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6 mai 2012 7 06 /05 /mai /2012 16:24

 

 

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On n’hérite pas d’un cancer mais d’une prédisposition à développer un cancer...

Le cancer est une maladie dont le point de départ est, selon toute vraisemblance, une altération de l'ADN qui est le composant essentiel des gènes. Les altérations de l’ADN peuvent être :

  • Congénitales, c’est à dire transmises à la naissance par l'hérédité
  • Acquises, le plus fréquemment, c’est à dire apparaître après la naissance et sont le résultat d'une erreur dans la reproduction des cellules, favorisée, souvent, par l'exposition à des substances cancérogènes, c'est-à-dire des substances causant l'apparition d'un cancer

 

 

 

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Les cancers génétiques vrais ou cancers héréditaires ou familiaux

CE N'EST PAS FRÉQUENT...

Lorsque plusieurs personnes d’une même fratrie sont atteintes du même cancer, il s’agit, vraisemblablement, d’un cancer héréditaire dû à une anomalie génétique (mutation) qui se transmet d’une génération à une autre.
On estime qu'environ 5 % des cancers du sein ont une prédisposition génétique, alors que 20 % ont une histoire familiale.
En France, cela représente 2 000 nouveaux cas de cancers du sein et 200 cancers de l’ovaire.

LES MUTATIONS OBSERVÉES

Des études récentes ont montré que la plupart de ces cancers sont dus à des mutations héréditaires de certains gènes.
Dans 20 à 40 % des cas, il s'agit du gèneBRCA1 porté par le chromosome13q12-13
Dans 10 à 30 % des cas, le gène en cause est le BRCA2 porté par le chromosome 17q12-21.
Dans moins de 5 % des cas, il s'agit des gènes : Tp53 (chromosome 17p12-21), PTEN (chromosome 17q23), ATM (chromosome 11q21), CHK2 ou STK11 (chromosome 17q12-21).

LES CONSÉQUENCES...

Si ces mutations sont connues, à l'occasion, par exemple d'une  consultation d'oncogénétique , leur connaissance implique un certain nombre de mesures bien codifiées, comme, une stratégie de dépistage adaptée au niveau de risque, des modalités thérapeutiques particulières, dans certains cas, une chimioprévention et un dépistage chez les individus à risque. 

Quand doit-on évoquer un risque génétique ?

  • Un cancer du sein découvert chez une femme jeune ; en moyenne, 43 ans pour les formes familiales
  • En cas de formes familiales : au moins 2 ou 3 cas au premier degré dans une branche familiale
  • Un cancer du sein bilatéral
  • Un cancer de l’ovaire associé au cancer du sein
  • Un cancer du sein de type médullaire (mutation du gène BRCA1 )

Les gènes BRCA1 et BRCA2

ASSURER LA STABILITÉ DU GÉNOME ...

En dépit des multiples attaques de la part de l’environnement, le génome, c’est-à-dire, l’ADN, est remarquablement stable car on estime que chaque cellule reçoit des milliers de lésions.
La stabilité du génome est assurée par des protéines synthétisées par les gènes de réparation de l’ADN, dont font partie le BRCA1 ( BR east CA ncer ), découvert en 1990. Isolé en 1995, le gène BRCA2 est situé sur le chromosome 13q12-13 et n’a aucune homologie avec le gène BRCA1 .


DES GÈNES SUPPRESSEURS DE TUMEUR

Ils agissent comme des gardiens du génome...


La mutation ou la déficience de ces gènes, ainsi que de l’ ATM, associé au BRCA1, peut aboutir à la non-réparation de l’ADN lésé, entraînant une mutation de la cellule qui peut, par la suite, évoluer vers un phénotype cancéreux.

Il existe un très grand nombre de mutations constitutionnelles des gènes BRCA1 et BRCA2 . Ces mutations sont dites inactivatrices, c’est-à-dire qu’elles empêchent le bon fonctionnement du gène.

Un rôle physiologique important...

