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   News du 29/07/2003 
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Article publié sur AlBayane
Le cancer du sein HER2 ouvre la voie au traitement à la carte

Selon les dernières études épidémiologiques mondiales, un peu plus de 300.000 femmes vivraient actuellement avec un cancer du sein et une sur 9 serait susceptible d'être touchée par cette pathologie qui reste la principale cause de mortalité pour les moins de 65 ans.

Au Maroc, l'absence de registre national des cancers et d'études statistiques rigoureuses ne permet de faire que des suppositions sur l'évolution de cette maladie.

Et selon des extrapolations sur les chiffres de centres publics et privés de prise en charge des cancers, on estime qu'au Maroc on enregistre 44 000 nouveaux cas par an.
Par ailleurs, les 5 centres marocains de cancérologie, repartis sur les secteurs public et privé, ne prennent en charge que 12 000 cas par an.

Quoi de neuf aujourd'hui en matière de prise en charge des cancers du sein avancés ?
La recherche dans le domaine des traitements anticancéreux s'oriente vers la mise au point de traitement ciblé, qui n'est prescrit et administré au patient qu'après identification par des examens spécifiques du récepteur sur lequel va agir le médicament.

La meilleure illustration en est le cancer avancé du sein, le traitement ne peut aboutir à des résultats concluants, qu'en cas de bilan positif d'un récepteur appelé Human Epidermal Receptor2 (HER2).

Dans le cas contraire, c'est une perte d'énergie et des moyens financiers dilapidés qui pourraient être alloués pour d'autres priorités sanitaires. Et si aux USA et en Europe, les thérapeutiques à la carte ou ciblées sont disponibles, qu'en est-il pour des pays comme le Maroc ? D'autant plus que les médecins anatomo-pathologistes marocains maîtrisent les techniques de laboratoire pour prouver la positivité ou non d'un bilan HER2.
Les dernières données scientifiques se rapportant à ce qu'on peut qualifier par l'ère du traitement à la carte des cancers, ont été présentées aux cancérologues marocains par le docteur R. Bugat, lors du 4ème Congrès International de Cancérologie, organisé à Agadir fin juin 2003, par l'Amicale des médecins cancérologues marocains.

En langage moins codé, il s'agit de l'action d'un "anticorps" qui vise les cellules cancéreuses spécifiques dans le corps humain et spécialement l'état génétique associé à leur croissance agressive et cela en bloquant le fonctionnement d'un récepteur spécifique appelé HER2.

De quoi s'agit-il ? C'est un gène connu comme étant capable de promouvoir la croissance des cellules cancéreuses, dénommé par les scientifiques, Human Epidermal Receptor (HER2).
Ainsi, un taux élevé de ce récepteur, peut entraîner une croissance accélérée des cellules cancéreuses du sein.
Et parmi les femmes diagnostiquées comme ayant un cancer du sein, une sur cinq sera HER2 positif. Ceci se rapporte à une forme particulière de la maladie qui peut évoluer plus rapidement par rapport à une femme pour laquelle ce bilan est négatif. Dans ce cas, il semble que ces femmes réagissent moins efficacement au traitement classique par la chimiothérapie standard.
De ce fait, les patientes atteintes d'un cancer avancé du sein et qui sont HER2 positive, les avantages les plus marqués peuvent être obtenus en associant à la chimiothérapie standard, le blocage de ce gène responsable de la démultiplication excessive des cellules cancéreuses, par une thérapeutique spécifique.
Ainsi, des études récentes chez des patients avec un cancer du sein métastatique, a montré que l'association de cette technique thérapeutique avec la chimiothérapie s'est traduite par une prolongation de survie atteignait jusqu'à 25% chez des patients HER2 positives.

C'est pour cette raison que l'établissement de ce bilan doit former une part essentielle de la gestion du cancer avancé du sein. Car en cas de bilan négatif ce type de traitement s'avère inutile et inefficace.

Il faut noter que des essais cliniques réalisés antérieurement et qui sont toujours en cours, ont confirmé l'innocuité et la bonne tolérance de ce traitement et que les effets secondaires associés et qui sont les plus souvent rapportés sont la fièvre et les frissons et elles sont de nature transitoire.

Aujourd'hui donc, l'espoir est également permis pour les femmes ayant un cancer avancé du sein, grâce à la connaissance statut "HER2", qui offre des possibilités thérapeutiques optimales quant il s'avère positif.

par Dr. Mohammed Rhazoini
Article publié par AlBayane sur http://www.albayane.ma/Detail.asp?article_id=37377


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