Mais je crois qu’une surprise m’attend ces prochains jours… »

Une curiste en cure post cancer à La Roche Posay

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