Maintenant, on sait que l’une des fonctions essentielles du BRCA1 , durant la puberté et la grossesse, pourrait être de protéger le sein contre l’instabilité génétique secondaire à la prolifération des cellules de la glande mammaire induite la sécrétion des œstrogènes. Ce gène permettrait la réparation des cassures de l’ADN. Ceci expliquerait que, dans la plupart des cancers héréditaires, le développement de la maladie ne serait pas dû à la succession des événements hormonaux de la vie, comme la puberté, les cycles menstruels, les grossesses mais, plutôt, à une puberté précoce associée à une sensibilité anormale du sein aux œstrogènes.

 

Leur rôle dans la cancérogenèse

Ces mutations génétiques sont à l'origine de certaines spécificités retrouvées dans la plupart des cancers du sein familiaux.

  • Une mutation du BRCA1 (chromosome 17 - 17q21) est associée à :
    • Un cancer du sein avant 50 ans
    • Un index mitotique élevé et à un haut grade
    • Une faible expression dans moins de 20 % des cas des récepteurs aux œstrogènes (RE) et à la progestérone (RP),
    • Une surexpression de l’EGFR, sans surexpression HER2/neu ,
    • 50 % des familles de cancer du sein seul et 90 % des familles de cancers sein et ovaire
  •  

  • Une mutation du BRCA2 (chromosome 13 - 13q12-13) est corrélée à :
    • Une atteinte ganglionnaire marquée
    • Une expression élevée, dans plus de 60 % des cas, des récepteurs œstrogènes (RE+),
    • Un syndrome du cancer du sein seul et des cancers associés du sein et de l'ovaire
    • Un cancer du sein chez l'homme
    • Une mutation du BRCA3 (chromosome 8) va de paire avec des familles de cancer du sein seul

CE QU'IL FAUT RETENIR...

UN ORDRE DE GRANDEUR...

On estime que dans la population générale est variable selon les ethnies. Par exemple, elle est de 1 sur 40 chez les ashkénazes, 1 sur 170 chez les islandais et 1 sur 133 chez les hollandais.
En France, la fréquence des personnes porteuses d’une mutation de BRCA1 et BRCA2 est estimée à environ 2 femmes sur 1 000 .
Comme il y a en France environ 20 millions de femmes âgées de 20 à 70 ans, 40 000 environ sont porteuses de mutations et donc à haut risque de développer la maladie. On peut donc estimer que le nombre de cas incidents, chaque année est de 1 pour 420 femmes (intervalle de confiance de 188 à 925), soit 596.

LE RISQUE...

Les mutations des gènes BRCA , augmentent le risque de développer la maladie de 35 à 87 % avant l’âge de 80 ans. Plus précisément, ce risque est augmenté dans les proportions suivantes ( Antoniou et al – Am. J. Hum. Genet. 2003 ;72 :117-30 ) :


  • Risque de cancer avant 70 ans :
    • Sein : 40 à 85 % contre 10 % dans la population générale
    • Ovaire : 10 à 63 % contre 1 % dans la population générale
  •  

  • Risque en fonction du gène touché
    • BRCA1 : sein 65 % et ovaire 45 %
    • BRCA2 : sein 45 % et ovaire 11 %
  •  

  • Risque de cancer avant 45 ans
    • B RCA1 : sein 25 % et ovaire 10 %
    • BRCA2 : sein 7 % et ovaire 1 %
  •  

  • Risque annuel de cancer du sein controlatéral
    • BRCA1 de 3,8 à 6,4 %
    • BRCA2 de 2,1 à 4,2 %
  •  

  • Risque de cancer de l’ovaire associé
    • BRCA1 de 24 %
    • BRCA2 de 8 %
  •  

 

Pour nous résumer...

Bien que la mutation des gènes BRCA n’explique pas toutes les formes dominantes observées, si une femme a une mutation d'un gène héréditaire provenant de l'un ou l'autre de ses parents, le risque de développer un cancer du sein augmente de façon importante. Le risque estimé est alors de :

  • 80 % d’avoir un cancer du sein au cours de la vie
  • 60 % d’avoir un cancer controlatéral

 

LES INDICATIONS DE RECHERCHE DE MUTATION BRCA

  • Au moins 3 cancers du sein chez des sujets apparentés
  • Au moins 2 cancers du sein chez des sujets unis par un lien de premier degré et dont l’âge au moment du diagnostic, pour l’un des deux, est inférieur à 40 ans ou dont l’un des deux est bilatéral
  • Un âge au moment du diagnostic inférieure ou égal à 35 ans
  • Parmi les cas familiaux, l'existence de cancers bilatéraux ou multi-focaux, surtout s'ils sont de survenue précoce
  • Un cancer du sein chez l’homme
  • Des de cas familiaux de cancers liés au cancer du sein dans le cadre de syndromes identifiés en particulier des cancers des ovaires

 

 

Le maître mot est : dépistage...

