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27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 11:11

 

 

ce que le kinésithérapeute doit savoir 
– Dr Claude Boiron

Les propos exprimés par l’intervenant n’engagent que sa propre responsabilité

SOIREE AKTL
29 MAI 2009
NECKER , PARIS

 

AKTL : Association Française des masseurs-kinésithérapeutes

pour la recherche et le traitement des Atteintes Lympho-veineuses.




L'évolution du traitement des cancers du sein amène les kinésithérapeutes à entendre de nombreuses questions de la part de leurs patientes. Parmi ces questions, nombreuses sont celles qui portent sur le rôle et l’interêt pour chacune d’entre elles de la chimiothérapie. Loin de vouloir remplacer l’information médicale qui doit être délivrée par le cancérologue, le kinésithérapeute doit en connaitre les grandes lignes. La conception actuelle de cette maladie fait d’elle une maladie à la fois locale et générale. C’est pourquoi, dans un grand nombre de cas, on associe au traitement local un traitement qui diffuse dans l’ensemble de l’organisme de façon à prévenir l’apparition de métastases.

Le traitement princeps du cancer du sein est le plus souvent réalisé initialement par la chirurgie. Elle permet l’ablation de la tumeur, son analyse, précise le statut des nœuds lymphatiques du creux axillaire. Son intérêt est curatif et informatif. La radiothérapie adjuvante permet le contrôle local de la région pariétale. Un traitement par voie générale est proposé en cas de N+ ou de N- associés à de facteurs de risques associés. Ces traitements systémiques sont représentés par la chimiothérapie, l’hormonothérapie et la thérapie ciblée.

La chimiothérapie représente un traitement de la maladie par voie générale. Son mode d’action est de tuer préférentiellement les cellules en cours de division. Or, l’anomalie caractéristique des cellules cancéreuses est la perte de la régulation du cycle cellulaire avec une réplication anormale et hautement prolifération. C’est pourquoi la chimiothérapie détruit préférentiellement les cellules cancéreuses. Cependant, dans l’organisme, il existe 3 autres tissus présentant un niveau de réplication élevé : ce sont le tissu hématopoïétique, les phanères et les muqueuses digestives. Ainsi s’expliquent les effets secondaires les plus communs des chimiothérapie, à savoir l’atteinte des cellules du sang (neutropénie, anémie et thrombopénie), alopécie et les mucites.

Les cures de chimiothérapie sont débutées au plus tard 1 mois après la chirurgie et sont espacées de 3 semaines afin que les cellules saines aient le temps de se réparer avant les cellules tumorales.

Selon les protocoles, la chimiothérapie est administrée sur un total de 6 a 8 cures.

Les médicaments les plus utilises dans le cancer du sein sont : FEC (5FU, ENDOXAN, EPIRUBICINE) et les TAXANES, DOCETAXEL (TAXOTER) ou PACLITAXEL (TAXOL).

Les indications de son administration sont les patientes à haut risque de rechute : femmes jeunes (< 35 ans) et/ou présentant des nœuds lymphatiques envahis (N+) et/ou une tumeur de taille supérieure à 1cm et/ou non sensible aux hormones féminines (RH-) et/ou présentant des caractéristiques cellulaires agressives comme la surexpression du récepteur HER2. Seules les femmes N0 et ne présentant pas de facteurs de risque ne bénéficient pas d’une chimiothérapie.

Les effets secondaires de la chimiothérapie :
Les effets secondaires sont redoutés par les patientes, d’autant qu’ils sont majorés par un effet levier de l’inconscient collectif.

La chute des cheveux (alopécie). Étape fréquente mais réversible, elle représente une difficulté souvent mal vécue par la patiente.

Les nausées et/ou les vomissements concernent près de la moitié des patientes traitées. Certains facteurs de risque d’apparition sont connus comme l’âge jeune et l’existence de nausées ou de vomissements préalables liés à d’autres causes. Des traitements comportementaux ou médicamenteux améliorent largement ces effets.

La fatigue générale est systématique. Elle est présente pendant la cure mais aussi de nombreux mois après l’arrêt du traitement. Elle est fonction des produits utilisés. La réalisation régulière d’une activité physique permet de la limiter. Elle semble apparaître en moyenne au 4ème jour après la réalisation de la cure.

Les mucites témoignent de l’action des produits utilisés sur les cellules des épithéliums muqueux. L’apparition de champignons dans la cavité buccale est prévenue ou traitée au minimum par des bains de bouche alcalins.

La diminution des globules blancs (neutropénie) est la complication la plus redoutée car elle peut être fatale par le risque infectieux qu’elle fait courir à la patiente.

La prise de poids est d’une observation fréquente. Elle doit être combattue du fait de la relation avérée entre prise de poids et diminution du pronostic.

L'aménorrhée est souvent induite. Elle ne fait parfois qu’anticiper une ménopause naturelle.

Quelques effets secondaires caractéristiques des taxanes sont bien répertoriés. Le Docetaxel possède une toxicité unguéale qui affecte la couleur, la solidité des ongles. Le Paclitaxel présente une neurotoxicité cumulative avec la survenue de paresthésies.

Indépendamment de la chimiothérapie, hormonothérapie est proposée à certaines patientes : les patientes dites RH+ (récepteurs hormonaux positifs), c’est-à-dire dont les cellules tumorales expriment les récepteurs hormonaux en très grande quantité. L'hormonothérapie agit soit en bloquant la synthèse des estrogènes (analogues de la LHRH et anti aromatase), soit en empêchant la fixation des oestrogènes au niveau des récepteurs par compétition (tamoxifène). L’hormonothérapie est administrée pour une durée de 5ans.

Les effets secondaires les plus fréquents des analogues de la LHRH (ZoladexR) sont la perte de la libido, la fatigue et la déminéralisation osseuse.

Les effets secondaires du Tamoxifene sont les risques thrombo-emboliques, les bouffées vasomotrices et le risque de cancer de l'endomètre. Les anti aromatases entrainent le plus souvent des arthralgies surtout les deux premiers mois et une perte de la minéralisation osseuse.

Enfin, le trastuzumab (Herceptine) est un anticorps bloquant spécifiquement la croissance des cellules tumorales qui expriment un récepteur appelé HER2. On parle alors de thérapie ciblée. Ce récepteur est exprime dans 25 à 30% des tumeurs du sein. Dans ce cas, l’Herceptine est administrée pendant 1 an à raison d’une injection toutes les 3 semaines. Le risque principal est la toxicité cardiaque et les patientes bénéficient donc d’une surveillance le plus souvent par échographie cardiaque tous les 3 mois.

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Published by Association-Essentielles - dans APRÈS CANCER
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