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5 février 2014 3 05 /02 /février /2014 10:08

 

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Cancer du sein et reconstruction mammaire : 3 femmes, 3 choixPour celles qui n'ont pas connu le cancer du sein, la reconstruction mammaire après une ablation du sein (mastectomie) apparaît comme une évidence. Et pourtant... Il s'agit d'une décision lourde de conséquences et les survivantes sont bien moins nombreuses à la prendre qu'on ne le pense. Nous avons rencontré 3 femmes, touchées par la maladie, qui ont accepté de nous expliquer leur choix. Quels critères ont-elles pris en compte ? Comment le vivent-elles aujourd'hui ? Elles nous répondent.

Michèle 62 ans, cancer détecté à l’âge de 56 ans - Ablation d’un sein avec reconstruction immédiate

 

​"L’annonce de mon cancer a été très difficile, j’ai eu peur de mourir. Lorsque l’on m’a annoncé la nécessité de me faire une mastectomie, je l’ai vécue comme un soulagement. Je suis allée voir un chirurgien en cancérologie qui, dès la première consultation, m’a parlé de faire une reconstruction immédiate. Je ne l’envisageais pas autrement. Je n’aurais pas supporté de me voir sans un sein.
J’étais célibataire à cette époque et cette décision je l’ai prise seule, pour mon image de moi. C’était une évidence et avec le recul je suis toujours aussi satisfaite de ce choix, même si cela n’a pas toujours été une partie de plaisir.
J’ai totalement fais confiance à ce chirurgien qui m’a très bien accompagnée. C’est lui qui m’a retiré mon sein. Puis au cours de la même opération un autre chirurgien (plasticien celui-ci) m’a mis une prothèse. Le problème a été qu’elle n’était pas adaptée à mon corps et esthétiquement cela a formé un creux au dessus du sein. Ce n’était pas joli, c’était surtout douloureux au début, le temps que la prothèse prenne sa place. C’est mon médecin généraliste qui m’a recommandé de me faire réopérer pour corriger le défaut.
Je l’ai fait deux après. J’ai pris un autre chirurgien plasticien, mais il y a encore eu une erreur de prothèse, cette fois-ci de taille. J’ai dû être réopérée une troisième et dernière fois. Le résultat est très beau et naturel. L’autre sein a été repris, j’ai perdu mes sensations physiques, mais ce n’est pas grave, ce qui importait plus pour moi était l’aspect visuel.
Aujourd’hui je suis en couple et ma vie intime est épanouie, moi qui voyais mon sein comme une prothèse après la première opération, je le vois désormais comme mon autre sein et j’ai la chance que les cicatrices ne se voient même plus. Pour moi, il a été plus facile de passer à autre chose en choisissant la reconstruction. Une fois le sein enlevé et reconstruit, je n’ai plus eu d’angoisses et j’ai pu plus facilement tourner la page."

Camille 68 ans, cancer détecté à l’âge de 64 ans - Ablation d’un sein sans reconstruction

 

"Ce qui fut difficile à affronter, c’est l’ablation du sein. Je n’ai pas hésité un instant au vu de la gravité des résultats de la biopsie. Il est vrai, j’ai vaguement entendu, lors de l’annonce du cancer : « l’ablation, aujourd’hui ce n’est plus pareil, vous savez, avec la reconstruction, on fait de belles choses. » Mais ce n’était vraiment pas le sujet ! Et je n’y ai même pas prêté attention.
L’ablation d’un sein, c’est difficile à vivre ensuite ; il faut faire le deuil d’un morceau de soi, de son identité. Chaque jour, cela vous revient à la face. Et pourtant, je n’ai pas choisi de faire une reconstruction. La question est intervenue plusieurs mois après, après les mois de chimiothérapie, de radiothérapie, d’inquiétude quant à la récidive. Déjà on a fait « avec », ou plutôt « sans » !
Ça a été une décision mûrie. Je me suis renseignée, notamment lors d’une conférence à Saint-Louis à l’occasion d’Octobre rose. Ce que j’ai entendu m’a laissée perplexe : trop technique. J’ai interrogé aussi des amies qui ont fait une reconstruction. Là encore mon impression a été assez mitigée. Mais peut-être est-ce parce que j’avais déjà pris ma décision .
Mes raisons quant à ce choix de ne pas reconstruire mon sein sont diverses et toutes personnelles. Ce choix n’est ni une fierté ni une souffrance. Ayant déjà pas mal fréquenté les hôpitaux, et même s’ils m’ont été toujours d’un grand secours, je n’ai pas souhaité entreprendre de nouveau un parcours de soins et d’hospitalisation. Il est vrai aussi que, bien portante, il ne m’est jamais venu l’envie de me faire refaire les seins !! Surtout, l’ablation n’a pas altéré l’intimité avec mon compagnon : cela m’a beaucoup confortée dans la décision que j’ai prise seule. Sans doute mon âge, déjà avancé, a-t-il pesé. Dix, quinze ans de moins, j’aurais réagi différemment..."

