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13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 16:04

 

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VOS QUESTIONS LéGITIMES (liste non exhaustive)

  • Pourquoi dois-je suivre une chimiothérapie ?
  • Quels sont les avantages d’une chimiothérapie ? Y a-t-il d’autres traitements possibles pour mon type de cancer ?
  • Quels sont les risques d’une chimiothérapie ? Quels sont les effets secondaires possibles ? Quels sont ceux qui doivent être signalés aussitôt ?
  • Quels médicaments vais-je recevoir ?
  • Comment m'administrera-t-on la chimiothérapie ? Où vais-je recevoir mon traitement ?
  • Quelle est la durée de mon traitement ?
  • C'est un traitement systémique du cancer

DE QUOI S'AGIT-IL ?

La chimiothérapie tiens une place très importante dans le traitement des cancers du sein. Depuis son introduction dans les schémas thérapeutiques, elle a amélioré fondamentalement le pronostic de la maladie.
C’est un traitement du cancer à base de médicaments qui a été découvert en 1943. Ces médicaments ont pour but de détruire les cellules cancéreuses. Ils peuvent être administrés par voie intraveineuse ou par voie orale. Les médicaments circulent dans le sang pour atteindre les cellules cancéreuses dans le corps tout entier.

EN PRATIQUE...

La chimiothérapie est administrée en cycles ou cures.
En général, la chimiothérapie ne nécessite pas d’hospitalisation.

Chaque période de traitement est suivie d'une période de repos thérapeutique permettant la récupération des lignées cellulaires normales affectées par le ou les médicaments.
Un traitement comporte habituellement 4 à 6 cures espacées de 3 semaines. De ce fait, la durée totale d'une chimiothérapie est de 4 à 6 mois selon les schémas thérapeutiques utilisés.

PLUSIEURS MEDICAMENTS... 

Une association de médicaments anticancéreux est généralement plus efficace qu'un médicament seul.
L’équipe peut utiliser certains qualificatifs pour définir le type de chimiothérapie qui vous sera proposée :

  • On parle de chimiothérapie intensive lorsque les doses sont augmentées. C’est le cas d’un FEC 100 par rapport à un FEC 50 (voir plus bas dans le tableau ci-dessous). Cela implique parfois des traitements complémentaires pour parer à une myélosuppression profonde.
  • On parle de chimiothérapie dense , lorsque les cures sont plus rapprochées, toutes les deux semaines au lieu de toutes les trois semaines.
  • Les traitements adjuvants de première ligne

QUAND ?

La chimiothérapie débute normalement dans les 3 à 6 semaines suivant l'intervention chirurgicale.

COMMENT ?

La chimiothérapie de base de  première ligne du cancer du sein fait appel aux médicaments suivants :

  • Les anthracyclines : (A) adriamycine/doxorubicine ; (E) épirubicine 
    • Doxorubicine versus épirubicine : probablement pas de différence
  •  

  • Les taxanes : docétaxel (Taxotère™) ou paclitaxel (Taxol™) (T), surtout si un ganglion est envahi (N+)
    • Paclitaxel versus docétaxel: probablement pas de différence
  •  

  • Le cyclophosphamide (C) (Endoxan™)
    • Adriamycine/Cyclophosphamide (AC) versus Adriamycine/Taxane (AT) : probablement pas de différence
    • Taxane/Cyclophosphamide (TC) versus Adriamycine/Cyclophosphamide (AC) : bénéfice marginal
  •  

  • Le fluorouracile ( F)

Les associations de médicaments les plus utilisées pour le traitement du cancer du sein sont précisées dans le tableau suivant.

UN CONSEIL...

Selon les habitudes des centres et des médecins, des variations de ces protocoles existent.
N’hésitez pas à demander, à votre oncologue, toutes les précisions concernant le protocole de chimiothérapie qui vous est proposé.

 

Les protocoles

En pratique pour vous...

