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   News du 09/02/2007 
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Article publié sur Actualités news environnement
Cancer en progression en Europe avec 2,3 millions de nouveaux cas

Le CIRC vient de publier les nouveaux chiffres du cancer en Europe et a lancé un appel pour la prévention du cancer en Europe. Les 25 pays de l’Union européenne représentaient près de 2,3 millions de nouveaux cas et plus d’un million de décès par cancer. Depuis 2004, date à laquelle le CIRC publiait la dernière mise à jour des estimations du cancer en Europe, le nombre de nouveaux cas de cancer diagnostiqués chaque année en Europe a augmenté de 300.000 selon les nouvelles estimations publiées par le CIRC dans les Annals of Oncology du mercredi 7 février 2007.

L’Agence de Recherche sur le Cancer de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime en effet qu’en 2006, il y avait 3,2 millions de nouveaux cas de cancer (par rapport à 2,9 millions en 2004) et 1,7 million de décès liés au cancer dans la totalité de l’Europe. Les 25 pays de l’Union européenne représentaient près de 2,3 millions de nouveaux cas et plus d’un million de décès par cancer.

Le Dr Peter Boyle, Directeur du Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC) à Lyon (France), prévient qu’en dépit d’une meilleure prévention et de meilleurs traitements, l’Europe fait face à une augmentation majeure du cancer, principalement en raison du vieillissement de la population. Selon lui, « il est urgent et vital de mettre en œuvre des mesures fortes et efficaces contre le cancer, notamment en Europe centrale et de l’Est, pour juguler l’épidémie de tabagisme et de développer des programmes de dépistage les plus larges possible pour les cancers du sein, du col utérin et du côlon-rectum ». « L’alimentation et l’exercice physique », poursuit-il, « sont tout aussi importants pour aider les populations européennes à réduire des niveaux d’obésité qui montent en flèche et le risque de cancers particulièrement meurtriers, comme le cancer colorectal, et de maladies cardiovasculaires, entre autres. »

Si l’on peut estimer qu’une meilleure longévité est un progrès majeur du siècle passé, obtenu grâce à des avancées indéniables dans de nombreux domaines, y compris l’hygiène, la lutte contre les infections et les progrès technologiques, ainsi qu’à un net recul des maladies transmissibles en Europe, entre autres, ces progrès sont contrebalancés par un lourd fardeau de maladies traditionnellement associées au vieillissement, dont le cancer est une des composantes importantes. Les auteurs préviennent notamment qu’avec le vieillissement de la population européenne les chiffres du cancer continueront à augmenter.

Par ailleurs, en Europe, les facteurs de risque de cancer liés au mode de vie, comme l’absence d’exercice physique, une alimentation déséquilibrée et en tout premier lieu le tabagisme, pèsent lourd sur des niveaux de fond déjà élevés de certaines pathologies cancéreuses.

Il y a donc 3,2 millions nouveaux cas de cancer par an en Europe. Les chercheurs du CIRC ont estimé que 3 191 600 nouveaux cas de cancer avaient été diagnostiqués en 2006 (hormis le cancer cutané non mélanome) et estimé à 1 703 000 le nombre de décès liés au cancer. Sur ces nouveaux cas, 53% affectaient les hommes et 47% les femmes, et sur les décès par cancer, 56% touchaient les hommes et 44% les femmes.

Les cancers du sein, du côlon-rectum et du poumon sont les plus fréquents en Europe. Depuis les dernières estimations pour 2004, le cancer du sein est à présent devenu le cancer le plus fréquemment diagnostiqué globalement, avec 429 900 nouveaux cas en 2006 (13,5% de tous les cas de cancer), avant le cancer du poumon. Il était suivi par le cancer colorectal (412 900 cas, ou 12,9%) et le cancer du poumon (386 300 cas, ou 12,1%).

Les cancers du poumon et du côlon-rectum sont quant à eux les plus meurtriers. Le cancer du poumon demeure le plus meurtrier de tous, avec 334 800 décès estimés en 2006 (19,7% du nombre total de décès par cancer), suivi par le cancer colorectal (207 400 décès), le cancer du sein (131 900 décès) et le cancer de l’estomac (118 200 décès). Le Dr Boyle poursuit : « Comme nous le savons tous aujourd’hui, la majorité écrasante des cancers du poumon est provoquée par le tabagisme et la lutte contre le tabac est donc clairement une priorité absolue dans l’Union européenne, non seulement pour ce qui est des hommes, notamment en Europe centrale et de l’Est, mais de plus en plus en direction des femmes, et notamment en Europe du Nord ».

La deuxième cause la plus fréquente de décès par cancer chez les hommes comme chez les femmes était le cancer colorectal. Le Dr Boyle précise que « les progrès en matière de réduction du cancer colorectal sont très lents ; le nombre de décès a augmenté de 1,8% depuis nos précédentes estimations de 2004. Nous devons par conséquent avancer dans deux directions. La première est que nous avons besoin de mieux connaître le rôle que jouent des modes de vie plus sains, y compris une alimentation équilibrée, davantage d’activité physique et l’évitement de l’obésité. En second lieu, puisque le dépistage du cancer colorectal s’est révélé efficace, nous devons organiser des programmes de dépistage de ce cancer dans toute l’Europe ».

La mortalité par cancer de l’estomac a continué à diminuer chez les hommes comme chez les femmes dans toute l’Europe, principalement grâce à une meilleure conservation des aliments, une meilleure nutrition et une meilleure lutte contre l’infection par la bactérie helicobacter pylori. Ce cancer représente 5,6% de tous les nouveaux cas de cancer (5,9% en 2004) et 7,4% de tous les décès par cancer (8,1% en 2004).

Dans les 25 Etats Membres de l’Union européenne, on estime que 23 600 femmes sont décédées d’un cancer de l’utérus en 2006, pour 46 600 décès dans la totalité de l’Europe. « Le nombre d’années de vie perdues pourrait être réduit chez les femmes vivant dans les pays d’Europe centrale et de l’Est si des programmes de dépistage du cancer du col efficaces étaient mis en place au niveau national », poursuit le Dr Boyle.

« Des programmes de dépistage efficaces et menés au sein de la population sont essentiels, si nous voulons faire des progrès en matière de cancer », insiste le Dr Boyle. Il conclut en précisant que « jusqu’à ce que l’Europe soit couverte par un réseau de registres nationaux du cancer, on ne pourra fournir que des estimations du fardeau européen du cancer. Mais le fardeau croissant de l’incidence du cancer en Europe entre 2004 et 2006, qui a augmenté de 300 000 pour atteindre 3,2 millions de nouveaux cas, démontre l’impact du vieillissement de la population européenne et souligne le besoin urgent d’action en matière de lutte contre le cancer en Europe. »
Article publié par Actualités news environnement sur http://www.actualites-news-environnement.com/20070208-cancer-progression-Europe.php


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