Nathalie 45 ans, cancer détecté à l’âge de 32 ans - Ablation d’un sein avec reconstruction différée

 

"Mon cancérologue a évoqué le premier la reconstruction, lorsque l'on a évoqué la mastectomie, sans se presser, en me disant "vous avez le temps d'y penser" et "ce n'est pas obligatoire". Puis le chirurgien qui a réalisé la mastectomie en a reparlé, il a activé les choses pour la reconstruction, en disant que c'était un peu la reconstruction qui ferait la "guérison".
J'ai choisi la reconstruction, j'ai fait confiance au chirurgien, en me disant qu'en effet "remplir" le vide allait "effacer" la plaie. C'est pour ça que je me suis décidée, avec le soutien de mon chéri, même si pour lui à ce stade (c'était 6 mois après la fin de mes traitements et 1 an après ma mastectomie) il trouvait que je prenais peut-être la décision un peu rapidement. De toute façon, il me disait aussi qu'il n'avait pas d'avis, que si je choisissais de ne pas le faire il comprenait et me soutenait.
Médicalement j’ai très bien vécu ce choix, l'opération était réussie, le chirurgien m'a prévenue que c'était douloureux (reconstruction par lambeau de grand dorsal), je suis sortie plus rapidement que d'autres de la clinique, je marchais le lendemain. J'en ai d'ailleurs un peu trop fait et ai tiré sur la cicatrice dans le dos qu'il a fallu reprendre.
Physiquement, il y a eu 3 étapes avec, à la 3e étape, prélèvement sur le mamelon du sein qui me reste sans me prévenir, sans m'expliquer les conséquences, que j'ai découvertes après coup : la perte de sensibilité sur mon sein restant. C'est aussi de ma faute, je n'ai pas assez posé de questions aux femmes, au chirurgien...
Psychologiquement, et pour en avoir parlé avec mon cancérologue par la suite, je crois avoir sauté des étapes en ce qui me concerne, je n'avais sans doute pas fait "le deuil" de ce sein. J'ai choisi la reconstruction en pensant qu'elle effacerait les "traces", or ce n'est pas cela qui, à mon sens aujourd'hui, les efface, c'est un travail sur soi psychologique.
Je pense aussi que le poids du regard des autres, de la société, est énorme sur notre choix. Et que la vision des médecins (que ce soit le chirurgien ou le cancérologue qui nous en parle) n'est absolument pas celle de la femme. Or la parole du médecin - à ce moment-là de la maladie (on en sort, on veut en "finir" au plus vite, c'était mon cas) - est très importante, très forte, on a tendance à l'écouter, à suivre ce qu'il propose..."

L'avis Carole Louvel, notre thérapeute spécialiste du cancer du sein


"Le choix de la reconstruction physique est un choix très personnel, qui nécessite de prendre le temps de se renseigner auprès du corps médical, auprès d'autres femmes ayant été confrontées à la même épreuve. Mais avant tout, il est nécessaire de s'écouter, de ressentir ce qui est juste pour soi et si besoin de se faire accompagner psychologiquement pour faire ce choix. Un sein reconstruit, même par la plus belle des reconstructions physiques qu'il soit, aura du mal à être vu comme aussi beau que l'original si le deuil de celui-ci n'est pas fait. Il faut faire en soi une place au nouveau sein pour pouvoir l'accueillir. Il est important de signaler qu'une fois les traitements et la reconstruction physique éventuelle terminés, tout ne redevient pas comme avant. Vient alors le temps de la reconstruction psychologique pour toutes les femmes. Ce temps est indispensable pour accepter ce nouveau corps, dépasser l’épreuve et retrouver un nouvel élan."
C'est pour les aider à se retrouver, à se sentir de nouveau femme, à apprivoiser leur nouvelle image et à reprendre le chemin de leur vie personnelle, amoureuse, sociale et professionnelle que Carole Louvel et Stéphanie Honoré, thérapeutes spécialistes du cancer du sein, ont créé l’association :
"L’Après-Cancer : Se Reconstruire et Vivre après un Cancer du Sein" et ont conçu les Ateliers Après-Cancer.
Plus d'informations sur le site de L'Après-Cancer.
Article du Site au féminin.com

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Published by Association-Essentielles - dans RECONSTRUCTION OU NON
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