CMF

Cyclophosphamide

Méthotrexate

5-fluorouracile

J1 et J8 : méthotrexate et fluorouracile en perfusion courte
J1 à J14 : cyclophosphamide (Endoxan™) en comprimés
Traitement pour prévenir les nausées, acide folinique (Lederfoline™) à J2 et J9, comme antidote du méthotrexate
Vous recommencerez ce traitement à J28
FEC 50 ou 100
5-fluorouracile
Epirubicine
Cyclophosphamide
J 1 : cyclophosphamide (Endoxan™) et 5-FU (Fluorouracile) en une courte perfusion ; épirubicine injectée directement dans la tubulure
Traitement pour prévenir les nausées
Vous recommencerez ce traitement à J21
6 cures en tout
FUN
5-fluorouracile
Navelbine™
J1 et J5 : vinorelbine en courte perfusion
J1 à J5 : 5-FU (Fluorouracile) en perfusion continue
Traitement pour prévenir les nausées
Vous recommencerez ce traitement à J21
EpiTax
Epirubicine
Taxotère™
La veille du traitement de la cortisone qui sera poursuivie 3 jours de suite, pour éviter le risque d’œdèmes allergiques
J1 : docétaxel (Taxotère™) en perfusion (1 heure) et épirubicine injectée directement dans la tubulure
Traitement pour prévenir les nausées et parfois pour éviter les brûlures d’estomac
Vous recommencerez ce traitement à J21 ou 28
FT
5-fluorouracile
Taxotère™

La veille du traitement de la cortisone qui sera poursuivie 3 jours de suite, pour éviter le risque d’œdèmes
Jour 1 : docétaxel (Taxotère™) en perfusion (1 heure)
De J1 à J 5 : 5-FU (Fluorouracile) en une courte perfusion
Traitement pour prévenir les nausées et pour éviter les brûlures d’estomac
Vous recommencerez ce traitement à J21 ou 28

 

  • DES ALTERNATIVES…

LA CAPECITABINE (XELODA™)

C'est un dérivé du 5-FU (Fluorouracile™) actif par voie orale.
Ce médicament est donné à la dose de 1250 mg/m² deux fois par jour pendant 14 jours. La cure est renouvelée tous les 21 jours, si la numération formule sanguine (NFS) le permet.

Ce médicament est relativement bien toléré en dehors d’un syndrome main-pied qui consiste en un rougissement douloureux des pieds et des mains.

LES AUTRES PROTOCOLES

Ils sont très nombreux, à titre d’exemples, les protocoles suivants peuvent vous être proposés :

  • Myocet™ (complexe doxorubicine encapsulé dans des liposomes) 60 à 75 mg/m² en association au cyclophosphamide (600 mg/m²), toutes les trois semaines
  • FEC 75 sur 6 cycles ou le FEC 100 sur 3 cycles, suivis de Taxotère™ pour 3 cycles
  • SIM comprend un FEC en dose-dense suivi de Taxotère™
  • TAC Taxotère™ + Adriamycine + Cyclophosphamide + filgastrine en support pour parer à la diminution des globules blancs administrés en perfusion intraveineuse d’environ 3 heures, à l’hôpital. Cette cure sera répétée tous les 21 jours. 
  • Taxotère™ + Xéloda™
  • GT = gemcitabine (Gemzar™) 1250 mg/m² J1 (après Taxol™) et J8 + paclitaxel (Taxol™) 175 mg/m² J1


EN CAS DE SUR-EXPRESSION HER2

 

En association avec Herceptin™ pour les patientes «  HER2 + » , les médicaments suivants sont souvent proposés : 

 

  • L’association carboplatine + Taxol™ où les médicaments sont administrés en perfusion intraveineuse de 4 heures tous les 21 jours.
  • Le Taxotère™ hebdomadaire
  • La Navelbine™ (vinorelbine)
  • Un bénéfice clairement établi de la chimiothérapie adjuvante...

LES BASES SCIENTIFIQUES

Les études cliniques portant sur plusieurs milliers de femmes ont montré que l’administration d’une chimiothérapie adjuvante réduit très significativement le risque de :

  • Rechutes
    • 5 % pour les femmes de moins de 50 ans
    • 20 % pour celles âgées de plus de 50 ans
  •  

  • Décès
    • 27 % à 10 ans, pour les femmes de moins de 50 ans
    • 11 % pour celles âgées de plus de 50 ans
  •  

  • Bilatéralisation de la maladie (atteinte de l’autre sein) de 20 %


Des études récentes ont montré qu'il était préférable d'utiliser les anthracyclines (épirubicine ou adriamycine) plutôt qu'un schéma n'en contenant pas, lorsque l’utilisation de ce type de molécules est possible, absence de maladies cardiaques et pas d’utilisation d’Herceptin™.

LES MODALITÉS

- Les patientes N+

Le Groupe Français d'Études Adjuvantes (GFEA) a montré qu'il valait mieux :

  • Faire 6 cures de chimiothérapie, plutôt que 3 cures
  • Prescrire un FEC 100 (épirubicine 100 mg/m²), plus efficace, qu’un FEC 50 ce qui explique que ce schéma a été retenu pour la plupart des protocoles usuels.