Si vous appartenez à cette population à haut risque, les différentes sociétés savantes recommandent les méthodes de dépistage suivantes

  • Un auto-examen des seins régulier,
  • Dès 35 ans ou 5 ans plus tôt que l’âge de découverte d’un cancer du sein dans la fratrie
    • Un examen clinique des seins tous les 6 à 12 mois
    • Une mammographie annuelle avec échographie si les seins sont denses, ou plutôt une IRM.
  •  


Il faut souligner que le pronostic des cancers avec mutation du BRCA n’est pas significativement différent de celui des cancers du sein sporadiques.

 

 

 

Risque cumulé à 80 ans en % Cancer du sein avant 50 ans Cancer du sein après 50 ans
Une parente 1er degré 13 à 21% 9 à 11 %
Deux parentes 1er degré 35 à 48 % 11 à 24 %
Une parente 2nd degré 10 à 14% 8 à 9%
Deux parentes 2nd degré 21 à 26% 9 à 16 %

 

 

Vos questions légitimes et les réponses que l'on peut apporter ...

Il y a des cas de cancers du sein dans la famille, est-ce une forme familiale ?

Les formes familiales de cancer du sein pourraient représenter de 15 à 20 % des cas. Le risque de cancer du sein est plus grand chez les femmes dont un proche parent a ou a eu cette maladie. Les membres d'une famille peuvent être du côté paternel ou maternel.
Le fait d'avoir un seul parent au premier degré (mère, sœur ou fille) atteint d'un cancer du sein double presque le risque de développer un cancer du sein.  S’il existe plus d’une femme touchée de la famille, au premier et au second degré, on parle d’une forme familiale de cancer du sein.

Il faut se rappeler que certaines patientes peuvent avoir dans leur famille une autre personne ayant été touchée par la maladie. Cela ne signifie pas pour autant que leur cancer est héréditaire. Il peut s’agir d’un simple effet du hasard, en particulier pour des cancers très fréquents, comme le cancer du sein ou du colon.

Est-ce une forme familiale ou simple hasard ?

Il peut aussi s’agir d’une susceptibilité familiale qui accroît légèrement le risque à ce cancer. Cette susceptibilité familiale peut être :

  • Parfois génétique… Le facteur génétique peut, par exemple, déterminer l’âge de la puberté et des premières règles et celui de la ménopause, facteurs de risque pour le cancer du sein.
  • Souvent, elle est liée au fait que les membres de la famille sont soumis aux mêmes facteurs de risque venant de l’environnement ou d’habitudes familiales alimentaires ou toxiques (tabac, alcool).

 

En résumé, les formes génétiques de cancer du sein...

  • Un mode de transmission autosomique dominant
  • Une pénétrance incomplète
  • Deux gènes majeurs : BRCA1 et BRCA2
  • En France
    • 2 000 à 3 000 nouveaux cas/an
    • 50 000 femmes prédisposées
    • 1 000 décès

 

Les autres facteurs

LE SEXE

Le simple fait d'être une femme est le facteur de risque principal de développer un cancer du sein. Bien que le cancer du sein puisse affecter un homme, son incidence est environ 100 fois moindre que chez la femme.

L' AGE

Le risque qu’a une femme de développer un cancer du sein augmente avec l'âge. Les trois quarts des femmes souffrant d’un cancer du sein ont plus de 50 ans au moment du diagnostic. Les femmes de moins de 30 ans représentent 0,3% des cas de cancers du sein. Les femmes de la trentaine représentent 3,5% des cas.

 

 

Mise à jour

13 juin 2010

 

 

 

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