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   News du 19/04/2007 
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Article publié sur Egora.fr
Effets des radiographies pulmonaires et cancer du sein en cas de mutation BRCA1 et 2

Revue du praticien gynécologie obstétrique avril 2007
Nicolas Perrot,

Les femmes porteuses d´une mutation BRCA1 et 2 sont à risque accru de cancer du sein en rapport avec un défaut de réparation de l´ADN.

L´hypothèse de mise à l´origine de cette étude, portant sur une population de 1 601 femmes porteuses de cette mutation, est celle d´une sensibilité accrue à l´exposition aux rayons X, donc celle d´un risque accru de cancer du sein après des radiographies pulmonaires répétées.

L´étude porte sur une cohorte européenne par le biais d´un questionnaire envoyé par courrier à chaque patiente. Elles indiquent une exposition ou l´absence d´exposition aux radiations ionisantes et la quantifient en précisant leur âge au moment de l´exposition, ainsi que le niveau (fréquence sur une période donnée).

Il s´agit de l´exposition aux radiographies pulmonaires strictement, et non aux mammographies.

La méthode statistique prend en compte le biais de surreprésentation des patientes atteintes de cancer, le corolaire étant la perte de puissance du test comparé à une régression de Cox standard. Les résultats mettent en évidence un risque accru de cancer chez les femmes ayant eu des radiographies pulmonaires par rapport à celles qui n´y ont jamais été exposées.

Le risque apparaît proportionnel aux nombres de clichés réalisés, le risque relatif est de 1,54 ; p = 0,0007. Ce risque est d´autant plus élevé que l´âge d´exposition était faible (risque relatif de 2,75 chez les femmes de moins de 40 ans, risque relatif de 1,35 chez les femmes de plus de 40 ans).

L´exposition des femmes avant 20 ans donne un risque relatif de 5,21. Il n´existe pas de différence dans l´augmentation du risque relatif chez les femmes BRCA1 et les femmes BRCA2.

Cette étude mérite quelques réserves : elle est rétrospective, fondée sur les données d´un questionnaire. La quantification de l´exposition aux rayons X est très imprécise : oubli, impossibilité de préciser l´utilisation d´une scopie, autres expositions prises en compte de façon approximative (ex. : cliché full spine pour scoliose). On estime qu´avec les doses reçues comprises au maximum entre 10 et 20 mGy, une population normale (non porteuse de la mutation BRCA1/2) ne montre pas d´augmentation du risque de cancer du sein.

À noter que les résultats obtenus sur certaines sous-populations, comme les femmes ayant été irradiées avant 20 ans, sont très faibles.

Andrieu N, Easton DF, Chang-Claude J, et al. Effect of chest X-rays on the risk of breast cancer among BRCA1/2 mutationcarriers in the international BRCA1/2 carrier cohort study: a report from the EMBRACE, GENEPSO, GEO-HEBON, and IBCCS Collaborators´ Group. J Clin Oncol 2006;24:3361-6.

EN PRATIQUE

L´originalité de cette étude épidémiologique porte sur les risques de l´exposition à des taux faibles de radiations ionisantes. Soutenue par une méthode statistique complexe, elle perd en puissance, et ses résultats doivent être confirmés par des études prospectives.

Son intérêt est d´attirer l´attention sur les populations à risques accrus de cancer du sein, ce qui ouvre le champ à d´autres études portant sur les risques liés à la radiation itérative liée aux mammographies chez ces patientes à haut risque de cancer et sur les conséquences pratiques possibles. Substitution de l´échographie et de l´IRM à la mammographie ?

Utilisation de la mammographie numérisée préférentiellement à la mammographie analogique ? Le champ d´étude est ouvert.
Article publié par Egora.fr sur http://www.egora.fr/commun/script/winbreve.asp?newsid=43302&news_ref=103129


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