- Les patientes N0

Pour les patientes avec des facteurs de risque, le traitement de référence est le FEC 100. Des études, comparant 6 cures versus 4 cures de FEC 100, devraient permettre de préciser la durée optimale du traitement.

Il faut savoir, qu’aux États-Unis, le protocole 4 x AC (adriamycine + cyclophosphamide) reste la référence pour les N0.

- L’utilisation des taxanes

Il n'existe pas actuellement d'études démontrant l’intérêt des taxanes (docétaxel ou paclitaxel) en traitement adjuvant pour les patientes N0. Leur indication est réservée aux patientes N+.

 

En résumé, les recommandations actuelles

  • N-/HER 2 -
    • 6 FEC 100
    • Alternatives : 4 AC 60 ; schéma anthracyclines+taxanes
  •  

  • N+/ RH-/HER 2-
    • Schéma séquentiel anthracyclines et taxanes : 3 FEC 100 puis 3 docétaxel (Taxotère™) 100
    • Alternatives : 4 AC 60 + 4 docétaxel 100 ; 4 AC puis 12 Taxol TM  80 hebdomadaire ; protocole  6 TAC
  •  

  • N+/RH+/HER 2 -
    • Schéma séquentiel anthracyclines + taxanes : 3 FEC 100 puis 3 docétaxel 100
    • Alternatives : 4 AC 60 puis 4 Taxol TM 175 ; protocole TAC ; 6 FEC 100
  •  

  • HER2+
    • 3 FEC 100 puis 3 docétaxel (Taxotère™) + Herceptin™
  • La chimiothérapie néoadjuvante (avant la chirurgie)

LE PRINCIPE

C'est une option pour certaines femmes qui souhaitent avoir un traitement conservateur du sein pour des tumeurs ayant entre 2 et 5 cm.
Si la chimiothérapie néoadjuvante est capable de réduire suffisamment la taille de la tumeur, une tumorectomie simple peut être envisagée suivie d'une radiothérapie, éventuellement complétée par un traitement systémique (chimiothérapie, avec ou sans hormonothérapie.)

EN PRATIQUE...

 Le schéma de la chimiothérapie néo-adjuvante est, le plus souvent semblable à celui de la chimiothérapie adjuvante.
Elle contient souvent un taxane et une anthracycline.
Pour les tumeurs HER2+, elle comprend de l'Herceptin.
  • Avant de débuter la chimiothérapie...

IL FAUT PRENDRE CERTAINES PRÉCAUTIONS

Au moment du diagnostic et avant d’entreprendre le traitement de chimiothérapie, des examens sont nécessaires.

Il est préférable d’éliminer toute source d’infection avant de débuter une chimiothérapie. La source d’infection la plus fréquente est dentaire. Si votre traitement de chimiothérapie n’est prévu que dans 2 ou 3 semaines, vous avez le temps de faire examiner et traiter vos dents chez votre dentiste, avant de débuter.

QUELQUES EXAMENS...

- Une prise de sang est indispensable

Elle sera systématiquement réalisée avant la chimiothérapie pour s’assurer du bon fonctionnement d’organes essentiels pour le métabolisme et l’élimination des médicaments, tels que le foie et le rein.
Dans cette prise de sang, il sera également vérifié que les cellules circulantes du sang (globules blancs, globules rouges et plaquettes) sont à un taux satisfaisant, car ce sont les cellules saines de l’organisme dont la production est la plus sensible aux médicaments de la chimiothérapie.
Si le taux de globules rouges (ou plus précisément, le taux d’hémoglobine) est trop bas, il vous sera proposé de recevoir une transfusion de sang (culots globulaires) avant de réaliser la chimiothérapie. Une autre option est l’administration d’érythropoïétine ou EPO en injection sous-cutanée. L’EPO est une hormone naturelle de l’organisme, sécrétée par le rein, qui stimule la production des globules rouges par la moelle des os, site naturel de fabrications de cellules du sang.

- Dans certains cas, des précautions particulières...
Pourquoi ?
Certains médicaments de chimiothérapie peuvent présenter une toxicité orientée vers certains organes précis. Des examens peuvent alors être utiles pour vérifier que cet organe fonctionne de façon satisfaisante chez vous avant d’administrer le médicament.


La fonction cardiaque
Les médicaments, comme les anthracyclines, utilisés dans le traitement de votre cancer ont une toxicité pour le muscle cardiaque. Il est parfois préférable de les éviter chez les patients ayant déjà une maladie cardiaque. Pour s'en assurer, il faut faire un examen de la fonction cardiaque, c'est le calcul de la « fraction d'éjection systolique » (FES) qui mesure la capacité du ventricule gauche à se contracter. Cette mesure peut se faire de deux manières :

  • Par échographie cardiaque
  • Par mesure isotopique qui nécessite l'injection d'un marqueur radioactif et l'examen de son passage dans le cœur par une caméra spéciale (scintigraphie)
CATHÉTER CENTRAL OU PAS ?

- Pourquoi cette question ?
 
La chimiothérapie est souvent administrée directement par voie intraveineuse au moyen d’une aiguille qui est placée temporairement dans une veine du bras. Les médicaments de chimiothérapie sont injectés dans cette veine grâce à une perfusion. Une perfusion est une poche de plastique remplie de liquide et placée en hauteur pour que le liquide coule dans un tube de plastique fin et flexible (ou tubulure) qui relie la poche à l’aiguille de la veine du bras. Les médicaments de chimiothérapie sont soit dilués dans le liquide de la poche, soit injectés dans la tubulure par l’intermédiaire d’une seringue.
L’injection des médicaments de chimiothérapie directement dans les veines du bras est une solution qui peut être proposée dans les cas suivants :

  • Des produits non vésicants
  • Une durée de perfusion courte pour chacun des médicaments
  • Un nombre prévu réduit d’injections
  • Un bon capital veineux

- Les cathéters centraux

De quoi s'agit-il ?
Si un médicament doit être administré sur plusieurs heures et à fortiori sur plusieurs jours, si la durée de la chimiothérapie peut être assez longue, si les veines du (ou des) bras ne sont pas suffisantes ou si les injections précédentes de chimiothérapie ont entraîné une inflammation des veines (veinite), il peut vous être proposé la mise en place d’un cathéter central pour la durée de la chimiothérapie.

Ce type de cathéter est appelé central car une des extrémités du tube fin est située dans une grosse veine centrale, avant que celle-ci rejoigne le cœur (veine cave supérieure). Les cathéters sont composés de matériaux biocompatibles (silicones, polyuréthanes) qui sont bien supportés par l'organisme. Avec un suivi approprié, ces cathéters peuvent rester placés aussi longtemps que nécessaire ce qui évite au patient d’être piqué dans le bras à chaque séance de chimiothérapie. Il existe deux sortes de cathéters.

Les cathéters extériorisés à la peau
Ils ont leur extrémité qui ressort à travers la peau, par une petite incision généralement située sous la clavicule, l’os qui relie le sternum à l’épaule. Ils sont installés sous anesthésie locale. On pose la perfusion directement dans l’extrémité du tube du cathéter qui ressort.

Les chambres implantables
Elles n’ont pas leur extrémité qui ressort à travers la peau, car elles sont reliées à un réservoir ou chambre (Port-A-Cath™, Infusaport™, etc.) qui est inséré sous la peau.
Le cathéter et la chambre sont implantés, au bloc opératoire, sous anesthésie locale ou sous anesthésie générale de courte durée. . Une courte incision permet de découvrir une veine de la base du cou.
La chambre est mise sous la peau du thorax, au-dessous de la clavicule, généralement assez loin du sternum pour des raisons esthétiques.

Dans les 48 heures qui suivent la pose, une douleur à la base du cou est assez fréquente, on vous prescrira des médicaments contre la douleur pour cela.
La chimiothérapie est administrée en piquant dans le réservoir avec des aiguilles spéciales.

  • EN PRATIQUE POUR VOUS...

VOUS VIVEZ NORMALEMENT...

Le pansement peut être retiré au bout de quatre jours, les fils de la suture se résorbent habituellement tout seul. Par la suite, aucun pansement ne sera nécessaire.
Vous pourrez mener avec ce dispositif une vie normale. Seuls les sports violents sont à éviter. Le port de la ceinture de sécurité reste conseillé.
Un carnet de surveillance de la chambre vous sera remis afin de noter les gestes effectués à ce niveau.
Une chambre peut être conservée pendant plusieurs années.
 
QUELQUES INCIDENTS POSSIBLES...

Ils sont rares et liés au dispositif. Ils doivent amener à consulter, en particulier dans les cas suivants :

  • Une douleur et rougeur au niveau du boîtier doivent faire craindre une infection
  • Une douleur et gonflement du bras peuvent faire suspecter une obstruction de la veine
  • Un mauvais fonctionnement de la chambre.


@ Pour en savoir plus sur les chambres implantables : http://www.hopital-dcss.org


Mise à jour

14 avril 2012

 

 

 

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Published by Association-Essentielles - dans CHIMIOTHERAPIE et EFFETS SECONDAIRES
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